Les secondes vous
donnent de leurs nouvelles
Les textes qui suivent sont des
récits
écrits par les élèves d'une
classe de seconde du lycée Vaucanson, entre décembre 2010 et janvier
2011. Ils font suite à une séquence de cours consacrée au récit bref.
Lire, analyser, c'est bien... mais essayer d'écrire soi-même, c'est un
autre défi !
Après divers exercices à partir de
lanceurs
d'écriture,
les élèves ont eu à imaginer leur propre récit complet. Pas de
contrainte de genre, seulement un passage obligé : l'intégration de
cette
image (sous droits) dans leur
création.
Pas d'ambition
littéraire
ici, mais une expérience enrichissante et souvent gratifiante, la
découverte des tourments et des plaisirs de la fiction.
À lire avec indulgence et curiosité.
Le mystère des
sentiments - par Angéline
Tout est différent chaque année. Chaque jour, le temps qui
passe. Et moi qui change de métier tous les trois, quatre matins. Ça en
fait des voyages dans le monde entier. Quelques anecdotes vous
donneront une vision approchée de ma vie. Il y a plusieurs années de
cela, par un heureux hasard je me suis trouvé dans un magasin de boîtes
à musique en Chine. Un Chinois, dans la vingtaine, est venu dans la
boutique et en m'apercevant, il a éclaté de rire. Pour quelle raison?
Cela je ne peux vous le dire. Puis quelque temps après, je suis allé en
Espagne chez une vieille dame habitant au grenier de la maison de ses
enfants. Je lui ai tenu compagnie auprès de son chevet jusqu'à sa mort,
elle a eu durant sa vie une grande affection pour moi puisqu'elle m'a
confié ses lettres de sa jeunesse. Après cet épisode dramatique, j'ai
pris le bateau pour aller en Afrique dans un étalage d'Antiquité. Une
cliente se présente, fait un tour parmi les objets et me remarquant
prend peur et parti sans rien prendre.Tous ces sentiments que je
suscite par mon apparence, quelle bizarrerie? Maintenant je suis en
France, je sers à ranger lors de déménagements. Quelle fatigue de
transporter des objets de toutes tailles et de tous poids. Ce jour-là,
je suis de retour d'un aménagement. Le ciel est bleu avec des nuages
blanc-gris qui avancent à une vitesse invraisemblable. A l'arrière du
camion mal fermé, je tombe au bord d'un virage sec dans une prairie
verte bordée d'arbres élevés et sombres. Un petit blondinet accourt
auprès de moi et fixe mon véhicule partir au loin. Il se tourne vers
moi et me prend entre ses bras, tout exalté. Il m'emmène en cachette
jusque dans sa chambre et me pose sur son lit . Le garçon est tout
excité à l'idée d'avoir un secret pour lui tout seul. Il m'examine, me
considère, me regarde les yeux pétillants. Enfin il s'approche de moi.
Les mains tremblantes. Il m'ouvre! Ses yeux si étincelants se
remplissent de larmes; la déception totale se lit sur son visage. Je ne
suis qu'un carton vide! Tous ces métiers et ces voyages je n'ai pu les
faire que grâce au recyclage !
La maladresse - par
Dylan
Nous sommes
en Avril, et tous les matins je vais travailler à la boulangerie, elle
se trouve près de chez moi, à quelques dizaines de kilomètres... Ces
temps-ci ma superbe bicyclette est cassée, plus précisément les pneus
sont crevés. Depuis ma vie n'est plus la même, en effet je dois faire
des dizaines de kilomètres à pied pour
aller à la boulangerie. Mais ce jour là, le 17 Avril, il s'était passé
un événement très inattendu...
Veille du 17 Avril : « Jérôme ! Jérôme !
»
Je me retourne, en face de moi une porte, elle s'ouvre brusquement,
je me la prends « Vite, Vite, il va se mettre en colère ! » , soudain
j'entends une personne criant dans toute la boulangerie, cette voix je
la reconnais, c'est celle du patron, on n'entendait que lui, je le
hais,
« Qui a laissé cette baguette dans le four ?» à, ce moment là que
devrais-je dire ? Que c'est moi qui a oublié la baguette dans le four ?
Oui, c'est moi, mais en aucun cas je ne dois l'avouer sinon je perdrai
mon boulot et il ne me laisserait pas une troisième chance, sans
raconter la fois où j'avais mis le feu dans la boulangerie. Bref, il ne
devait pas savoir que c'était moi, c'est pour cela que je dois sortir
de cette boulangerie avant qu'il m'aperçoive... en face de moi, il y a
une issue de secours, le seul moyen d'y parvenir est de me faufiler en
rampant par la cuisine. J'y suis parvenu et suis sorti à toute allur.
Il est 18h15, et j'oublie mon blouson dans laquel j'ai
laissé mes papiers, " la poisse!", surtout que cette fichue boulangerie
est fermée après 18h...
Une fois rentré chez moi, j'étais fatigué par cette journée épuisante,
il ne me fallut que de très peu de temps avant de m'endormir dans un
sommeil profond.
Le lendemain, le ciel recouvert d'immenses nuages gris, il est huit
heures et je dois aller au travail malgré le mauvais temps. Arrivé
devant la boulangerie, il n'y a personne, seulement moi ainsi qu'une
vieille boîte en carton, celle-ci attire ma curiosité. J'ouvre tout
doucement la boîte mais rien à l'intérieur.... enfin si un morceau de
papier... je le retourne puis découvre une carte, ce n'est pas
n'importe qu'elle carte, mais celle de la ville que j'ai reconnue bien
assez tôt.
Une croix était placée dans le parc, à ce moment-là je
n'avais qu'une chose en tête : découvrir ce qui se cachait derrière
cette
croix.
Il n'était que midi, mais je rentre chez moi, et attends le coucher du
soleil avec impatience pour passer à l'action.
L'attente est longue, mais elle en vaut la peine, une croix sur une
carte ce n'est pas banal, je suis persuadé qu'il y a quelque chose de
très intéressant voire un trésor !
Mais en réfléchissant un instant, je me demande pourquoi la boulangerie
est fermée, ce n'est pas logique, aujourd'hui nous sommes le 17 Avril
et c'est un mardi, à cette heure je devrais être au boulot, mais la
boulangerie est fermée.... pourquoi ? En y repensant je n'ai pas pu
voir ce qui a bien pu ce passer hier soir, aprés tout je me suis enfui
à toute vitesse, et d'ailleurs mes papiers sont encore là-bas ! et cela
m'inquiète beaucoup. Je n'ai aucune nouvelle et je ne sais donc pas ce
qui c'est passé.
De toute manière dès que j'aurais mis la main sur ce
trésor, je n'aurai aucun intérêt à retourner à cette boulangerie, car
je serai un homme riche ! plus besoin de faire du pain toutes les cinq
minutes ! plus à entendre le patron qui crie pour des choses inutiles !
plus de travail ! j'aurai une belle vie !
La nuit tombe, est je suis dans l'obscurité totale ! J'éclaire la route
avec ma lampe et je suis prêt à creuser avec ma pelle, généralement je
passe par la route mais là, il fait nuit, ce qui veut dire que personne
ne me voit et donc je peux couper par les champs à droite de la route !
c'est un chemin plus rapide. Une fois arrivé de l'autre côté du champ,
je suis allé vers le parc qui est géographiquement au milieu de la
ville. Je traverse tranquillement la ville et arrive dans le parc... Il
n'y avait personne, enfin c'est ce que je croyais avant de voir cet
enfant sur ce banc, il a l'air triste, mais ce n'est pas mon problème,
moi, je suis venu juste pour le trésor ! J'observe attentivement la
carte... d'après elle le trésor devait se trouver prêt d'un banc à côté
d'un arbre... je prends ma pelle et commence à creuser, à peine touché
le
sol, je trouve des clés : est-ce le trésor ? Ce sont les clés, je les
ai
reconnues, les clés de la boulangerie ! Est-ce une coïncidence ? Oui,
je le pense, cela doit être une blague... Je suis même assez surpris,
et si je n'avais pas retrouvé les clés ? Finalement ce n'est pas un
trésor, et la vie que j'avais imaginé n'existera pas .... Déprimé, je
met les clés dans ma poche et rentre chez moi...
Le lendemain. La boulangerie est toujours fermée, qui vois-je ?
mon
patron qui attend devant, il me voit et crie : " ahaha ! mais, c'est
Jérôme ! nous t'attendons j'espère que tu as apprécié cette petite
blague ? "
Bien sûr je veux lui dire que c'est une blague insensée et
qu'il a des idées assez morbides mais je me suis repris, et réponds "
ahaha ! c'était donc vous ! je n'aurais jamais pu imaginer que vous me
feriez une blague aussi drôle !" - évidemment, c'était ironique...
"Maintenant si tu me repassais mes clés" réclame le patron.
"Bien sûr"
lui dis-je.
J'essaie de prendre mes clés dans la poche... étrangement
je les retrouvais plus... puis je remarquai que ma poche était
trouée... j'ai tout de suite compris que les clés étaient tombées
quelque part dans la ville, voire dans les champs. Le patron me regarde
et dit d'une voix inquiétante "dis-moi, tu as mes clés au moins ?! ".
Où sont mes racines ?
- par Sarah
Je suis métis. Enfin, je devrais dire
mulâtre plutôt. Mon père, français, est blanc. Ma mère, je ne la
connais pas, et mon père ne me croît pas assez mature pour me dire la
vérité, mais je suis issu d’un métissage, elle est donc noire. Au fait,
je me présente : Malik, douze ans huit mois et trois jours exactement,
1 mètre 61. Je vis dans un quartier plutôt branché du quatrième
arrondissement de Paris. On m’a toujours dit que j’avais une jolie
couleur de peau, mais j’ai du mal à gérer cette différence. Petit, on
me surnommait le domino, le Bounty… Heureusement, on ne me fait plus ce
genre de réflexions, mais ce n’est pas pour cela que je me sens plus à
l’aise. Je resterai toujours le bicolore, celui qui n’est ni vraiment
blanc, ni vraiment noir. Réellement, j’ai toujours eu le pied entre
deux cultures, celle que je ne connais pas mais que je m’imagine et la
française, et plus je grandis plus je peine à trouver mes repères. J’ai
douze ans huit mois et trois jours, j’ai besoin de savoir qui je suis,
de savoir quelle est ma véritable identité. Et là, je n’y arrive pas,
ça m’énerve ! Par exemple, quand je suis entouré de Blancs, il y a
comme un mur ou un fossé, je n’arrive pas à m’identifier à eux. De
plus, mes amis blancs, eux, me considère d’avantage comme un Noir que
comme un Blanc. Je me suis même aperçu que, en fin de compte, ils
faisaient très peu la différence entre métis et Black. Un jour, j’étais
en train de faire du shopping avec des copains, et j’hésitais entre
deux chemises, l’une claire et l’autre foncée. L’un de ces copains m’a
lancé, comme ça, sans hésiter : « Prends la plus clair, ça ressortira
mieux, vu que tu es noir. » J’avais envie de lui répondre : « Je te
ferai remarquer que je ne suis pas black et que j’ai même la peau
plutôt claire pour un métis. » Mais bon, j’ai préféré ne rien dire, il
ne cernait pas la différence de toute façon. Au final, je me sens
rejeté. Dernièrement, mon meilleur ami, Blaise, un américain blanc, est
tombé follement amoureux d’une jeune malienne nommée Amina, elle aussi
est métisse. Je la connais peu, mais quand je suis avec elle, je ne me
sens pas mieux qu’avec un blanc, elle est à fond dans sa culture, je
pourrais être complice avec elle car j’ai l’impression qu’on se
ressemble, mais ça bloque. En fait, je me sens très familier avec les
deux cultures et, en même temps, j’ai l’impression que je n’appartiens
ni à l’une ni à l’autre, c’est déroutant. Le temps passe, et ma vie de
tous les jours devient de plus en plus compliquée. Blaise et moi, on
passait tout notre temps libre ensemble, mais depuis qu'il a rencontré
Amina, je ne le vois plus. Non seulement car il a déménagé un peu plus
loin, dans le 16ème, mais aussi parce que sa copine, je ne peux plus la
supporter. Je suis certainement comme tous les autres, jaloux. Et puis
elle, elle connait ses racines et me le fais bien comprendre ! Mon
père, quant à lui ne c'est toujours pas décidé à me dire d'où je viens.
Du coup, je me suis lancé un défi : retrouver ma mère par moi même. Je
sais que ça ne va pas être facile, que mon chemin va être semé
d'embûches. Mais j'y arriverais, c'était pour moi une évidence.
Quelques
jours se sont déjà écoulés et je rencontre déjà des difficultés. En
cherchant divers papier dans l’appartement que j’occupe avec mon père,
je n’ai rien trouvé. J’ai pourtant fouillé toutes les pièces, dans tous
les recoins de ce 240m². Seulement, il y a une pièce à laquelle je n’ai
pas accès : le bureau de mon père. J’ai du y rentrer quelques fois pour
lui apporter à boire ou pour négocier des sorties alors qu’il
travaillait. Mais pourtant je sais exactement à quoi elle ressemble.
C’est un luxueux bureau, si mes souvenirs ne me trompent pas, sur le
mur de droite, il y a une bibliothèque gigantesque, remplie de vieux
manuscrits. Au milieu de la pièce, le bureau où travaille mon père
maniaque, uniquement avec ce qui concerne le travail. En face, sur le
mur de la porte, des étagères avec de nombreux dossiers… C’était la
seule pièce de la maison qui était aussi bien ordonnée, où tout objet
avait une place déterminé. Je devais impérativement trouver une parade
pour m’y introduire. Seulement, je n’ai ni l’autorisation ni la clé à
portée de main. Si je lui demande, il ne va pas être d’accord.
J’envisage alors de prendre la clef lorsqu’il aura le dos tourné. Puis,
quand il partira avec ses compères pour un mois à l’étranger, je vais
me glisser dans la pièce. En quelques jours, j’ai élaboré un plan
ingénieux, et en un court délai, il avait fonctionné, j’ai la clé en ma
possession. Mon père est parti, il y a dix minutes à peine, d’ici à ce
qu’il rentre, j’ai amplement le temps, de trouver les renseignements
qui m’intéressent. Je n’ai pas une seconde, je dois m’y mettre sans
perdre de temps. Lancé à la recherche de mes origines, j’entrais dans
le bureau, anxieux. Et si mon père faisait marche arrière ! Tant pis,
je rentre dans la pièce, observe les différentes sinuosités. Rien
n’avait changé depuis la dernière fois, tout était à sa place.
Pourtant
en haut d’une étagère, j’aperçois une boîte en carton. Qu’est ce qu’un
si gros carton faisait dans le bureau de mon père ? Normalement, il y
stock uniquement ses dossiers. Rien d’autre ne paraissait étrange. Mais
à présent, il me faut encore pouvoir l’atteindre. Peut-être que je
m’émoustille pour rien ? Ou je vais découvrir un autre secret ?
Passons, j’entrouvre la boîte, et aperçois déjà des papiers, des
photos, de vieilles cassettes, le magnétoscope c’est fini, on n’en
parle plus, c’était l’époque de mon père. En l’ouvrant un peu plus,
j’ai réfléchi, est ce que je veux vraiment savoir d’où je viens ? Je
pourrais être déçu.
On sonne mais je ne veux pas perdre une minute. Si cette personne
souhaite vraiment nous voir, elle reviendra.
Curieux, je regarde tout
de même à la fenêtre, on n’est jamais trop prudent. J’aperçois le
profil d’une femme, rien de plus, elle n’a pas l’air agressive.
Immédiatement. Je me remets au travail. En zieutant de plus près,
j’aperçois un album photos nommé « 6 ans au Mali ». Dedans, de
nombreuses photographies, probablement mon père plus jeune. Mais un
jeunet à la peau presque noir revient souvent. Moi ? Pour le savoir, je
dois consulter les documents. Ainsi, j’aperçois mon nom, inscrit en
capitales d’imprimeries. Nul doute, c’est bien moi que l’on voit sur
les photos, mais je ne me souviens plus de cette période de mon
enfance. En cherchant plus, je suis allé de découvertes en découvertes.
A force, je vais devoir résoudre un puzzle, mais il me manque à nouveau
la clé pour le reconstituer. A ce moment, je viens de découvrir que mon
père a vécu six ans au Mali. Durant cette période, il m’a mis au monde
avec son ex-moitié nommée Samia. Puis, il est rentré seul en France
avec moi. J’ai appris beaucoup en un mois, je suis si heureux qu’il
faut que j’en parle à Blaise. Profitant des derniers moments d’absence
de mon père, j’en profite pour inviter mon meilleur ami à boire un
verre. On a échangé pendant une heure déjà, et c’est seulement
maintenant d’un air gêné qu’il veut m’avouer une chose. Il a tourné
autour du pot un quart d’heure, entre temps mon père est rentré sans
même constaté la présence de Blaise. Du coup il n’a pas pu me dire
quoi. Tout content d’être rentré, il a voulu me faire part de sa bonne
humeur en nous offrant un goûter acheter durant son séjour. J’ai
profité de sa bonne humeur pour lui parler, mais je ne sais pas par
quoi commencer. Lui, ne savait pas que j’avais pénétré dans son bureau.
En honnête homme, je commence à lui parler de ma journée, et lui avoue
être entré dans le bureau. Il commence alors à me demander des
explications, et je lui explique tout. Au bout de la conversation, il
approuve mon besoin de savoir. Blaise, mal à l’aise, nous quitte avec
un merci, sans trop se faire remarquer. Désormais seul avec mon père,
j’attends qu’il comble la dernière pièce du puzzle, mais j’ai comme
l’impression qu’il hésite encore.
J’en sais déjà tellement, je ne peux plus attendre après tout ce temps
passé à la recherche de ma mère. Après plusieurs longs jours de
réflexions, mon père m’a invité autour de la table et m’a tout avoué.
Enfin, j’ai cru que ça ne se terminerait jamais, ensemble, on a rigolé
et mon père est heureux que je le sache. Il m’a avoué que pour lui
c’était dur de garder tout ça depuis toutes ces années. Après avoir
cogité un moment, j’ai fait un rapprochement incroyable ! J’ai vite
appelé Blaise et il me l’a confirmé. Amina porte le même nom que ma
mère et elle est Malienne. La déduction est presque évidente : si on ne
pouvait pas se supporter, c’est parce qu’on est frère et sœur.
J’ai toujours vécu près de ma mère, pourtant je ne lui ai jamais
adressé la parole.
Vous qui savez d’où vous venez, profitez en, tout le
monde n’a pas cette chance.
Mouchoirs. Vivants ?
- par Ingrid
Le dix-sept janvier fut un jour de
neige. Ce fut aussi le jour où j'ai découvert le monde. Toute la
famille avait envoyé à papa et maman des lettres de félicitations. Je
suis rentré à l'école à deux ans. J'aimais l'école et je mourais
d'envie d'y aller. À trois ans, j'ai découvert ce que veux dire « être
amoureux », à quatre ans, j'ai eu ma première voiture télécommandée. Et
à sept ans, j'ai découvert mon grand-père. Il a changé ma vie. Elle
n'était plus repos mais énigme, elle étais devenue mystérieuse et
effrayante. C'est par sa faute si je suis en train de courir après les
vivants. Mais passons.
J'ai rencontré mon grand-père pour la première
fois aux quarante ans de ma mère. Elle avait organisé une fête de
famille pour cet événement. C'était un beau mois de juillet, sous un
soleil torride. La fête s'est déroulée dans la salle de Feigère, une
petite ville de Haute-Savoie. Maman me l'avait présenté, il s'appelait
Henri. Elle nous a laissé seuls. Henri s'est approché de moi, a hésité
entre me faire la bise ou me serrer la main. Il a finalement opté pour
me faire la bise. Ses yeux ont pétillé, je ressentais en lui de
l'émotion, l'émotion de voir son petit-fils pour la première fois. Nous
avons échangé un regard, un de ces regards que seul les grand-pères
avec
leur petit-fils peuvent échanger. Un regard complice mais avec une
pointe de mystère. De mystère indéchiffrable. Il est allé chercher un
verre de vin et du jus d'orange pour moi. En quelques minutes, j'ai
senti qu'il était étrange. Je ne peut pas décrire cette sensation. Il
m'a raconté la naissance de maman, celle d'oncle Benjamin, la guerre
39-45, son arrivée à Feigère, la mort de ses parents, sa vie en
Éthiopie,...
Il m'expliquait que la morale des Hommes était souvent
confuse et pitoyable. Puis, il s'est penché vers moi et m'a murmuré à
l'oreille quelques mots. Sur le coup, je n'y ai bien sûr rien compris.
Je l'ai regardé étrangement et il a éclaté d'un rire chaud et
rassurant. Un rire qui m'a fait comprendre qu'un jour viendra, je
connaîtrai ce qu'ils signifiaient.
Il dû partir en début de soirée. Je
suis allé tranquillement retrouver mes cousins. Malgré leurs rires,
leurs bêtises, leurs blagues, je ne pouvais plus m’empêcher de penser à
Henri. Vous allez trouver cela étrange que je n’aie pas connu mon
grand-père plus tôt, je vais donc vous expliquer ce que ma mère m’avait
raconté à son sujet. Depuis toujours, Henri était joyeux, mais il avait
toujours eu un côté mystérieux, et même parfois inquiétant .Personne ne
savait expliquer ce comportement. A ma naissance, il avait refusé de
venir me voir. Grand-mère Mauricette, sa femme, est pourtant venue. Je
la vois régulièrement d’ailleurs. Mais lorsque j’allais chez elle,
Henri était toujours absent. Mamie Mauricette me disait qu’il avait des
affaires à régler. Je crois qu'elle-même ne savait pas exactement à
quoi il s’occupait. Je l’aime beaucoup mamie Mauricette, elle m’a
appris à faire les meilleurs gâteaux au chocolat du monde. Elle m'a
aussi transmis sa passion pour les cailloux. Avec elle, chaque pierre,
chaque gravillon est un trésor.
Un jour, en se promenant le long de
l’étang de Feigères, elle a ramassé un caillou transparent. Je n’en
avais jamais vu de pareil. Elle m’avait expliqué que c’était un bout de
verre qu’on avait jeté là. Il avait été poli par l’eau et le temps. Ce
jour là, j’ai appris qu’il ne faut pas se fier aux apparences. Ce que
j’avais cru être un caillou était en fait une trace de pollution par
l’homme, de la bêtise de l'homme. J’ai regardé ce bout de verre poli.
Dessus, les initiales « MV » était inscrites. J'eus beau me creuser la
cervelle, je n’arrivais pas à leur attribuer une signification
vraisemblable.
Quelques mois plus tard. Henri hait les vivants, il se
hait lui-même. Je m'en rends compte petit à petit, au fur et à mesure
que je le découvre. Je suis à la recherche de ces mots. Ou plutôt de la
signification de ces mots. Pourquoi un nom pareil ? Lorsque je suis
allé chez mes grands-parents, ( il me semble que c'était un samedi ),
mon grand-père me regardait étrangement. Il regardait toute la famille
étrangement. Il jetait des regards noirs à qui osait lui parler.
L'atmosphère dans la maison était froide et tendue. Pendant le repas,
personne n'avait échangé un mot. Nous sommes vite partis, dès la fin du
repas. Maman était inquiète. Elle s'inquiétait toujours. Souvent pour
rien. Mais cette fois-ci, même papa était tendu. L'atmosphère à la
maison ne s'est pas améliorée. Pas du tout. Mais ça m'était égal, je
n'étais plus que spectateur de ma vie. Je sentais que mon grand-père me
haïssait. Ses regards étaient terrifiants. Je me sentais tétanisé. Et
je ne savais même pas pourquoi. Il portait un regard accusateur à
toutes les personnes qu'il croisait. D'où venait ce caractère étrange?
Obsèques de
Henri Leugry
Le vendredi 11 janvier
à 15h
à l'église de Feigères.
Mon grand-père est décédé cette nuit. Une crise
cardiaque. Il n'avait pourtant eu aucun antécédent. La vie a dû en
décider ainsi. Je n'étais pas triste. Je me sentais neutre, comme
libéré d'un poids qui commençait à peser lourd sur mes épaules. Je me
sentais presque heureux. Contrairement à maman, qui avait pleuré des
jours et des jours. Une montagne de mouchoirs avait pris sa place dans
le salon. Papa ne supportait plus ses sanglots. Il partait le plus
souvent possible de la maison. Petit a petit, un écart s'est creusé
entre mes parents. Je ne faisais rien pour les rapprocher. Je ne
voulais surtout pas m'en mêler. Je ne pensais à rien. Du matin au soir.
À l'école, j'obéissais sans rien dire. Je souriais quand j'estimais
qu'il le fallait. Je ne jouais plus aux billes ou au football. Je ne
comprenais pas comment j'avais pu être jusqu'ici si ignorant sur la
réalité de la vie. La vérité de la vie. Pas celle qu'on vous raconte
dans les histoires, ou le méchant loup veut manger la gentille fille.
J'ai compris que parfois la petite fille peut sortir un poignard de sa
poche et te l'enfoncer dans le cœur, avec un sourire carnassier. Ma
mère ne semblait pas remarquer mon changement de comportement. Elle
était bien trop occupée à pleurer et à se lamenter sur son sort.
Un
soir, j'étais assis face à mon bureau, je tentais en vain de comprendre
la logique de mon exercice sur les divisions. Soudain, je devais aller
quelque part. Bouger. Je manquais d'air. J'avais la sensation que l'on
m'étranglait. Je n'arrivais pas à tousser. J'ai voulu porter mes mains
à mon cou. Mais une décharge électrique m'en a empêché. Je me suis
retourné brutalement. L'étreinte a lâché. Une créature se trouvait là.
Apparence humaine. Peau translucide. Des courants électriques
semblaient parcourir son corps, comme s'ils lui appartenaient. Les yeux
de la créature étaient rougis par la haine qui l'habitait. Tout à coup,
la chose était devenu flou, se fondant dans l'air. Puis plus rien. Je
me suis donné une claque. J'étais bien réveillé. Je n'avais pas rêvé.
Je venais de ma faire étrangler par un fantôme. Pourquoi ? D'où
venait-il ? Comment avait-il trouvé? Pourquoi moi? Trop de questions se
bousculaient dans ma tête. Je me suis laissé tomber sur mon lit.
J'avais chaud. J'étais en sueur. Cette nuit là, je me suis réveillé en
sursaut. Il était quatre heures du matin. J'ai chaussé mes baskets.
J'ai pris le gâteau au chocolat que maman m'avait cuisiné la veille,
une paire de chaussette, mon petit oreiller et le caillou sur lequel
les initiales « MV » étaient inscrites. J'ai enfilé mon manteau et je
suis sorti. Je n'ai pas laissé de mot. J'ai refermé la porte tout
doucement, et j'ai couru. Couru. Jusqu'à ce que mon cœur me supplie de
m'arrêter, jusqu'à ce que mes jambes cèdent sous la douleur. Je me suis
écroulé dans un champ. Allongé dans l'herbe verte et humide. J'ai sorti
mon oreiller et j'ai dormi.
Je me suis réveillé avec l'aube du matin
suivant. J'ai ouvert un œil. J'ai bondi. Une boîte se trouvait devant
moi. Elle n'y était pas la veille, j'en étais certain. Poussé par ma
curiosité, j'ai ouvert la boîte, prudemment. A première vue, elle
semblait être de carton, mais elle était en fait froide, dure et
lourde. Du marbre. Sûrement du marbre. Lorsque la boîte a été ouverte à
moitié, j'ai senti un souffle d'air m'aspirer. Ma tête s'est mise à
tourner. Je me suis fait aspirer par la boîte, et j'ai perdu
connaissance. Je me suis réveillé pendant ma chute. J'étais terrifié.
Ma chute durait longtemps. Trop longtemps. J’ai eu si peur et si mal en
atteignant le sol, que mon cœur s’est arrêté de battre. Une créature à
l’apparence humaine me fixait. Elle avait des yeux noirs globuleux, sa
peau était blanche comme neige, elle n’avait qu’une main, dotée de
trois doigts. Sur son torse était écrit les initiales « MN » comme sur
mon caillou.
J’avais atterri dans une pièce carrée, moyennement grande.
La créature restait immobile, seule sa poitrine qui se soulevait,
témoignait de sa vivacité. Sur le mur du fond, les mots que m’avait
murmurés mon grand-père quelques mois plus tôt prirent leur sens. « La
bêtise de l'homme t’ouvrira la porte de marbre qui mène à la Mort aux
Vivants, aux Morts-Vivants ». J’ai paniqué, j’ai voulu me retourner,
partir, quitter cet endroit. Mais la trappe de marbre était bien trop
lourde pour mes petits muscles, devenus translucides, comme ceux de la
créature qui avait tenté de m'étrangler. Je me suis alors rendu compte
que mon cœur avait véritablement cessé de battre. J'ai regardé mes
mains. Mon corps était translucide, comme fantôme. Tout à coup, mon
grand-père, ou plutôt ce qu’il en restait est arrivé dans la pièce. Il
était pâle et translucide, comme moi. Ou plutôt j'étais comme lui
maintenant. Il affichait un sourire satisfait. « Bienvenue en enfer,
bienvenue parmi nous, bienvenue dans le monde des Morts-Vivants! »
L'écho de sa voix avait fait trembler les murs, et celui du fond
s'écroula. Une horde de zombies apparut.
Des morts-vivants, à perte de
vue, sous la terre, et j’étais parmi eux à présent, je faisais parti de
leur clan. Mon grand-père se retourna vers la horde de zombie, prit sa
plus grosse voix et leur cria : « Un de plus dans le monde des morts!
Repartez à la chasse aux vivants!»
Rêve ou réalité - par
Mélanie
Max est mon meilleur ami, il est le seul
à me comprendre. Il me confie tous ses secrets, je les garde au plus
profond de moi-même. Je partage mon quotidien avec le sien, je joue
avec lui, je dors avec lui, je mange avec lui. Il part le matin et
revient le soir. Notre famille vit dans une belle maison à la campagne,
entourée de forêts. Son père est un riche homme d'affaires ne faisant
que
rarement attention à son fils, tout comme sa mère. Max a tout ce qu'il
veut à part peut-être l'amour de deux parents qui sont toujours absent.
« Mousse? Est-ce que tu crois que si je fugue ils s'apercevront de mon
absence? »
Peut-être n'a-t-il pas tort. Il n'a que huit ans mais il est très
intelligent, c'est un débrouillard.
Le lendemain Max et moi nous avons
pris quelques affaires puis nous sommes partis. Nous nous sommes
enfoncés dans la forêt voisine. Au bout d'un quart d'heure de marche,
nous sommes arrivés dans une clairière, elle était beaucoup plus
lumineuse que la forêt. Le ciel était bleu, avec quelques jolis paquets
de coton, le bleu du ciel était comme le pull de Max. Nous nous sommes
allongés dans l'herbe pour contempler les nuages. Ses cheveux blonds
rayonnaient dans la lumière. Max remarqua une boîte au milieu de la
clairière, étrange... Je ne l'avais pas vue auparavant. Je regardai
autour de moi, il n'y avait personne, nous étions seul. Qui avait bien
pu déposer cette boîte ? Max s'approcha d'elle, il la regardait avec
méfiance mais la curiosité l'emporta... Il s'agenouilla et l'ouvrit
lentement... Curieux de savoir ce qu'elle contenait, je me suis
approché... Un faisceau éblouissant ainsi qu'un souffle jaillirent de
la boîte. Je me sentit comme aspiré par le souffle... Ensuite le trou
noir...
Quand j'ai repris connaissance, Max était à côté de moi, il me
regardait, il avait l'air soulagé de me voir sain et sauf. Nous avons
eu la même idée, nous avons levé la tête... Où étions-nous? Dans une
pièce sombre, la faible lumière d'une bougie s'approcha de nous.
« -Max, Mousse je vous attendais!
-Vous nous connaissez? Qui êtes-vous?
»
J'étais intrigué, seule la main qui tenait le bougeoir était visible.
Elle tremblait légèrement et était assez vieille. Un claquement de
doigt retentit et la pièce s'éclaira comme par magie. La pièce était en
fait une bibliothèque très poussiéreuse et en désordre.
« -Je suis le sage de la forêt. J'aide les habitants des livres mais
comme vous pouvez le voir j'ai beaucoup de travail... Est-ce que vous
pouvez m'aider à ranger un peu. J'ai quand même 369 ans... »
Ne sachant quoi penser, nous nous sommes exécutés. Je regardais Max, il
avait l'air heureux de se sentir utile et existant. Suite à une petite
heure de rangement acharné le sage décréta qu'il était trop épuisé pour
aider les habitants d'un livre, qu'il nous tendit. Sur ce livre , un
message avait était griffonné sous le titre, « Le Grand Arbre », « A
traiter en priorité ».
Max se tourna vers le sage pour lui demander « Comment peut-on
aider
les habitants de ce livre ? ». Mais le sage s'était assoupi. Je le
soupçonnais de l'avoir fait exprès. Max n'osa pas le réveiller et prit
l'initiative d'ouvrir le livre ; Max lut :
« Après ce qui nous est arrivé nous ne risquons pas grand-chose... »
Je lui fis un signe de la tête.
Nous avons été téléportés dans le livre.
Je ne sais pas si Max aimait ces voyage mais moi j'avais l'estomac en
vrac....
Une créature féérique, à peu prés de notre taille, ailée, passa à côté
de nous, affolé. Elle était poursuivie par une affreuse créature, ayant
plusieurs yeux, baveuse et défigurée qui l'attrapa. Il commença à lui
arracher les ailes. Je ne supportais plus les cris qu'elle poussait.
Max essaya de les raisonner puis de les séparer. Mais l'être aux
multiples yeux lança une grosse masse sombre sur Max qui fut projeté à
terre. J'en fis autant, mais je le mordis au niveau de son cou. La
créature maléfique prit la fuite ce qui m'étonna. Max, un peut sonné,
courut vers la créature ailée « Il est parti chercher ses congénères
». Je vis quelque chose bouger, nous étions encerclés par des créatures
semblables à celle qui gisait au sol.
Nous avons été emmenés comme des
prisonniers jusqu'à leur village, nous étions retenus dans une prison
faite avec les racines d'un arbre. Une des créatures s'approcha de
nous.
Elle nous regardait, je pense qu'elle se demandait si elle pouvait nous
faire confiance. Elle se présenta, Arabelle, comme sage et mère de
Lybelle. Puis elle se lança dans un long discours qui fut continué par
d'autres créatures similaires.
« -Vous avez sauvé Rybelle, elle ne pourra peut-être plus voler
mais
elle est en vie c'est ça le plus important. Elle nous a tout dit.
-Qui
êtes-vous?
-Nous sommes le peuple de la forêt. On nous désigne par des
noms divers: lutins, esprits... Certains nous appellent elfes ou fées.
Nous vivons dans cette forêt depuis une éternité, même les sages ne se
souviennent pas avoir eu un autre foyer. Dans notre forêt, il y a un
Grand Arbre qui possède de
puissants pouvoirs magiques. Notre vie dépend de la sienne. Il est
source de vie sans lui nous ne pouvons pas vivre. Mais cet arbre
nécessite des soins spéciaux: chaque jour, il doit être nourri avec du
pollen provenant de types de fleurs très particulières jusqu'au « Jour
Éternel » annoncé par la prophétie.
-Que dit cette prophétie? demanda
timidement Max
-Elle dit qu'au « Jour Éternel » les racines du Grand
Arbre s'enfouiront très profondément dans le sol permettant à celui-ci
de vivre et de se maintenir seul pour l'éternité, la survie de notre
peuple sera alors assurée. -En attendant, ce pollen doit être récolté
et transporté jusqu'à l'arbre, mais cela n'est pas sans danger. Ces
fleurs attirent de nombreuses créatures qui pourraient nous causer
beaucoup de mal, voir nous tuer. Rybelle était l'une des récolteuses.
La collecte du pollen est une tâche qui est accompli par les «
Pollenys
». Les Pollenys sont des créatures merveilleuses remplies de lumière
qui possèdent un pouvoir qui les protège de ce type de danger,
contrairement à nous. Elles ne sont pas des esclaves. Elles butinent le
nectar des fleurs et elles récoltent par inadvertance le pollen et le
rapportent au Grand Arbre, où elles peuvent se reposer. L'arbre se
nourri du pollen et souffle la vie. Cela a toujours été ainsi.... Enfin
jusqu'à aujourd'hui...... -Qui y a-t-il vous avez l'air triste? -Le
malheur nous a frappé. Les Pollenys ont disparues. Elles ont été
remplacées par des ombres sans esprit et sans lumière. Elles ont été
ensorcelées et le Grand Arbre s'affaiblit. Pour recueillir le pollen
qui nous est si cher, nous avons envoyé nos enfants âgés d'à peine d'un
milliers d'années. Le « Jour Éternel » est si proche et si l'arbre
meurt, alors notre peuple entier disparaîtra avec lui. Mais nous sommes
plus vulnérable que les Pollenys lorsque nous récoltons le pollen. Des
créatures dangereuses rôdent dans la forêt mais le bruit court que
quelque chose de plus sinistre y vie. »
Mes poils se sont hérissés un
frisson de terreur m'a parcouru de part en part. Que pouvait bien être
cette sinistre créature?
« -Et avez-vous une idée de ce qui rôde dans les bois? Demanda
Max.
-Nous pensons que c'est l'œuvre des Gnolls qui d'autre aurait pu
envoûter et corrompre les Pollenys. -Mais ce n'est qu'une légende, une
histoire que les enfants racontent pour se faire peur les nuits
d'orages.
-Racontez nous cette légende, fit Max.
-La légende dit que
lorsque nos ancêtres sont arrivés sur cette terre ils se sont divisés
en deux clans. D'un côté ceux qui souhaitaient vivre en harmonie avec
ce nouveau monde et s'y adapter. De l'autre côté, ceux qui voulaient le
transformer à leur image. Le premier clan décida de vivre dans la
forêt, il planta la graine de ce qui allait devenir le Grand Arbre. Il
s'agit des Sylvestres, notre peuple. Le deuxième, en quête de pouvoir
magique, pouvant l'aider à transformer la forêt à leur image. Mais la
magie qu'ils trouvèrent était sombre et leur plan tourna au désastre.
Il furent capable de vivre sans le Grand Arbre mais la magie qu'ils
trouvèrent était sombre et noir, elle ne les aida pas a changer la
forêt mais ils furent torturés, déformés, de cela jaillit la haine
contre les Sylvestres. On les nomme les Gnolls. Nous pensons que ce
sont eux qui vous ont attaqués. »
Un long silence s'installa quand il fut délogé par la venue soudaine
d'un des récolteurs partit chercher le pollen, épuisé et blessé. Ils se
sont tous mis en cercle autour. « C'est Tibelle » dit l'un des sages.
Je me suis approché on aurait dit qu'elle avait été violemment attaquée
par un montre avec des dents et des griffes acérées. Elle était
gravement blessée. Elle répétait sans rien dire d'autre: « Ils arrivent
». Arabelle se tourna vers nous:
« -L'heure est grave, c'est la quatrième attaque que nous subissons.
Nous allons réunir le conseil des sages pour décider de ce que nous
allons faire. Kiel va peut-être nous aider il a toujours été le plus
fort d'entre nous. Quand il était jeune, il travaillait plus dur que
tous les autres et il continue d'étudier des livres anciens. Venez avec
nous. » Le conseil s'était réuni dans une clairière. Ils parlèrent des
attaques, les sages les plus âgés ont peur, seul Kiel semble ne pas
avoir peur. Certains ne veulent pas croire que les Gnolls existent.
Kiel a ri de cette idée. Des questions en amenant une autre, restant
toujours sans réponse: Comment les Gnolls ont-ils su où nous allions
chercher le pollen? Depuis combien de temps nous observent-ils? Et
comment ont-ils pu capturer les Pollenys? Kiel essayait de rassurer
pour éviter que la panique ne se propage.
Le conseil dura toute la
nuit. Arabelle et les autres sages semblait épuisé. Max s'approcha
d'Arabelle, il lui demanda qu'est ce qui se passait. Elle lui répondit
que moins l'arbre recevait de pollen plus ils s'affaiblissaient, mais
que Kiel avait trouvé un sort qui temporairement pouvait maintenir le
Grand Arbre en vie. Le sort étant trop puissant pour lui il demanda aux
sages de lui transférer un peu de leur magie. Ne voyant pas
d'alternative, ils acceptèrent:
« Grâce à Kiel, nous reprenons courage et espoir, c'est ce qui compte
le plus. »
Ensuite Kiel a capturé un Gnoll mais sans donner plus de détails. Il
nous a révélé qu'il existait un sort qui permettait de découvrir leurs
intentions mais il avait encore besoin de l'aide des sages. Il réussit
à lire les pensées du Gnoll. Les Gnolls pensaient que les Sylvestres
les avaient poussés a quitter le clan initial, ce qui était évidement
faux mais c'est ce qu'ils croyaient. Tout le monde était convaincu que
Kiel allait sauver le clan de cette menace et le peuple lui faisait
entièrement confiance.. Nous nous sommes mis un peu à l'écart: «
Quelque chose ne tourne pas rond, j'ai posé des questions au conseil et
Kiel les a évité, j'ai voulu les poser à nouveau mais certains sages
m'ont foudroyé du regard comme si je posais des questions interdites. »
Pourquoi les Gnolls auraient-ils attendu si longtemps pour prendre leur
revanche? Et pourquoi maintenant? Nous nous sommes regardés la même
idée nous avait traversé l'esprit, il y avait un traître parmi eu.
Un
Sylvestre donna l'alarme, les Gnolls attaquaient le Grand Arbre! Nos
soupçons étaient vérifié: qui aurait pu savoir où se situait le Grand
Arbre. Les défenses des Sylvestres étaient faible. Je me suis défendu
comme je pouvais. La bataille était sanglante, Arabelle était attaquée
par un Gnoll. J'ai volé à son secours, je me suis jeté héroïquement sur
lui, je lui ai planté mes griffes dans le dos. Il a poussé un cri
effroyable. Kiel nous a sauvés, même si les sages lui ont transmis
beaucoup de leur pouvoir afin qu'il puisse lancer un sort suffisamment
puissant pour repousser les Gnolls. Les Gnolls ont disparus et le calme
est revenu. Il n'y a rien d'autre à faire que de soigner les blessés et
d'enterrer les morts. Quelque temps après, Max et moi sommes allés voir
Kiel pour savoir s'il avait appris autre chose sur le Gnoll prisonnier.
Mais sur le seuil de la porte nous avons entendu Kiel en pleine
discussion, avec le Gnoll, dans une langue étrangère. Nous sommes
entrés, il a été surpris de nous voir et nous a expliqué que cela
faisait parti du sort. Quand nous avons quitté la pièce, je jurerais
avoir entendu la créature monstrueuse ricaner. Arabelle nous avait
rejoint, elle voulait nous remercier de l'avoir sauvé.
« -Nos défenses sont tellement faibles, que nous ne pourrons pas tenir
face à une seconde attaque des Gnolls, si Kiel n'avait pas été là... -
Justement, nous venons de le voir. Il parlait, avec le Gnoll
prisonnier, dans une langue étrangère. Il nous a dit que cela faisait
parti du sort et que.... -C'est étrange, coupa Arabelle, ce genre de
sort ne se font que par télépathie.... »
Un cri de terreur retentit, les Gnolls attaquaient de nouveau... Les
sages ont eu si peur d'un autre carnage qu'ils ont offert le peu de
pouvoir qu'ils leur restait à Kiel. Tous sauf Arabelle, Max et moi lui
avions conseillé de ne pas le faire. Kiel a réussi à repousser
l'attaque des Gnolls, cette fois ci sans aucune perte.
Les sages étaient très faibles et n'avaient plus de pouvoir. Kiel était
désormais presque aussi puissant que tout le conseil réuni. Il n'y
avait plus qu' Arabelle qui possédait des pouvoirs magiques. Arabelle
et sa fille, Lybelle, nous ont emmené dans la grande bibliothèque où se
trouvaient de très anciens manuscrits. Elles avaient trouvé quelque
chose de si terrible qu'elles en tremblaient rien que d'y penser.
« -Kiel nous a trahis !
-Comment? Pourquoi?
-Il y a longtemps Kiel qui
n'était pas satisfait des « limites » des pouvoirs de notre peuple, a
décidé de chercher un moyen d'en avoir plus. Il a du trouver, comme
nous, la réponse dans les vieux manuscrits qui avaient été écrit par
notre peuple ou plutôt par les Gnolls; même si leur magie les avait
déformé et torturé, elle était très puissante... Il a du finir par
trouver les Gnolls, aveuglé par sa soif de pouvoir, il a du conclure un
marché avec eux. Il a révélé des informations sur les Pollenys et le
lieu où se trouvait le Grand Arbre et le pollen qui nous était si
précieux. Kiel a sans doute pensé qu'une fois qu'il maîtriserait leur
magie, il pourrait les arrêter. -Quelle naïveté, il aurait pu deviner
que les Gnolls ne se laisseraient pas avoir si facilement, répliqua
Lybelle -Mais les Gnolls ont réussit à le contrôler à son insu et ils
ont fait le nécessaire pour que les sages donnent le pouvoir à Kiel.
-Les Gnolls utilisaient Kiel comme un pantin. -Le pouvoir des
Sylvestres ne peut pas être pris par la force, il doit être offert.
-Alors toutes ces attaques c'étaient pour que les sages donnent leur
pouvoir à Kiel. -Et le prisonnier c'est surement leur chef. Y a-t-il
une chance de sauver votre peuple? -Une seule, j'ai découvert, dans un
vieux manuscrit, un moyen d'arrêter les Gnolls, rendre les pouvoirs
magiques aux sages et libérer les Pollenys. C'est extrêmement dangereux
et je suis trop faible, Lybelle ne peut pas y parvenir seul..... -Nous
allons le faire.... -C'est très dangereux! -Mais qui d'autre à part
nous pourrait le faire. » Au bout de quelques minutes de silence
Arabelle accepta mais à une condition, Lybelle nous accompagnerait.
« -Vous allez devoir aller jusque dans les ténèbres.... Le pouvoir des
Gnolls prend son origine dans la tête tranchée d'un démon, du moins
c'est ce qui est écrit dans le manuscrit. La survie des Gnolls dépend
de cette tête et nous du Grand Arbre. Comme tout le monde, ils ont un
point faible. Une fleur violette avec un cœur rouge pousse près de
cette tête. Le Grand Arbre, sera grâce à cette fleur assez puissant
pour me permettre de lancer un sort afin de détruire à jamais les
Gnolls. Les Gnolls défendront leur trésor coûte que coûte. La vie de
notre peuple est entre vos main... -Nous sauverons votre peuple. -Que
la paix soit avec vous. » Nous sommes partit pour le monde des
ténèbres. Lybelle est une excellente guide. Plus on avançait plus le
paysage ainsi que l'atmosphère était sombre et inquiétant. Les Gnolls
pouvaient être n'importe où, sans doute nous guettaient-ils déjà... Le
plus court chemin était de traverser un gouffre. Lybelle pouvait voler
moi aussi mais Max,lui ne pouvait pas. Nous étions inquiet, bien
qu'elle avait tous prévu. Lybelle me tendit une fiole, je lui fit
confiance. J'ai bu son contenu d'un seul coup, il avait un goût un peu
bizarre. Je me suis senti plus léger après cela, elle me dit que
maintenant j'avais la force de porter Max au dessus du gouffre. C'était
incroyable! Le paysage était devenu monochrome. Nous avons trouvé assez
vite, le repère des Gnolls. Il était peut-être mal caché mais il était
bien gardé. C'était trop facile. Max se tourna vers nous et nous exposa
son plan en chuchotant pour ne pas être entendu par les gardes Gnolls.
« -J'ai une idée je vais distraire les Gnolls pendant que toi et
Lybelle vous prendrez la fleur.... -Sauf que tu ne cours pas assez vite
et tu ne peux pas traverser le gouffre dans le sens inverse
seul...,coupa Lybelle. Moi je le ferais je connais la forêt comme ma
poche et je vais plus vite que vous! -Je n'ai pas dit que c'était
parfait comme plan, mais tu ne m'avais pas dit que c'était la première
fois que tu venais ici? -Quand tu as vu un arbre tu les as tous vu! »
La tristesse avait envahi nos visage, ainsi qu'une pensée. Allons-nous
nous revoir...
« S'il vous plaît, juste un truc, on pourrait faire comme si on allait
tous se revoir » ,Lybelle fit en sorte de se faire repérer afin que les
Gnolls se lancent à sa poursuite, mine de rien elle est très
courageuse. Les Gnolls laissèrent leur repère sans surveillance. Max
alla prudemment prendre une des fleurs violettes à cœur rouge.
Mais
c'était trop beau pour être vrai, un Gnoll beaucoup plus gros et
beaucoup plus fort que les autres apparu. Max me cria:
« Prends la fleur je me charge de lui! » J'ai évité le Gnoll enragé, je
tournais autour de lui et j'ai attrapé une fleur... J'ai rapporté la
fleur aussi vite que j'ai pu, en pensant à mes amis qui risquaient leur
vie ou étaient peut-être déjà.....mort... Quand je suis arrivé, les
Sylvestres et les Gnolls livraient bataille. Kiel allait tuer Arabelle,
ils se bataient. Mais Kiel était plus puissant qu'elle, et elle était
faible. Il avait du découvrir que nous avions compris sa traîtrise. Je
me suis jeté sur lui comme j'avais fait pour le Gnolls. Je lui ai crevé
les yeux.. Terrassé par la douleur, se tenant la tête, il tomba au sol.
Arabelle prit la fleur et lança le sort... Quelques secondes,qui
parurent interminable, s'écoulèrent...
Le traître, Kiel, fut traversé par des faisceaux lumineux, comme si le
mal sortait de son corps....Son visage se tourna vers nous. Et dans un
dernier souffle de vie, il prononça: « Pardon et merci ». Les Gnolls
disparurent dans une masse grouillante et poussiéreuse. Quelques
Sylvestres étaient blessés et d'autre mort... Mais la tension accumulée
ces dernier jours fit place à l'euphorie générale. J'étais toujours
inquiet, je n'avais pas vu Max et Lybelle depuis que nous nous étions
séparés... Quand soudain à l'orée de la clairière, ils apparurent
fatigués mais en vie!! Notre mission était accomplie malgré les pertes,
les sages avaient retrouvé leurs pouvoirs, les Gnolls avaient disparus
à jamais. Plus rien ne pouvait empêcher « le Jour Éternel » d'arriver.
Pour nous exprimer leur gratitude, les sages ont ouvert la porte pour
nous permettre de retourner voir le Sage de la forêt. Tout devenait
flou autour de nous .... Le Sage de la forêt nous attendait.
« -Je vous félicite, vous les avez sauvés! Max il est temps que tu
retournes voir tes parents... -Je ne veux pas retourner avec eux, je
suis presque sur qu'ils n'ont même pas remarqué mon absence.... -Tu as
tort, quand tes parents ont appris ta disparition ils ont quitté leur
travail et sont partis à ta recherche avec d'autres personnes.... Ils
t'aiment et pour rien au monde ils ne voudraient te perdre... -Mais
pourquoi ne manifestent-ils pas l'attention que doit recevoir un
enfant? -Va leur demander, et si vous vous ennuyez alors emmenez la
boîte chez vous et ouvrez la. Une fois que vous serrez sortis de la
boîte, elle rétrécira de façon à entrer dans ta poche. Je vous
donnerais un autre livre... »
Un brouillard nous entoura. Puis il
se dissipa, nous nous sommes retrouvés dans la clairière. Le soleil
s'était couché. La boîte se mit à rétrécir, Max l'attrapa et la mit
dans sa poche juste à temps. J'entendis des gens crier son nom:
« Max ! Max ! Je l'ai trouvé ! »
Les parents de Max coururent vers lui. Max
hésita, mais il serra ses parents contre lui. Le portable de son père
sonna. Je sentis tout de suite que son père aller partir s' il ne
faisait rien. Je pris son portable, il fut détruit d'un coup de griffe.
Pour la première fois Max avais l'impression de ne pas être délaissé.
Il retourna chez lui avec ses parents, racontant son histoire avec le
plaisir d'être écouté. Suis-je un animal ou le fruit de l'imagination
de Max ? Êtes-ce un rêve ou un monde parallèle ? Le monde réel a des
frontières, le monde imaginaire n'en a pas...Ce n'est qu'une
histoire...
Cauchemar en forêt -
par Pierre
Comme à mon habitude j'arrive en retard
à mon collège. Il se trouve dans un petit village qui ne compte
qu'environ mille habitants. Tous les élèves se moquent de moi au moment
où j'entre dans la classe. J'ai toujours été le souffre-douleur
uniquement à cause de ma longue chevelure blonde que je suis fier
d'arborer. La journée se déroule comme une journée d'école de sixième
doit se dérouler, avec les cours les plus assommants les uns que les
autres.
À la sortie de l'école, je décide de faire l'école buissonière
en passant par la forêt. Ma maison se trouve en pleine campagne car mes
parents sont éleveurs de poulets. Tous les matins je vais à l'école en
tracteur, c'est amusant mais lent donc j'arrive souvent en retard. À la
fin de la journée je dois rentrer à pied contre mon gré car mes parents
travaillent. Je sors du petit village et rejoins la forêt qui est juste
à côté celui-ci. Elle est immense à ne pas en voir la fin mais je la
traverse malgré mon sens de l'orientation assez mauvais. Le vent
souffle fort dans les arbres et je vois les feuilles tomber en cette
saison d'automne.
Il doit être environ cinq heures et le soleil
commence à se coucher. Mon sac pèse lourd sur mes petites épaules et
mes jambes commencent à fatiguer. Je chante des petites chanson que
j'improvise au fur et à mesure pour m'occuper mais aussi pour penser à
autre chose que la fatigue. Je donne des coups de pied dans les
feuilles mortes qui sont d'une magnifique couleur pourpre et j'écoute
les oiseaux chanter gaiement au loin. Je fais un petit détour vers une
parcelle de l'immense forêt que je ne connais pas encore. J'avance et
aperçois soudain un immense chêne, l'un des plus énormes que j'aie
jamais vu. Il est deux foix plus haut que les bouleaux et les pins qui
l'entourent. Il domine le bois tel un roi et doit au moins être un
octogénaire pour être d'une telle grandeur. J'ai une soudaine envie de
grimper en haut, pour admirer la forêt comme un géant, mais aucune
branche ne me le permet. Je décide de faire une pause et pose mon sac
au pied de l'arbre quand soudain, j'entends un bruit étange au loin.
Je
me retourne brusquement et découvre à une cinquantaine de mètres de
moi, un sanglier aussi terrifiant qu'imposant. Je me fige sur place
sans le vouloir tandis que mon regard et celui de la bête se croisent .
Mon père m'en avait vaguement décrit un qu'il avait lui-même rencontré
étant jeune, donc je reconnais parfaitement l'animal. Celui-ci est
surpris de me trouver sur son territoire et pousse un cri quasiment
indescriptible. Le monstre est en compagnie de ses trois marcassins qui
gambadent dans les feuilles un peu plus loin. Le pire arrive et le
sanglier fonce sur moi tel une machine instoppable. La bestiole
parcourt la moitié de la distance qui nous séparait mais je ne fais
toujours pas le moindre mouvement. Mon coeur bat tellement vite qu'il
pourrait exploser à tout instant et mes membres ne me répondent plus,
figés par la peur. Malgré la menace qui me guette je ne bouge pas d'un
cil. Je vois l'animal courir de plus en plus vite vers moi. Le choc va
être fatal et je ne m'en tirerai sûrement pas. Je vois ma courte vie
défiler devant mes yeux, avec ses hauts et ses bas. Je n'aurais jamais
penser mourir jeune, je n'ai pas encore eu l'occasion de vivre ma vie
d'adulte. J'aurais aimé être policier ou travailler dans la ferme avec
mes parents mais mes rêves se volatilisent au fur et à mesure que ce
satané sanglier sauvage avance. J'attends qu'un miracle se produise
mais rien ne stoppe le véritable bolide dans sa course effrénée. Si je
veux survivre c'est à moi d'agir car je suis seul dans cette forêt et
je ne me laisserai pas faire. Je commence à bouger les jambes, mais
elles ne veulent faire rien d'autre que trembler. Plus que quelques
secondes avant que l'impact me broie sauvagement les os. Mais,
héroïquement, je prends mon courage à deux mains et tente un plongeon
sur le côté. Je m'écroule par terre et me rends compte que mes pieds
n'ont même pas quitté le sol lors de mon esquive. Soudainement je
ressens une énorme douleur à la cheville chauche : la bête me l'a
broyée par son poids. La douleur est si intense que je crois que je
vais perdre l'usage de mon pied gauche. Je me retourne en roulant sur
le côté pour voir que le sanglier revient vers moi à pleine allure.
Cette fois-ci impossible d'éviter l'animal car je ne peux pas me lever
avec une cheville en moins. Cela ressemble à un véritable cauchemar. Le
douleur va au mieux me faire perdre connaissance et au pire me tuer. Je
regarde trisitement la mort arriver vers moi quand tout à coup, le
sanglier trébuche et fait un tonneau. Je suis sauvé car la bestiole ne
semble pas se relever de sa chute. Je rampe jusqu'au chêne et prend
appui sur son tronc pour me relever. Je regarde le corps du sanglier
assomé. Je vois une grosse racine du chêne à côté de lui qui sort du
sol, j'en déduis donc que ses pattes se sont prises dedans lors de sa
course. Les trois marcassins que j'avais oubliés rejoignent la bête et
je pense à m'en aller avant que ceux-ci ne le réveillent. Ils ne
semblent pas s'occuper de moi pour l'instant. J'attrape un long bâton,
j'en casse une partie pour m'en servir comme une béquille et je m'en
vais. Je laisse mon sac au pied de l'arbre car il sera difficile de
marcher avec.
Il fait maintenant nuit et je me dépêche de quitter les
lieux. Mais il y a encore un problème, avec toutes ces émotions j'ai
complètement oublié d'où je suis venu. Mais je n'ai pas le choix il
faut que je prenne une direction au plus vite avant que le sanglier ne
se réveille. Sans le soleil comme repère, je prends un sentier au
hasard en espèrant que je vais trouver quelqu'un assez rapidement.
J'avance avec peine, chaque pas que je fais demande un effort
considérable. Je commence à avoir froid et à pleurer de désespoir.
C'est l'épreuve la plus difficile que j'ai faite. Ma cheville me lance
et je suis à bout de force. Une demi-heure plus tard, j'avance
toujours, ma cheville gauche ne peut me servir d'appui sans que je
pousse un cri de douleur.
Je marche lentement, tristement, je peine à
rester éveiller. J'avance toujours et encore lorsque mon bâton servant
de béquille casse. Je m'écroule lourdement par terre, cette forêt que
je trouvais magnifique est une abomination. Je reste à terre, je n'ai
pas envie de me lever, je n'ai plus envie de marcher, je n'ai plus
envie d'avoir peur, je veux rentrer chez moi.
Mes parents me manquent,
mon lit me manque et la chaleur me manque.
Mon ventre commence à crier
famine car je n'ai pas pris mon goûter. Je ne sais pas depuis combien
de temps je suis à terre, peut-être cinq minutes, peut-être deux
heures.
Je n'ai plus aucune notion du temps, je suis épuisé, et
j'essaie de me rappeler toutes les choses agréables que je connais.
J'ai l'impression que je vais y passer, je n'ai plus la force de bouger
la tête.
Ma mère doit être folle d'inquiétude, mon père doit être
entrain de me chercher partout. Quelqu'un va bien me trouver, en
attendant je dois me débrouiller seul. Je vais quitter cette forêt,
qu'elle le veuille ou non. Je rampe vers un bouleau, je m'appuie sur
lui pour me lever, je me fabrique une béquille improvisée avec l'une de
ses branches et je repars. Je vais toujours tout droit, comme cela je
vais forcément arriver quelque part. J'avance plus motivé que jamais,
ma séance de méditation m'ayant encourager à continuer. Je n'aperçois
toujours rien à l'horizon hormis des arbres, je décide de dormir dans
cette forêt cette nuit. Mon blouson est assez chaud et confortable pour
pourvoir m'endormir. Je marche encore un peu pour utiliser le peu de
forces qu'il me reste. Soudain j'aperçois une clairière, je me dirige
vers celle-ci et je vois une boîte. Il n'y a qu'une boîte en bois au
milieu de cette clairière. Etant très curieux je me dirige vers cet
objet. Je me mets à genoux et ouvre la boîte d'une couleur beige. La
boîte renferme des vieux livres qui sentent la poussière, comme je
n'aime pas lire je jette les romans par terre. La boîte est assez
grande
et je peux façilement rentrer dedans. J'enlève mon manteau, je me
glisse dans la boîte et utilise mon anorak comme couverture. J'entame à
présent ma nuit de sommeil que je pense avoir amplement méritée. Je
mets
très peu de temps à m'endormir en espérant que demain je serai de
retour chez moi. Il y a tout de même un bon point, je n'irai pas à
l'école.
Le lendemain, je suis toujours aussi exténué. La nuit a été un
véritable enfer pour moi. L'air est humide, il fait froid et la caisse
où je dors me fait affreusement mal au dos. Je n'ai aucune idée de
l'heure qu'il est ni de l'endroit où je me trouve. J'aurais espéré que
quelqu'un me trouve, mais je suis complètement abandonné. Je ne peux
plus me débrouiller seul, je suis trop jeune. J'ai plus faim que
jamais, ma cheville me fait toujours aussi mal. Après une heure de
plaintes et de pleurnicheries, je me remets en route. Je ne suis
toujours pas apte à marcher correctement sans une béquille. J'abandonne
la caisse et commence à marcher. Le soleil est à peine levé et l'air
est presque glacial. Je ne sais pas combien de temps encore je vais
survivre dans cette prison. Tous les chemins se ressemblent et je n'ai
pas la moindre idée de la direction que je dois prendre. Je n'entends
pas de voiture ni de chasseur. Il se pourrait même que personne ne soit
à ma recherche. Je n'ai pas intérêt à rester trop longtemps au même
endroit car le sanglier pourrait me retrouver. Et il y a beaucoup
d'animaux savages en forêt comme les cerfs ou bien les renards. De plus
je ne peux pas me nourrir avec des champignons car je ne sais pas
différencier les comestibles et les toxiques. J'avance jusqu'à ce que
j'aperçoive l'orée de la forêt. Je suis enfin arrivé à la sortie de cet
enfer. Plus que quelques mètres et le cauchemar se termine enfin. Je
fais les derniers pas et je m'échappe du bois. J'arrive dans un vaste
champ de terre labourée. Il n'y a aucune maison apparente à l'horizon.
Je m'allonge dans la terre humide, le soleil est à son zénith et il
fait étonnamment chaud. Je me relève et je découvre que j'ai le manteau
couvert de terre. Je ne sais toujours pas où je me situe, mais je ne
peux pas me retrouver dans un pire endroit que cette forêt. Je me
remets à marcher et traverse le champ. J'ai retrouvé toutes mes forces
et je suis plus en forme que jamais. J'avance de plus en plus vite
quand soudain j'entends un coup de feu assourdissant. Je scrute
l'horizon et vois un chasseur avec ses chiens dans le champs voisin. Je
me précipite vers lui en agitant les bras et en criant. Il semble
m'avoir vu et rappelle ses chiens qu'il met dans sa camionnette garée
au milieu du champs. Je continue de courir quand soudain je vois le
chasseur pointer son fusil sur moi. Je me stoppe net et essaie de
rester calme. Le chasseur braille un hurlement inintelligible et se met
à tirer en l'air avec son fusil. Je profite de ce moment d'inattention
pour me coucher par terre. Je rampe en arrière jusqu'à un bosquet
pendant que le chasseur continue de fusiller le ciel pour je ne sais
quelle raison. Je reste immobile dans le buisson tandis que l'homme me
cherche du regard. Je prie pour qu'il ne me voie pas. Il se remet un
pousser des cris incompréhensibles. Soit il est fou, soit il est saoul.
Pourquoi ne puis-je pas sortir de ce cauchemar ? Je finis par croire
que le monde entier a perdu l'esprit. Il faut croire que je suis seul
au monde. Ils vont finir par avoir ma peau, d'abord le sanglier,
ensuite le chasseur.
Mon agresseur se dirige soudainement vers moi.
Il
marche de travers ce qui confirme ma seconde hypothèse : le chasseur
est complètement saoul. L'ivrogne est maintenant devant le fourré. Il
ne semble pas me remarquer et continue de pointer sa carabine vers le
ciel en marmonant des jurons incompréhensibles. J'essaye de ne pas
bouger ni respirer trop fort pour ne pas me faire fusiller. Mais mon
souffle est trop bruyant, amplifié par la frayeur, et je ne pas me
cotrôler. Ce malade mental serait capable de me tirer dessus s'il me
voyait. Soudain le chasseur sursaute et se met à courir vers sa
fourgonnette garée un peu plus loin. Quelque chose doit l'effrayer. Je
sors la tête du buisson et scrute les alentours quand tout à coup
j'aperçois la chose faisant fuir le chasseur : un sanglier, semblable à
celui que j'avais vu auparavant, est en train de courir après le
chasseur. Je rentre dans le fourré et réfléchis à un stratagème : soit
je reste dans ce buisson et j'attends que le chasseur et le sanglier
partent, soit je m'enfuis maintenant sans me faire repérer. Car si
j'opte pour la première solution et que le chasseur tue le monstre, il
reviendra et je me ferai débusquer. Je me prépare à sortir du bosquet
et à courir. Les deux bètes féroces sont arrivées vers la camionnette.
Je sors précipitamment du champ et je cours vers une direction
choisie
totalement aléatoirement car, avec toutes ces agitations, je ne sais
même où je me trouve. Je tourne la tête tout en courant pour observer
la lutte : le chasseur a réussi à rentrer dans sa voiture à temps et
s'en va au loin avec la bête sauvage à ses trousses. Me voilà hors de
danger. Je ne sais plus où aller. Je ne sais même plus où se trouve la
forêt. J'avance toujours dans la même direction en espérant trouver une
maison isolée dans cette vaste cambrousse. Tous les champs se
ressemblent. Mes chaussures toutes crottées pèsent une tonne et chaque
pas est de plus en plus difficile à éxécuter.
Je scrute l'horizon à la
recherche de quelqu'un et j'aperçois le soleil qui se reflète sur
quelque
chose. Je me rapproche et vois une maison à cinq cents mètres de moi.
Le soleil se reflètait sur une vitre, ce qui a attiré mon attention. Je
me
dirige vers cette petite maison en pierre assez ancienne couverte de
végétation. J'ignore encore si la maisonnette est habitée car plus je
me rapproche, plus elle me paraît délabrée.
Finalement j'arrive à
destination et je me rends compte que la maison est une véritable ruine
prête à s'effondrer. L'espoir m'avait rendu aveugle, au point que je
m'imaginais trouver quelqu'un qui ne veuille pas me tuer. Cela aurait
été trop beau. J'essaie d'ouvrir la porte mais la poignée est trop
rouillée pour pouvoir bouger. Je force un peu et la porte finit par
s'effondrer sur le vieux plancher poussièreux. Je pénètre dans la ruine
et analyse la seule et unique pièce. La maison ne contient rien à part
de la poussière et quelques ardoises tombées du toit. Celui-ci est
troué et les fenêtres sont fissurées. Je quitte finalement la
maisonnette. Je me remets en route malgré la fatigue, la faim, la soif
et la douleur à ma pauvre cheville qui me fait encore et toujours
souffrir. Je commence à avoir des vertiges et
j'ai du mal à marcher
droit.
Soudain je m'écroule par terre, je ne peux plus bouger et je
peux à peine respirer. Tout ce qui m'entoure devient flou et sombre. Je
vais perdre connaissance car je n'ai plus la force de résister.
Je ne
peux m'empêcher de pleurer, j'ai été très courageux durant ces deux
derniers jours.
Je me suis surpris moi-même en étant aussi fort et
brave. Mais mon corps ne résistera plus sans eau. Ce cauchemar aura eu
raison de moi. Je ferme les paupières et laisse la mort s'emparer de
moi.
Une curiosité mal
placée - par Antoine
Dans le dentifrice se trouvait un produit particulièrement amer qui m'a
fait cracher dans le lavabo.
C'est à ce moment là que je l'ai vue par la fenêtre de la salle de
bains :
Une énorme caisse était située en plein milieu du champ abandonné en
bordure de mon lotissement,
pourtant, il y avait à peine quelques secondes avant de me brosser les
dents, rien d'autre qu'une étendue d'herbe sèche.
Quelqu'un avait dû la déposer là en vitesse avant de repartir aussi
vite qu'il était venu, mais pourquoi l'avoir placée à cet endroit ?
Le contenu de cette caisse suscitant ma curiosité,je voulus m'y rendre
mais cela était plus facile à dire qu'à faire ! Une fois arrivé dans
mon jardin au bout duquel se trouvait le champ je constatai qu'il
m'était impossible de franchir du haut de mes un mètre-vingt le
grillage qui les séparait.
Ne m'étant pas résigné à atteindre mon objectif je courus chercher un
escabeau chez moi, puis enjambai le grillage, cependant comme tout
autre enfant de huit ans, je n'avais pas pensé au moyen de redescendre
du haut du grillage, ce qui me valut le droit de m'écraser
mollement sur le sol.
Après m'être relevé de ma dure chute je pouvais avoir la caisse à
portée de vue :
J'allai enfin savoir ce qu'il y avait dedans.
J' avançai gaiement en direction de la caisse en me demandant ce
qu'elle pouvait contenir.
Un gamin de mon âge aurait imaginé mille jeux ou babioles différentes :
c'est ce que j'ai fait.
J' enlevai le couvercle, réjoui de pouvoir en découvrir le contenu.
Et ce fut la grande surprise :
La caisse qui avait éveillé ma curiosité ne contenait qu'un tas
d'ordures ! Leur ancien propriétaire les avait sans doute mises là par
paresse de se rendre à la déchèterie pour les recycler.
Après m'être remis de ma déception, je rentrai chez moi pour retourner
à mon occupation principale : m'ennuyer.
L'heure a sonné - par
Nisrine
Mon cœur rata un battement.
Je baissai mon regard paniqué au sol, vers
l’obstacle qui avait failli me faire tomber. Un trou. Rien qu’un trou.
Le soulagement qui me submergea fut aussi profond que le creux à cause
duquel j’avais trébuché. Pas vraiment profond donc… Mais, et je
l’admets avec humilité, ma situation me préoccupait bien plus qu’une
simple chute. Aucun adjectif ne pourrait décrire l’inquiétude qui
alourdissait chacun de mes pas. Déjà, je ne savais pas où je me
trouvais. Ce qui, avouons-le, est assez peu rassurant. Et pire ! je ne
savais pas comment j’étais arrivée là.
Et bien évidemment, je n’avais pas choisi de me
perdre sur les terres les plus accueillantes de l’univers. Non ! soyons
honnête, ce bois semblait sorti des enfers. Tout mon environnement me
clamait que j’étais malvenue, que j’avais intérêt à retourner d’où je
venais. Le ciel était peint d’un bleu malsain, de longues et fines
traînées grisonnantes de nuages le déchiraient de part en part. Chacun
de mes pas était entravé par les ronces, dissimulées sous les hautes
herbes ; elles agrippaient mes mollets, plantaient leurs griffes dans
ma peau comme pour ralentir ma marche. Même les arbres m’en voulaient,
caressant de leurs longs doigts fourchus mon visage, l’air menaçant –
pour aussi menaçant que peut paraître un arbre.
Mais, personne ne m’arrêterait. Malgré mon
égarement, malgré le ciel pâle et la végétation sombre, malgré ma peur,
j’avançai. Je ne saurais l’expliquer, et ce n’est pas faute d’y avoir
réfléchi, mais je me sentais comme guidée. Presque attirée.
Bientôt – je ne saurais dire après combien de temps
exactement – j’arrivai dans une clairière.
Et je le vis.
Pas un souffle de vent ne faisait danser les hautes
herbes ; pas un oiseau ne chantait pour égayer le triste paysage. Mais
il était là, il était là, me fixant de ses yeux gris tempête, ses
cheveux blonds encadrant son visage laiteux. Il semblait irréel. Il ou
elle d’ailleurs ? Je n’en avais aucune idée, mais c’était si peu
important !
La démarche hésitante, je m’avançai vers cet être
tellement étrange. A côté de lui trônait une boîte. Une simple boîte de
carton. Je m’agenouillai. Le visage toujours aussi inexpressif de
l’enfant suivait mes gestes avec une attention déconcertante. C’en
devenait presque effrayant ! Mais de lui émanait une telle innocence…
Alors que j’approchai ma main fébrile pour ouvrir le
couvercle de la boîte et ainsi assouvir la curiosité, presque
douloureuse, qui oppressait ma poitrine, une petite main blanche me
prit de vitesse et le haut de la boîte tomba mollement sur l’herbe,
comme au ralenti. Etonnée, je levai mes yeux vers l’enfant. Ses lèvres
d’ange s’étirèrent en un sourire diabolique.
Et ce fut tout.
Plus de clairière, plus de boîte, plus d’enfant. Je
me retrouvais dans une pièce rectangulaire. Je sentis une vague de
fureur me secouer. Quoi ! c’était là tout ce que cachait ce morceau de
carton !
Je m’étais bien fait leurrée… Mais maintenant, rien
ne servait de me lamenter sur mon sort. Il me fallait trouver un moyen
de sortir de cet endroit, quel qu’il soit.
Je pris rapidement connaissance de l’intérieur de la pièce. Il faut
dire qu’il n’y avait pas grand-chose à voir… Les murs étaient noirs, le
sol était noir, le plafond était noir. Mais l’endroit était quand même
éclairé, d’une lueur verdâtre, par quelque mystère que je ne voulais
même pas élucider.
Les seuls objets : une horloge et un couteau.
L’horloge, en bois, était grande, belle, majestueuse ; le couteau, fin
et pointu, était court, sobre, simple. Inutiles l’un comme
l’autre…
Mon regard finissait de balayer la salle quasiment vide, lorsqu’un
détail retint mon attention. L’horloge. Ses
aiguilles tournaient vite. Beaucoup trop vite. Et je compris. J’étais
enfermée dans une boîte avec l’objet de mes plus grandes peurs : le
temps. Une peur indéfinissable, qui m’avait toujours collée à la peau.
Peur de grandir, peur d’oublier, peur de voir différemment. Et si
vieillir était une erreur ? Je ne voulais pas me retrouver vide et sans
cœur !
Mais je n’avais plus le loisir de réfléchir. Et plus
le choix. A en croire le cadran, cela faisait déjà une journée que
j’étais là. Mais c’était faux, je le savais ! Et, malgré mes
certitudes, le temps s’enfuyait, chaque heure glissant plus rapidement
que la précédente.
Le cri affamé de mon estomac m’arracha à ma
contemplation. Bien… J’avais faim. Ce qui était normal puisque, à
priori, cela faisait une trentaine d’heures que je me décomposais ici.
J’allai m’asseoir contre le mur qui faisait face à
l’horloge, en prenant le couteau au passage.
Lentement je levai mes yeux vers la pendule. Une
détresse aigue enserra mon cœur. La deuxième journée s’achevait. Mon
regard empli de terreur n’osait quitter la trotteuse, par peur que le
temps passe plus vite encore sinon. Je compris que je ne serais bientôt
plus qu’un animal à l’agonie. Mais qui peut lutter contre le temps ?
Et, parce que les journées s’écoulaient comme des
heures, parce que mes forces s’envolaient, parce que je n’avais aucune
chance, je sus que l’inévitable allait se produire. J’avais faim,
j’avais soif, et j’étais épuisée. Mon corps ressentait ces trois
journées sans manger boire et dormir comme si cela faisait vraiment
trois jours que je n’avais ni mangé, ni bu, ni dormi.
Les jambes chancelantes, je me relevai
difficilement, toujours adossée au mur. Mes doigts se resserrèrent
autour du manche du couteau. J’inspirai douloureusement.
Quatre jours.
Je me jetai sur l’horloge et plantai avec autant de
rage que de faiblesse mon arme dans le cadran, cet œil cruel qui me
fixait moqueusement pendant que je désespérais.
Le verre ne céda même pas.
Une sensation de picotement me traversa les poignets, un instant après,
et ils étaient prisonniers de bracelets d’acier.
Je m’effondrai. Ce n’était pas qu’ils me fissent mal
ou même qu’ils me gênassent. C’était seulement ce qu’ils symbolisaient,
ce qu’ils signifiaient pour moi. J’étais captive du temps.
Le cœur à l’abandon, je laissai mes pensées flotter avant de me
reprendre. C’était comme si je somnolais, vous savez, ce moment si
spécial du sommeil, où l’on a l’impression de rêver mais que l’on est
encore un peu conscient. C’était exactement ça. Et j’avais envie de
vomir. Quoique mon estomac fût vide…
Et puis j’avais un mal de tête abominable. Mais le
tic-tac incessant de l’horloge m’empêchait de me reposer. De toute
façon, je savais que si je m’endormais, je ne me réveillerais pas.
Périr dans une boîte, sous les assaut du temps, quelle mort
ignominieuse !
J’étais à bout de forces. Non, je n’étais même plus
à bout de forces, j’avais l’impression de m’éteindre comme une flamme
de bougie ayant brûlé toute la cire. Le temps avait brûlé toutes mes
ressources.
Mais ma main était toujours crispée sur le manche.
Par un nouvel accès de folie, j’entrepris de tailler mes bracelets de
fer. Ils représentaient pour moi un tel affront, une offense si
parfaite !
Mais chaque coup que je donnais semblait sans effet
: le métal des bracelets tintaient ; le métal de l’arme entaillaient
mes poignets. Tout simplement.
Je jetai un coup d’œil fiévreux vers l’horloge. La sixième journée
s’achevait. La trotteuse me tirait vers mon malheur à chacun de ses
pas. Mes yeux s’emplirent de larmes ; je criai sans voix. Si Dieu ne
m’aidait pas, mais qui le ferait ?! Je n’espérais que ça, ma lame le
gravait sur mes bras, et le sang comme une encre disait « sauve-moi » ;
je n’espérais plus que ça…
Ma tête s’inclina, mes yeux se fermèrent, ce qui serait mon dernier
souffle franchit mes lèvres…
Je me réveillai en sursaut.
Une sonnerie stridente hurlait.
Avec un soupir irrité, j’arrêtai mon réveil. Et une
journée de plus à tuer au lycée… Je ramenai mes draps sous mon menton
en me remémorant les événements de la nuit. Je pouvais presque encore
entendre les aiguilles de l’horloge tourner, sentir mon corps trembler.
Mais, bien que couverte de sueur, j’étais vivante !
Très bien… Toute cette histoire n’était donc qu’un cauchemar. Un
sourire amusé étira ma bouche sans que je ne puisse le retenir. Ce rêve
m’avait paru si réel, si terrifiant ! Qu’est-ce que j’avais été stupide
d’y croire !
Je me décidai à contrecoeur à sortir du lit, et
après m’être préparée rapidement, j’attrapais mon sac de cours et je
descendis discrètement l’escalier de bois.
Je refermai doucement la porte d’entrée, car ma famille dormait
toujours, puis je me retournai.
Le soleil se levait, le ciel était pâle, la pelouse,
encore sombre. Je traversai la grande allée d’un pas guilleret,
jusqu’au portail. J’allai pour le franchir, lorsque quelque chose me
frôla la jambe. Je souris quand je vis un chat. Il était adorable,
d’une blancheur qui ne pouvait nous évoquer que la pureté, et ses yeux
gris lui donnait l’air si innocent. Il miaula et se dirigea vers le
jardin. Je le suivis, je n’étais pas en retard de toute façon. Et puis,
une force incoercible m’attirait, je ne pouvais pas lutter.
Au fur et à mesure que mes pas me faisaient avancer,
je sentais une angoisse germer en moi. Je m’agenouillai à côté du
félin, dans l’herbe fraîche. Lentement, et contre ma volonté, je tendis
la main, pour assouvir ma dangereuse curiosité. Le chat me prit de
vitesse et le rythme de mon cœur s’accéléra.
Son coup de museau avait ouvert ce qui trônait face
à moi.
Une boîte.
Une simple boîte de carton…
Le cercueil
mystérieux - par Charly
C'est l'été. J'ai 44 ans, je vis à Saint Paterne Racan. C'est ma 4ème
maison, numéro 4 de la « Rue du rêve »
Eh oui, comme vous pouvez le remarquer, le chiffre 4 est très présent
dans ma vie, allez savoir pourquoi...
Comme aujourd'hui, je rends visite toutes les semaines à mes parents.
Une fois devant leur tombe, j'aperçus un cercueil entre-ouvert, orné de
motifs assez surprenants, et on pouvait apercevoir un chiffre 4 gravé
en or sur la face. Bref, la réplique exacte de ce que voulaient mes
parents comme cercueil..
Après une brève réflexion, je me dis bien sûr que le cercueil va être
déménagé. Après tout, pourquoi laisser un cercueil vide en plein
milieu d'un cimetière ?
Enfin bon, je m'en allai car il me restait encore beaucoup de choses à
faire ce jour-là.
Une fois arrivé sur la place du village non loin de chez moi, je décide
de faire un petit détour pour aller chercher du pain à la boulangerie.
Tiens, ils ont changé de boulangère. D'ailleurs, elle a la même
coiffure qu'avait ma mère, à croire que la « mode » ne touche pas tout
le monde...
Enfin bref, une fois à la porte de ma maison, le stress monta : mais où
étaient passées mes clefs ?!
Après une longue fouille de mes poches, la seule conclusion valable
était que je les avais oubliées sur la tombe de mes parents.
Sur la route pour aller les chercher, je passai à côté d'un
journaliste et de son caméraman ayant l'air de tenir le scoop du
siècle. J'entendis clairement ses paroles : un ouragan a détruit la
maison « Rue du faucheur », et a emporté avec lui une victime du nom de
Maxime Germani. Mon dieu ! Mon meilleur ami d'enfance ! Étant trop
pressé pour interroger le journaliste, je courus au cimetière chercher
mes clés, pour ensuite aller voir les dégâts de l'ouragan improbable.
Une fois là-bas, une chose me sauta aux yeux : le chiffre 4 du cercueil
s'est changé en 3. Ai-je mal lu l'inscription la 1ère fois ?
Et encore, s'il n'y avait que ça. A l'instant, je vis clairement le 3
se changer en 2. Mais que se passait-il ? Mais je n'avais pas le temps
de réfléchir, il fallait que j'aille voir les dégâts de l'ouragan.
Arrivé près du journaliste, je l'entendis dire qu'une nouvelle
catastrophe est arrivée sous ces yeux, et que lui même n'y comprend
rien : une tempête de neige s'est abattue d'un coup sur le village, et
a pétrifié de glace toutes les voitures. Aucun moyen de sortir du
village disait-il, sauf bien sûr, pour ceux qui aiment courir.
D'ailleurs, nous sommes tout près de la frontière du village. Le
journaliste proposa à son caméraman de partir de ce village « Maudit
». Une fois dans leur mini camion, on tenta désespérément d'allumer le
contact, le camion prit feu et explosa pour s'éparpiller de tous les
côtés.
Je ne bougeais plus. Étonné par les événement surnaturels qui venaient
de se produire.
Mais quand même curieux de voir s'il y a des morts dans la
fourgonnette, je m'approchai, et vis une chose invraisemblable : le
sang étalé sur la paroi du camion laissait apparaître un 1.
Était-ce un signe ? Quel était le rapport avec les chiffres du cercueil
qui se succèdent ? Moi-même ne savais pas.
Ma seule option était de rentrer chez moi, dépassé par les évènements
incohérents entre eux. À quoi bon réfléchir sur ce qui vient de se
passer, personne ne pouvait comprendre.
Pour cette raison, je me mis à m'endormir.
Le lendemain, mes yeux s'ouvrirent. Cependant, je ne reconnaissais pas
cet endroit. Pourquoi me réveillai-je dans un champ ? Et en plus, à
côté du cercueil qui était au cimetière ! Affolé de ne plus rien
comprendre, je me levai rapidement et regardai en direction de ce
cercueil.
Soudain, le cercueil brilla, le scintillement de l'or sur sa face
laissait montrer un zéro maintenant. Mais que se passait-il ? Au fur et
à mesure des secondes, la boite devint de plus en plus étincelante,
jusqu'à atteindre la limite du flash. Et là bam !
Une explosion de lumière me fit fermer les yeux. Après les avoir
ré-ouverts, je ne vis plus le cercueil. Non, plus rien, juste deux
corps posés sur le sol. Ne me dites pas que... Ces corps étaient ceux
de mes défunts parents ! Je courus vers eux à une telle vitesse que mes
jambes en avaient déjà mal. Arrivé près d'eux, je m'agenouillai, si
content et si étonné de revoir leur visage.
Cependant, est-ce que la joie fait apparaître un couteau à côté de
vous, et vous force malgré vous à égorger vos parents pourtant déjà
morts ? Non, et pourtant, c'était ce qu'il venait juste de se passer...
En sanglot, je criais de toutes mes forces. Je tapais de toutes mes
forces sur le sol, et ensuite m'allongea.
Le réveil sonne, les arbres ont perdu leur feuilles, le soleil
vient à peine de se lever.
Je rends visite à mes parents. Je dépose les fleurs sur leur cercueil
orné d'or. Tout se passe normalement... Tout.
La vie d'un arbre -
par Mélodie
Un beau jour, je sors de mon lit et j'ai l'idée de
m'évader dans la nature. Après avoir traversé tout le village, au loin
j'aperçois une prairie. Je poursuis mon chemin en regardant le ciel
bleu accompagné de nombreux nuages auxquels s'ajoute une forêt un peu
sombre à mes yeux. Quant tout à coup, une boîte posée en plein milieu
de l'herbe bien verte attira mon regard. Moi qui suis plutôt curieux,
j'accours. En arrivant à côté d'elle, je l'ouvre et à ce
moment là, je vois un monde merveilleux avec énormément d'animaux
extraordinaires comme des poules-mouttes, des lapins-mouttes et des
dragons-mouttes ; je me crois en plein cœur de l'histoire de mon conte
préféré. Mon rêve depuis toujours est de voir de la neige en réalité,
c'est la première chose que j'ai remarquée, ainsi que des animaux un
peu bizarre à mon goût. Soudain un arbre appelé Albero, m'accoste et me
parle de sa vie sur sa planète pas comme les autres. Il me raconte
qu'il y a fort longtemps, il était tout seul sans voir d'êtres vivants
de l'année ; quand un jour il a trouvé la voix et a crié de toutes ses
forces à l'aide. Environ trois mois après, une fougère lui rend visite.
Pour développer le végétal sur cette planète, la fougère organise une
fête gigantesque en invitant le maximum d'espèces.
Suite à ces mots, l'arbre se sent gêné et m'invite à
le rejoindre en s'excusant de ne pas m'avoir proposé avant. Tu
parles, l'arbre est à cent mètres au dessus de ma tête, il me fait
légèrement rigoler le conifère. A ma grande surprise, Albero m'envoie
une longue liane qui en moins de deux secondes m'a attrapé la taille et
est en train de me faire redescendre, je tiens à dire que je ne rigole
plus trop ! Enfin les pieds à terre, il m'a fallu environ cinq minutes
pour réaliser où je suis et surtout à qui je parle; à un arbre, dingue,
incroyable. Albero me lâche enfin et je redécouvre la joie d'avoir les
pieds au sol.
En discutant quelques semaines après avec Albero, je
lui lance un défi très particulier, rechercher son jumeau qui
normalement se situe sur la même planète que lui, planté dans un vase.
Pour cette mission, je le suis 24 heures sur 24 et 9 jours sur 9 !
Après avoir interrogé toutes les espèces de la forêt; un unique et seul
arbre, qui lui ressemble nous interrompe dans notre conversation.
L'arbre ressemblant: « Bonjour, que recherchez-vous?
On est à la recher... enfin mon ami est à la recherche de son jumeau.
L'arbre ressemblant: son jumeau?
Oui, son jumeau celui qui a poussé en même temps qu'Albero.
L'arbre ressemblant : C'est vrai ! Mais je crois que tout à l'heure je
l'ai aperçu partir dans une remorque de tracteur.
Albero : Tu en es sûr, qu'il me ressemblait?
L'arbre ressemblant : Il avait 32 feuilles toutes situées sur le bout
des branches, faisait 32 centimètres de haut et 32 centimètres de
diamètre.
Albero : C'est exactement mon profil à un centimètre près. Je suis très
triste d'apprendre une si mauvaise nouvelle.
L'arbre ressemblant : Vous pouvez toujours chercher, vous êtes peu être
des triplés !
Eh bien merci pour ce renseignement, nous allons chercher plus
loin. »
Arrivé à Treeland, Albero très fatigué, désespéré,
triste, déçu et démotivé, décide de faire demi-tour. En entrant à la
maison, je propose un chocolat chaud ainsi que des paquets de mouchoirs
à Albero pour qu'il n'inonde pas mon magnifique carrelage avec ces
larmes tellement grosses qu'elles auraient pu former un lac ou bien un
océan.
Le jour suivant, Albero m'abandonne, pour soi-disant
différentes raisons qui me sont complètement inconnues. C'est terrible
; moi qui aime tant les arbres, je ne peux plus me passer de lui donc
maintenant je l'espionne en essayant d'être discret. Albero s'enracine
petit à petit au milieu de nulle part en se laissant mourir. Ce qui me
fait encore plus de peine mais malheureusement, je ne peux rien faire
pour lui. Au fur et à mesure des jours, la santé d'Albero se dégrade.
Quand soudain un matin, je ne le retrouve pas, même pas une feuille. Je
cherche, je recherche, toujours rien.
En vérité, c'était une crevette qui l'avait mangé
entièrement en l'espace d'une nuit, elle avait grand
faim.
Vol sur Krypton - par
Simon
Aujourd'hui, un vol de tableau a eu lieu dans le
musée national de Pris, l'infraction a été commise le 3 mars 2333, aux
alentours de 3h33. Ils étaient trois et avaient 33 ans.
Et c'est parti pour une nouvelle enquête sur
Krypton. Toujours la même chose, c'est la troisième fois. Justement, ce
chiffre 3 m'attire pourquoi le 3/3/333 à 3h33; 3 personnes toutes 33
ans et UN seul tableau. Il y avait trois caméras dans la salle où le
vol s'est produit, en plus, maintenant, il n'y a plus de tableaux crées
par nos ancêtres. En même temps, ceux-ci étaient absurdes. Le dernier
vol est le portrait d'une femme mystérieuse, qui croise ses bras au bas
de son buste et qui a un petit sourire. Son nom est la Joconde je
crois, créée par un certain Léonard de Vinci.
Moi, Simon, qui ai déjà résolu 32 enquêtes en 2 ans
et 363 jours il faudrait que ma 33ème enquête ait lieu le jour de mes 3
ans de travail. Tous ces « 3 » ne peuvent être une
coïncidence. Mais sommes-nous le 3/3/2333. J'allume ma télévision et en
effet on est bien le 3 mars 2333. Étaient-ils 3 ? Oui et d'ailleurs en
vérifiant les images j'ai remarqué que chacun d'entre eux avait un
carton dans son dos et celui qui a volé le tableau l'a mis dans un de
ces 3 cartons. Ils me reste 3 choses à présent, Qui sont-ils ? Où
sont-ils ? Où est le tableau ? Une fois que j'aurai répondu à ces
questions, ma 33e enquête sera close.
Maintenant me voilà en face du commissaire pour
faire un premier bilan:
« - Cela fait maintenant trois jours que le vol a eu lieu et
les recherches n'aboutissent à rien, remarqua le commissaire, un numéro
vert est désormais à disposition si quelqu'un veut donner un
renseignement au propos de l'affaire.
-Vos recherches n'aboutissent peut-être à rien Mais pas les
miennes...33 est le numéro d'une fusée qui traverse l'espace de la
terre à krypton. 333 est le numéro du train qui relie Paris a Berlin.
3333 est le numéro du métro qui relie Berlin a Sankt Augustin
-Très bien allez-y et revenez-vite avec du nouveau; en attendant je
continue mes recherches.
-Alors je pars tout de suite, mon bus démarre a 18h25 (enfin quelque
chose sans 3) »
Une fois arrivé sur place, je me repose 5 minutes du
trajet qui a duré quelques heures. C'est alors que je découvre un
carton au milieu d'un lac qui est au milieu d'une forêt dense qui est
au milieu de Sankt Augustin qui est au milieu de Berlin qui est au
milieu de l'Allemagne qui est au milieu de l'Europe. A l'intérieur de
ce carton, rien, juste de la végétation qui a dû s'y introduire dans la
boite.
Après ce première échec, je commence à me remettre
en question. Pourquoi utiliser des méthodes particulières pour une
enquête « banale » où sa seule particularité est la date de
son acte? Pourquoi donner du sens à ce chiffre 3 alors qu'il en a pas?
De ce fait je décide de faire passer une annonce où l'on y dira
que si une personne trouve un carton dans la nature, il doit appeler la
police kryptonienne.
Trois jours sont passés, et déjà des milliers
d'appels anonymes. Seulement un seul vrai témoignage, celui d'un jeune
tatouïnien. Cet homme est né a Bornder en 2305. De nos jours, il suffit
de 18 heures pour traverser la galaxie alors que d'antan il fallait 24h
pour aller sur la Lune depuis la Terre. Arrivant sur place, j'aperçois
une grande foule qui entoure une petite valise. Je me précipite et
devant le carton, je prends toutes mes précautions et j'ouvre la boite.
Vide, oui elle est vide je ne rêve pas du tout. Cependant j'arrive à
décrypter des lettres sur les rebords du carton: O P U L E
Opule ? Cela signifie cannette en tatouïnien, aucun rapport avec
l'enquête. Après quelques méli-mélos; je trouve Poule, Epulo, Olupé. Et
ce n'était aucun de ces mots là, déjà 3 minutes que je réfléchis dessus
et je trouve enfin le bon mot ; il s'agit de …. loupé! Encore un échec.
C'est la deuxième valise que je trouve et il n'en reste plus qu'une
seule.
Déjà 2 semaines que l'annonce est partie et toujours
aucune nouvelle du troisième carton. Le commissaire décide de me
convoquer à nouveau:
-Nous sommes actuellement le 18 Mars et toujours aucun indice
concernant la dernière boite, me dit-il de son ton autoritaire habituel.
-Non, aucune, je vais faire un petit tour dans Kryptonnus
-Très bien mais dépêche toi de la trouver alors!
Encore une semaine de passée et toujours rien ; nous
sommes maintenant le 26 Mars et je décide de me promener dans le
parc national de kryptonus, la plus grande ville de krypton qui
contient 235 520 201 habitants. Cela devient déprimant. Mais en
me promenant je vois Kymos, le petit Kryptonnien par excellence,
c'est-à-dire qu'il a de longs cheveux blonds et qu'il a des yeux bleus.
Kymos s'amuse dans la grande plaine de parc. Je le vois regarder à
l'intérieur d'une boite. Il semblait béat d'admiration à la vue de ce
que ce trouvait à l'intérieur du carton. Je me rapproche donc de plus
en plus vite et j'aperçois un carton, le troisième, le dernier, dans
lequel il y avait le tableau réalisé au XVIème siècle aprés
J-C. Cela fait plus de 700 ans que le tableau a été créé! Et en ouvrant
la boite, le tableau! Oui, cela fait trois semaines que la
Joconde a disparu et là, un gosse de 6 ans vient de le retrouver.
C'est une chose folle qui vient de m'arriver, j'ai
enfin résolu ma 33ème enquête grâce à un gamin. Ah voilà le
commissaire:
- Beau travail Simon; maintenant il ne reste plus qu'à passer le
tableau dans le musée et l'affaire sera close
- Oui, ce chiffre « 3 » commençait sérieusement à me poser
des problèmes.
-
Bon; je me dois de te laisser, d'autres affaires attendent d'être
résolues!
Une semaine après la fin de mon enquête, je reçois
un coup de fil du gérant du musée de Kryptonus.
- Monsieur l'inspecteur, je voudrais tout d'abord vous remercier pour
le travail que vous avez accompli
- Mais je n'ai fait que mon travail
- Certes mais il y a juste un petit problème au niveau du tableau...
- Un problème? Comment ca?
- Eh bien, il s'agit d'un faux...
Ma vie est un
mensonge - par Mélanie
Mes parents sont morts. Ouais. Aujourd’hui, je peux le dire. Enfin
juste à ma psy, parce que je n’ai pas envie que tout le monde sache. Si
cela sort de la pièce où nous nous trouvons, je la tue ! En fait,
je n’avais pas le moins du monde envie de voir quelqu’un ; oui,
c’est ce que l’on dit pour éviter de dire « je parle durant des
heures entières à une personne, appelée psychologue, payée pour
m’écouter et surtout ne rien dire ou seulement des choses
inutiles ». Malgré mes maintes protestations, mon tuteur prit
plusieurs rendez-vous. Je ne vais pas le nier, je suis pénible avec
Dominique. La psy lui a dit qu’il n’a pas à s’inquiéter ; c’est
une mauvaise passe et on la nomme « l’adolescence ». Bien
sûr ! Je ne l’avouerais jamais, mais cela me fait un bien fou de
lui parler. Ce n’est pas que j’ai envie de parler à elle, non, juste je
veux parler ! Dire qu’hier j’ai retrouvé Méghane au parc, que nous
avons parlé et ri durant des heures ou alors que j’ai eu 2 en maths.
Bref, la vie, quoi ! Mais ma vie est un mensonge.
Je viens d’avoir 8 ans. Je suis assez petite pour
mon âge. Mes cheveux blonds et mes yeux bleus font de moi un ange.
Enfin ce sont mes parents qui le disent parce que moi je n’en pense
rien. En même temps, qui se jugerait lui-même ?! Donc cela fait 8
ans que ma mère m’a mise au monde, mais aussi qu’elle et mon père me
supportent. J’ouvre les yeux… Je ne me retrouve pas sous ma couette,
mais allongée dans l’herbe fraîche à l’orée d’une forêt. Belle cette
forêt. Majestueuse. Comme ce cerf avec ses bois, au fond. Hier encore,
je l’aurais appelé « Bambi » mais aujourd’hui j’ai 8 ans. Je
suis restée une bonne heure à regarder les nuages avec de drôles de
formes défilés ; cela m’amuse. Je me retourne sur le ventre, pour
me remettre sur le dos 3 minutes plus tard. Un papillon de couleur rose
se pose sur le bout de mon nez. Il s'envole et je me lève. Je marche
pendant 5 minutes et je m’arrête lorsque je vois cette boîte. Toute
simple la boîte. Assez grande. Je m’accroupis auprès d’elle,
l’entrouvre et prends sans vraiment m’en rendre compte l’objet s’y
trouvant. Il est 8h quand je rentre chez moi. Mes parents dorment
encore. Vers 10h, ils se réveillent enfin. En allant à la cuisine, ils
me voient sur le canapé, devant des dessins animés, et ils me disent
simplement « bon anniversaire Emmy ». Hum, merci, je réponds,
absente. Je n’ai jamais reçu de cadeaux, je n’en attends plus comme ça
je ne suis pas déçue. Midi, ma mère m’appelle, nous mangeons en
silence. Dix minutes plus tard, je monte dans ma chambre.
Du haut de mes 15 ans, je peux dire que mon enfance
avant l'accident ne fut pas heureuse. Mes parents ne m'ont jamais
souhaitée, mais je suis arrivée et je suis bien là. Pour leur plus
grand regret, et ils me l'ont toujours fait savoir. Indirectement,
certes. Mais ça me faisait d'autant plus mal. Pour eux, j'étais une
bouche à nourrir, un corps à vêtir mais apparemment pas un cœur à
remplir... Il ne doit y avoir nulle part sur cette Terre, un enfant
privé d'amour. Je n'ai jamais reçu de compliments, de câlins, de
bisous, ni quoique ce soit ! Je dis, quand on en reparle avec ma psy,
qu'étant habituée, au bout d'un moment je ne ressentais plus rien. Un
mensonge.
Mes parents partent pour l'après-midi et rentreront
assez tard, vu qu'ils passent chez une de mes grands-mères, que je ne
connais pas. Que je ne connaitrais jamais. J’ai plein de cousins.
Apparemment. Donc je suis seule dans cette maison, une fois encore. Je
ne sais pas quel sera mon programme pour cette après-midi et ce soir.
Surement télévision et dodo. Je n’ai pas de jouet. Ah si ! Une
poupée…
J’avais une poupée que j’appelais Zoé. Je n’avais
pas le droit de l’abîmer ; « c’est la seule que tu
auras ! » m’avait dit ma mère le jour de ce présent. Je l’ai
encore aujourd’hui…en guise de souvenir à mon passé et parce que je
l’aime bien. Je n’ai jamais joué avec. Elle était sur un fauteuil, qui
lui était d’ailleurs réservé. Je pouvais passer des heures à la
regarder. Ah ! Je me rappelle que lorsque j’insupportai mes
parents, le seul moyen qu’ils aient trouvé pour me punir, c’était de
m’enlever Zoé pendant plusieurs heures ou même plusieurs jours
parfois ! Mon père m’avait un jour dis que si j’étais sage durant
une longue période, j’en aurais une autre de poupée. Encore un mensonge.
Aujourd’hui, j’ai 8 ans et 12 jours ! J’aime
compter les jours ; cela me grandis et je me dis que les 9 ans
approchent. La sœur de ma mère m’a envoyé une carte pour mon
anniversaire. Je le sais parce que pendant que mes parents étaient au
théâtre hier soir, j’ai fouillé le bureau de mon père. Cette lettre se
trouvait dans un tiroir et oh ! Plein de feuilles soigneusement
pliées étaient rangées en dessous. Toutes m’étaient adressées et pour
la plupart, dataient de plusieurs années. Je ne me doutais pas que ma
famille était au courant de mon existence vu que je n’étais même pas au
courant de la leur ! Ils voulaient tous me connaître. Et moi je
voulais tous les connaître.
Hélas, cela n’est jamais arrivé. Juliette, ma psy
m’a souvent recommandé d’aller les rencontrer. Mais comment leurs
expliquer ce qui est arrivé à leurs proches ? Comment leurs dire
que j’y suis pour quelque chose ? Le passé est le passé ; je
veux oublier ! Alors je lui répète qu’un jour, le jour où je
serais prête, j’irais. Ne se doute-t-elle pas que cela est un
mensonge ?!
Mon père a remarqué le tiroir pas tout à fait fermé.
J’ai su au moment où mon prénom a été crié… Pourtant, j’étais sûre
d’avoir été vigilante. J’emmène Zoé avec moi, il la prendra. Ma mère se
trouve avec mon père dans le bureau. Elle me crie que je suis une
vilaine fille. De suite, je leur demande des explications pour toutes
ces lettres cachées. Pourquoi voudrais-tu qu’il y ait des
explications ?!, crie mon père. Ils ne comprennent rien. Je
regarde Zoé…tiens ce n’est pas ma poupée avec ses longs cheveux et ses
petits yeux en amandes marrons mais un revolver ! Enfin, je ne
sais pas réellement. C’est le seul type d’arme à feu dont je me
rappelle le nom que j’ai entendu dans un téléfilm. Je lève l’arme avec
un grand sourire moqueur sur mon visage si angélique.
Le 7 juin 2003, le soir. Les voisins
témoignent ; ayant entendus 4 coups de feu distincts dans
l’après-midi provenant de la maison voisine, ils se sont précipités et
ont trouvé une petite fille maculée de sang à la porte qui bredouillait
que ses parents étaient morts. Plus tard, l’orpheline annoncera qu’il
s’agit d’un voleur qui ne souhaitait probablement pas de témoins.
Elle ? Elle se trouvait sous son lit avant de descendre quelques
minutes après le départ du tueur.
J’ai tué mes parents. Ouais. Nous sommes le 7 juin
2010 et aujourd’hui je peux le dire. Enfin juste à moi. Le soleil
brille, les oiseaux chantent. Dominique m’emmène au zoo, devant les
perroquets. J’aime leurs couleurs et il le sait. Chaque jour, je reçois
tout son amour et je ne le remercierais jamais pour ça. Aujourd’hui, je
m’aperçois que je suis heureuse et ce n’est pas un mensonge. Enfin
peut-être…
L'invisible espionné
- par Gaëtan
Je me promène à vélo, derrière un camion lorsque
tout à coup un carton tombe de la remorque arrière. Curieux comme je
suis, je pose mon vélo à terre et me précipite vers cette mystérieuse
boîte en carton. Je m'agenouille devant celle-ci, soulève délicatement
le couvercle, ma main tremble, mon cœur bat de plus en plus vite. Je
parviens à l'ouvrir et je découvre avec surprise un costume. Le tissu
est bleu et noir, j'aperçois un signe sur le haut sur lequel est
représenté un I. J'enfile le vêtement et soudain je ne vois plus ni mes
jambes ni mes mains. Mais que m'arrive t-il ? Je déduis que ce costume
est doté d'un pouvoir extraordinaire, celui de rendre invisible toute
personne qui le porte.
Je décide de rentrer à la maison en emportant le
costume avec moi et jure de n'en parler à personne. Soudain il me vient
une idée : tester le costume sur un camarade de classe qui n'est pas
gentil du tout et m'embête tous les jours. La vengeance est un plat qui
se mange froid. Demain est un grand jour, il annonce le commencement
d'une nouvelle vie ou bien d'une vengeance attendue.
Je me lève dans la joie et la bonne humeur. On est
dimanche et j'ai une super farce à faire à mon pire ennemi. Comme je
sais qu'il dort sans cesse le matin mais ce n'est pas mon cas, cela
tombe bien. Je vais tout d'abord commencer par le réveil brutal. C'est
comme ceci que je nomme ma première opération.
J'enfile le costume et me déplace rapidement dans la
chambre de mon pire ennemi. Et je règle son réveil de sorte de le faire
sonner dans la nuit lorsqu'il sera endormi. Je suis gentil sur ce coup
là. J'ai mis son réveil à sonner à 3h00. D'un geste accompli de ma part
je reviens chez moi tout joyeux et impatient d'être demain à l'école
pour le voir à moitié endormi. Je mets également mon réveil à sonner
avec dix minutes d'avance sur celui de mon pire ennemi.
2H50 : mon réveil sonne, je me dépêche d'enfiler mon
costume pour ensuite aller voir ce réveil qui de mon point de vue va
être très brutal. Je suis dans sa chambre, il ne reste plus qu'une
minute. Le suspens est à son comble. Je sens l'immense joie qui monte
en moi. Le réveil retentit, ma victime se réveille très brutalement
comme prévu. Pour l'instant tout se déroule comme j'ai dit. Il tombe de
son lit violemment. Il parvient à se relever mais pas de chance pour
lui, il glisse sur une balle de tennis et retombe à nouveau par terre.
Mais quel malheureux ! Pour la énième fois il se relève, avance trois
ou quatre pas, marche sur une dizaine de punaises. Comme j'aime finir
en beauté, j'ai tout prévu pour la fin. Je lui réserve une surprise
qu'il n'est pas prêt d'oublier. Il reprend ses esprits quelques
secondes mais cela ne suffira pas. Je m'approche près de lui et lui
étale une assiette sur laquelle figure un tas de chantilly. Pauvre de
lui, réveil brutal, un certain nombre de chute , tout seul dans le noir
et le meilleur pour la fin une étendue de chantilly étalée sur son
visage. Après ce grand divertissement très comique, je décide de me
recoucher dans la joie et la bonne humeur.
Je me réveille un bon lundi matin assez tôt après
une nuit enrichie d'humour et de farces. Je pars sur le chemin de
l'école. Et je vois la pauvre victime, la tête dans les choux, de la
chantilly dans les cheveux et un mal de chien sur tout le corps
surement dû à plusieurs chutes du lit pendant son sommeil ou peut être
un réveil brutal.
Bref, j'arrive à l'école, le costume dans mon sac et
le cerveau rempli d'idées plus ou moins farfelues et cruelles. La
sonnerie retentit plusieurs fois et annonce le début de la récré. C'est
à se moment-là que je décide d'enfiler le costume pour jouer quelques
tours à quelqu'un que vous connaissez bien ,il s'agit d'une victime
apeurée. Après l'avoir enfilé et pris certains objets qui me sont
nécessaire pour ma seconde opération intitulée « une série d'œuf bien
mérité ».
Je fixe mon ennemi droit dans les yeux en attendant
l'ultime occasion lorsque qu'il sera seul. L'arme dotée d'un chargeur
très spécial qui est lui-même rempli de provision va m'être très utile.
Justement, une occasion se présente, il se dirige tout droit vers les
toilettes. L'arme à la main je me dirige vers lui, et lui envoie toute
la sauce. Le résultat est rapide, son visage s'est soudainement changé.
Avant il était joyeux maintenant il est devenu une vrai poule de la
basse-cour.
Après l'humiliation de ma victime, il se refuge dans
un coin tout seul, j'ai une immense envie de lui dire « le ridicule ne
tue pas », à croire que oui. La sonnerie retentit et annonce le
soulagement de la fin des cours. Je rentre chez moi, en emportant bien
sûr mon costume magique. Demain est un grand jour, celui de ma
3ème opération et celle-ci se portera sur ... Vous vous demandez
surement qui sait ? … celui qui un jour ma donné un mauvais bulletin de
notes et se trompe sans cesse de destinataire. Mais bien sûr ! C'est la
10ème fois en un mois, faut le faire quand même. Pour faire court c'est
le facteur, et comme on dit, il va prendre très cher demain. J'attends
le moment avec impatience. Il passe tous les matins à 11h. Ma 3ème
opération s'intitule « des enveloppes pas comme les
autres... ». Demain c'est mercredi, j'ai pas cours, cela tombe
très bien.
Je me réveille plutôt tôt en ce mercredi qui
s'annonce très mouvementé. Le facteur passe dans très peu de temps.
J'enfile mon costume avec une tel rapidité, je l'aperçois justement qui
passe il est à bicyclette, chargé de lettres à l'avant. Il dépose le
courrier dans la boîte aux lettres, je me précipite vers son vélo,
saisis les lettres et les lance en l'air. Le facteur se retourne,
surpris de voire toutes ces lettres par terre et commence à stresser.
Il les trie et les remets à sa place comme de rien n'était. Il se
dirige vers la maison voisine et cette fois si, je lui réserve une
petite surprise. Il pose les lettres dans la boîte , moi malin comme je
suis, j'étale une grosse quantité de colle puis de chocolat en poudre
sur ces magnifiques lettres. Le facteur se retourne, regagne son vélo
et aperçois le massacre de sa tournée inachevée. Il commence à paniquer
en se disant : mais que ce passe t-il ?
Pauvre de lui, un camion d'une tonne et demie
transportant des cartons qui me rappelle un souvenir, le renverse très
brutalement contre le sol. Et sur le coup je me suis posé un
certains nombre de question. Mais que m'arrive-t-il ? Suis-je entrain
de rêver ? Bref, pour en savoir plus je décide alors de me cacher à
l'arrière du camion dans ces fameux cartons.
Le conducteur de cette camionnette me paraît très
bizarre, je me demande où il va ? Tiens la camionnette louche
s'arrête, je sors du carton, lève les yeux, il fait tout noir,
pas un seul bruit. Où suis-je ? « Je vous attendais ! » Une
voix s'écria. A ce moment précis j'ai de plus en plus peur.
Je marche quelque pas dans le noir et tout à coup,
une lumière d'une intensité immense s'allume, m'éblouit, je me frotte
les yeux et les lève. Un mec d'une vingtaine d'année me semble t-il
m'attend. J'aperçois mon visage dans un écran géant et découvre que
j'étais moi-même espionné. J'en déduis qu'une micro-caméra était
dissimulée dans le costume. Il m'espionne depuis le jour où j'ai
découvert ce costume. Dégoûté, je quitte le costume, le jette à terre
puis pars en courant. Ils ont trouvés mes opérations très
divertissantes et drôles.
Innocence pervertie - par Joris
Il y a longtemps j'étais un enfant, beau, blond, émerveillé, mais tout
cela ne dura qu'un temps !
Je ne pus jamais lire que le prière d'insérer de ce roman qui en une
ligne reflétait à merveille mon enfance .Je n'étais pourtant qu'un fils
d'agriculteur ,mon enfance peu joyeuse à ramasser les fraises, les
pommes et le tabac pour mes parents ,me laissait peu de temps a ma
grande passion « la lecture » .Peu répandu dans ma famille
elle était pourtant ce qui m'obsédait .Chez moi il n'y avait que la
vieille Bible de mère et un mystérieux livre sur la table de chevet de
mon père .IL ne voulait jamais que j'y jette un œil il disait que ce n
'était pas un livre pour les enfants .Lui-même n'avait pas reçu une
grande éducation .Ma mère non plus mais elle avait insisté pour
que j’aille à l’école encore quelques années ; Il faut dire que
j’étais plutôt doué, je savais lire, écrire, compter. Ce qui était rare
dans ma classe ! J’avais 9 ans et la vie me semblait si simple.
Mon adolescence fut très classique je me fis un bon ami,
Gaspard, je commençais à travailler avec mon père dans les
champs, et je recherchais pendant les jours de repos le livre qui avait
marqué mes jeunes années en vain … pourquoi je vous
dis tout ça ? Car c’est là que tout commence, pas seulement ma vie
mais mon drame aussi.
Un beau matin je me levai comme d’habitude à 7h30 , mon père
m’avait pourtant donné ma journée de repos (ce qui était rare) mais
j’avais un projet qui m attendait dans le garage. Avec Gaspard cela
faisait longtemps que l’on travaillait dessus. Tous les dimanches avant
et après la messe on se donnait rendez-vous pour continuer quelques
heures notre bel ouvrage. Mon père nous avait appris les bases du
bricolage ; il était très doué pour ça il faut dire qu’avant de
reprendre la ferme de son père il avait travaillé à Renault comme
mécanicien. Il nous donnait d’ailleurs un coup de main de temps en
temps pour notre invention : un vélo à moteur. L’idée était
originale et très pratique, Gaspard en avait même parlé à son oncle
Eric qui était directeur technique d’une entreprise qui s’appelait
Motobécane. Avant la fin du travail il voulait déjà nous l’acheter avec
les plans, il nous disait même qu’il nous donnerait un travail haut
placé dans son entreprise. C’est comme ça que je suis devenu monteur à
la chaine pour ma propre invention, le plus bas niveau de l’échelle
avec la femme de ménage !
A 18 ans et au grand désarroi de mon père je reçu une lettre de mon
grand ami Gaspard qui, après avoir tenté sa chance à la capitale,
voulait y fêter sa réussite. Il s’était lancé dans la musique avec ses
frères. Il me proposait un poste de machiniste pour leur groupe. Cela
tombait à pic, je voulais voir du pays. Je démissionnai de Motobécane
et réunis mes affaires dans un grand carton qui était à l’origine ma
boîte à jouet, ma mère insista pour le boucler. Je ne pris même pas le
temps d écouter sa grande nouvelle et partis avec cette étrange
phrase qu’elle avait formulée « tu le sauras en arrivant là bas de
toute façon » .C’était le père de Gaspard qui m’emmenait, nous
prenions tout d’abord la voiture puis le train. Ce fut long mais fort
heureusement pour moi j’avais un livre, ce n’était toujours pas celui
que je cherchais mais il me convenait bien. Nous étions arrivés à Paris
dans la soirée. En sortant du train je fus bousculé, écrasé tout me
semblait étranger et pourtant la silhouette au loin était celle de mon
meilleur ami et bien que son look et sa coupe de cheveux aient changé,
c’était bien lui, Gaspard. Il nous emmena à quelques rues de là dans
une belle maison.
J’eus à peine le temps de poser mon carton dans la
fabuleuse chambre où j’étais convié à dormir quand quelqu’un frappa à
la porte. C’est alors qu’entra et se présenta Odile, ce fut l’un de ces
moments où les secondes paraissent des minutes et où l’on sent son
teint rougir vif sans pouvoir rien faire, et comme la plupart des gens,
je fus terriblement gêné pour dire mon prénom. D’ailleurs vous ne savez
toujours pas comment je m’appelle ! ce n’est pas grave on y
reviendra plus tard, j’étais donc en face de cet ange tombé du ciel,
ses cheveux étaient d’or, ses yeux bien que vides semblaient être bleu,
son sourire bête laissait apparaître ses magnifiques dents. Vous
l’aurez deviné, elle était belle mais semblait tout à
fait abrutie, enfin c’était ma première impression. Gêné par ce
sentiment, je compris soudain que nous devions descendre, tout le monde
semblait sur le départ, j’interrogeai Gaspard qui me répondit que nous
allions à un concert dans une petite salle du 10éme arrondissement.
J’étais au paradis, c’était mon premier concert, et bien que la musique
ne m’enchantait guère, je voulais à tout prix faire de nouvelles
expériences. Je n’eus pas grand souvenir de cette soirée. Je me
réveillai dans un hôtel avec comme seuls compagnons mon mal de crâne,
une belle nausée et de drôles de pilules sur mon lit.
Mon premier souci fut que j’étais totalement perdu, je ne
connaissais pas Paris et personne ne semblait se soucier de ce que
j’étais devenu. Le seul point positif était qu’il y avait un livre sur
le bureau, je dévorai ce roman avec l’insatisfaction de n’avoir
toujours pas trouvé le livre tant espéré celui-ci parlait d’un petit
garçon cherchant dans une boîte un secret, le reste n’était que des
détails sans importances . On me retrouva vers 17h, Gaspard m’emmena
tout de suite fêter un anniversaire dans un bar renommé tout était
encore flou dans ma tête je ne connaissais personne mais tout le monde
semblait me connaître. Les soirées, les concerts , les anniversaires se
succédaient, je me réveillais tous les matins dans un état lamentable ,
seules les petites pilules me maintenaient debout .Un jour alors
que l’on revenait quasi mort du bar où l’on avait fêté je ne sais quoi,
le ton monta entre moi et Gaspard je l’accusais de m’empêcher de dormir
et de lire , lui disais que je n’étais qu’un campagnard pauvre et bête
qui ne savait pas profiter de la vie . Nous avons fini par nous battre
comme deux ivrognes, on ne put pas vraiment élire un vainqueur mais je
me réveillai au petit matin la tête contre le trottoir, ma valise
que je n’avais toujours pas ouvert était à coté de moi . Il n’y avait
pas besoin de mots je savais ce qui me restait à faire : partir
loin , mais comment ? je n’avais ni argent ni contact seulement un
carton dont j’ignorais toujours le contenu , j’eus pourtant l’idée
saugrenue de l’ouvrir assis sur le bord du trottoir, les idées troubles.
Ce qu’il y avait à l’intérieur me terrifia , ce n’était qu’une
enveloppe et un livre mais pas n’importe quel livre , je ne pus
détacher mon regard de la couverture, j’avais l’air bête mais dans ce
moment aussi critique, c’était mon seul réconfort .Je décidai d’ouvrir
la lettre en premier, c’était ma mère qui l’avait écrite avec son
français approximatif, elle me signalait qu’elle était fière de moi et
que le livre joint saura illuminer ma journée. Cette lettre me montra à
quel point j’étais un imbécile et que je ne méritais pas de tels
parents .J’errai sans but pendant une heure puis je m’installai
sur un banc et commençai le fameux roman qui s’intitulait
« innocence pervertie ».
La boîte de Pandore -
par Albéric
2012.La fin du monde, le titre du film que je viens
de voir. Mais hélas, ce film n'était pas très intéressant,en même temps
j'aurais dû m'en douter . Un film sur la fin du monde , ce n'est pas le
premier et malheureusement pas le dernier . Encore une heure
trente de ma jeune vie gâchée !!
De retour à la maison ma mère alla prépare le dîner
. Quand à moi j'étais dans ma chambre posté sur l'ordinateur en
attendant le festin royal . En effet, ma mère a eu la bonne idée
de m'inscrire sur un site pour prendre des cours de grec .
C'est dans le but de parfaire ma culture à ce qu'elle dit : Mais
bon, pour moi, c'était plus pour m'empêcher de regarder la télévision
ou jouer aux jeux vidéos . J'en étais encore à apprendre l'alphabet et
je dois dire que c'est bien la langue la plus compliquée que je
connaisse . L'apprendre est assez facile, mais le plus dur pour moi
c'est l'écrire . Mais pour l'instant, << à table !>> .
Après un bon dîner, je me suis brossé les dents puis
je me suis couché . Quelques instants plus tard un violent orage
éclata. La pluie frappait mes vitres violemment, mais malgré tout ce
vacarme et la fatigue aidant je m'endormis . Le lendemain quand
j'ouvris mes volets le spectacle qui s'offrait à moi était un paysage
de désolation . Tout le quartier avait été touché par la foudre et la
tempête, nous étions les moins à plaindre, juste quelques tuiles
envolées . Hélas, certains de nos voisins avaient tout perdu . Je
décidai d'allumer la télévision pour prendre connaissance des
informations, mais nous n'avions plus d'électricité . Heureusement, mon
père avait une petite radio à piles . Les informations étaient
formelles c'était la pire tempête que la ville eût connue depuis des
siècles .
Suite à tous ces événements, et après une bonne
douche, je décidai d'aller voir si mes amis avaient été touchés par
cette catastrophe . Je sortis en courant , tout n'était que ravages,
arbres déracinés, voitures renversées, caves inondées, je poursuivis ma
route comme attiré par quelque chose . Enfin, j'arrivai au parc où
j'allais tous les jours pour retrouver mes amis . Et là, stupeur, le
parc était intact comme si la tempête l'avait épargné . J'étais
tellement surpris que je ralentis ma course et je regardais autour de
moi tout ébahi ce hâvre de paix parmi tant de bouleversements .
Et c'est là que sur le sol je vis une boîte, je m'en
suis approché, l'expéditeur était le musée National Archéologique
d'Athènes et le destinataire le musée du Louvre à Paris . Mes mains se
mirent à trembler . Quelque chose me disait de laisser ce colis mais la
curiosité était la plus forte, j'ouvris le carton . Du papier
bulle et de la paille recouvraient l'objet mystérieux . Je ne pouvais
plus faire marche arrière il fallait que je découvre ce que contenait
ce carton . Et enfin, je le tenais dans mes mains, c'était un coffret
ancien, recouvert d'or . Une inscription était finement gravée dessus
Κουτί της Πανδώρας je reconnus le grec ancien, mais mon envie de
découvrir ce que contenait ce coffret était la plus
forte . Le temps d'ouvrir le couvercle de la boîte la
traduction de la gravure arriva à mon esprit : PANDORE . Trop tard, je
fus saisi de tremblements, des images et des sensations horribles
s'ouvraient à moi, la vieillesse, la guerre, la famine, la misère, la
folie, le vice, la tromperie, la passion . Instinctivement je refermai
ce coffret maléfique mais le ciel s'assombrit, Mon dieu, qu'avais-je
fais ? Maintenant la nuit était tombée, pourtant il ne devait pas être
plus de midi, autour de moi plus un bruit, un sentiment horrible
m'envahit à cause de ma curiosité, j'étais responsable d'un terrible
chaos .
Puis mon corps était secoué comme bousculé par une
force étrange . J'entendais au loin une voix, mais que disait-elle ?
J'essayai malgré mon trouble de comprendre ce que cette voix me disait,
après m'être concentré, j'entendis mon prénom au loin, puis de plus en
plus fort et en fin, je reconnus la voix de ma mère, qui me secouait et
m'appelait essayant de me sortir de mon sommeil . Mes yeux s'ouvrirent,
et tout à coup, je regardai autour de moi, là, face à moi se trouvait
l'écran du cinéma de mon quartier : " 2012, la fin du
monde", j'eus du mal à réaliser mais la réalité me rattrapa .
J'étais bien assis dans un fauteuil du cinéma, ma mère à côté de moi .
Les gens étaient dans les allées et se dirigeaient vers la sortie .
Alors tout, cela n'avait été qu'un affreux cauchemar la tempête, la
parc, la boîte de PANDORE, les horribles images et sentiments qui me
hantaient encore, tout cela n'était qu'un cauchemar .
Je m'étais endormi
dés les premières minutes du film .
Sur le chemin du retour, j'appréciai tout ce qui
m'entourait : le chant des oiseaux, mon quartier avec ses belles
maisons et ses jardins fleuris . En traversant le parc pour arriver à
la maison les rayons du soleil réchauffaient doucement ma peau . Enfin,
j'arrivai chez moi . Ma mère me demanda d'aller faire mes cours de
grec, le temps de préparer notre dîner...
Naïve jeunesse - par Luc
Je suis un enfant de cinq ans, je suis précoce et je suis en train de jouer avec mes cubes.
Jonas ! crie ma mère. Ah, Jonas, tu es là ! Bon, ton père et moi, on va
devoir sortir pendant une petite heure, donc je compte sur toi pour
être sage ! Allez, à tout à l'heure !
Je suis un enfant sage qui sait attendre un peu plus longtemps que la
durée que fixent mes parents, donc je vais directement passer d'une
heure à une heure et demie.
Une heure est passée et je suis en train de me dire :
Hop ! On attaque les prolongations !
Il est onze heures et demie et je commence à avoir faim.
Tiens ! Je vais aller dormir un peu, du coup, maman me réveillera quand
elle rentrera pour me faire manger et, en plus, cela fera passer le
temps plus vite : c'est tout bénef' !
Sur ces mots, je pars me coucher sur le canapé et m'endors assez vite.
Lorsque je me réveille, maman n'est toujours pas rentrée !
Ou-la ! Je n'ai pas dû dormir longtemps : maman n'est pas encore
revenue. Bon ! Ce n'est pas grave ; je vais voir ce qu'il y a à la télé
ce soiaaaah ! !
Ce cri m'échappe lorsque je vois, sur la télé, qu'il est en réalité une
heure et demie : j'ai dormi deux heures ! Deux heures et maman n'est
toujours pas rentrée ! Elle qui ne dépasse jamais une marge d'une demie
heure !
Je m'inquiète. Je m'inquiète sérieusement ; je m'invente les pires
solutions possibles : elle s'est peut-être fait manger par un crocodile
ou enlever par des extra-terrestres...! Bref ! Mes parents ont disparu
et je suis en train de m'imaginer les pires stupidités qu'un gamin de
cinq ans peut débiter.
C'est simple : si, dans une heure, elle n'est toujours pas rentrée, je pars la chercher !
Une heure s'est écoulée. Entre temps, le stress m'a fait avaler tout le pot de Nutella et finir la bouteille de jus d'orange.
J'ai regardé la pendule, mis mes chaussures et je suis sorti comme un
boulet de canon, en criant comme le petit débile qu'on est à cinq ans :
Yaaaaaa ! Yaaaaaa ! Maman ! Maman, j'arrive ! Maman, je vais te sauver ! Yaaaaaa !
Je cours, je cours, je cours.... et je me vautre dans l'herbe, en me
prenant le pied dans une racine. Je me relève et observe ce qui
m'entoure : j'ai traversé le chemin de la maison, un champ de maïs et
suis arrivé dans une prairie de hautes herbes. En face de moi se trouve
une boîte, une grosse boîte en carton, dans laquelle je pourrais tenir
facilement.
Je décide de l'ouvrir : prudemment, je l'entr'ouvre, pour constater qu'elle est tout simplement...vide !
Soudain, l'idée que les extra-terrestres, qui ont peut-être enlevé
maman, sont en train de me chercher, frappe mon esprit et, en moins de
temps qu'il n'en faut pour le dire, j'entre dans le carton, puis
referme le couvercle sur ma tête...et m'endors en moins de cinq minutes.
Tout à coup, le fond de la boîte s'ouvre et me propulse dans une
interminable chute. Je finis par m'écraser sur un gros pouf moelleux
qui semble avoir été placé là en fonction de la trajectoire de...moi !
Ce réveil brutal m'oblige à attendre quelques secondes avant de
parvenir à reprendre mes esprits. Une fois entièrement réveillé, je
constate que je suis entouré par des êtres verts, vêtus de jaune, avec,
sur la tête, une sorte de chapeau chinois, jaune, lui aussi. Ils ne
mesurent pas plus que moi et semblent impressionnés de me voir.
Je me lève et, illico presto, tous les petits lutins verts se mettent à
se prosterner devant moi ! Ils se mettent ensuite à m'acclamer tous
ensemble !
Gloire au Dieu Tombé du Ciel ! Gloire au Dieu Tombé du Ciel !
Quand ils disent « Tombé du Ciel », ce n'est pas tout à fait
vrai ! Nous nous trouvons dans un petit village sous terre et ce qu'ils
appellent « le ciel » est en fait le fond du carton qui
dépasse de la roche, au-dessus de nos têtes !
Je suis en train de scruter le plafond quand celui-ci se met plus ou
moins à bouger, à se déplacer... Je réalise alors qu'une dizaine de
lutins m'ont hissé sur une sorte de brancard royal sans que je m'en
rende compte !
Ils m'emmènent vers un bâtiment plus grand que les autres, où ils me
déposent avant de me conduire vers un autre lutin qui semble être leur
chef.
Bienvenue, Majesté ! dit-il.
Euh...Bonjour, petit Monsieur ! lui réponds-je.
Comment vous appelez-vous ? continue le lutin.
Je m'appelle Jonas, mais ma maman m'appelle Jojo.
Je suis content que vous soyez enfin là ! Cela fait plus d'un siècle
que notre peuple vous attend ! commence à expliquer le lutin.
Mais, je n'ai que cinq ans, moi ! !
Ce n'est pas grave. Maintenant que vous êtes là, on ne va pas se
prendre la tête avec les mystères du monde, n'est-ce pas ? Allez ! Nous
avons préparé un banquet en votre honneur.
Un quoi ? demandé-je, un peu surpris d'avoir appris un nouveau mot.
Un grand repas, quoi ! répond presque nerveusement le lutin, affligé par ma réflexion.
Génial ! J'ai super faim !
Les lutins m'ont remis sur le brancard et m'emmènent vers une très longue table, où tous les autres lutins sont déjà installés.
Leur chef me montre ma place, en bout de table et deux lutins m'asseyent.
Sur la table, il n'y a que deux plats différents. Je prends une assiette et demande au chef ce que c'est :
Ah, ça, ce sont des grillades de vers de terre ! Goûtez ! C'est délicieux !
Je ne savais pas que les vers de terre se mangeaient ! Et ça ? C 'est quoi ?
C'est du steak de taupe ! C'est le plat préféré de notre communauté. Il
faut que vous goûtiez ! En fait, on ne trouve que ça ici, alors, c'est
simple : si on n'aime pas, on meurt de faim, mais, bon...cela arrive
rarement !
Au moment où je vais mettre un morceau dans ma bouche, le sol se met à
trembler. Lorsque cela s'arrête, un fragment de roche tombe dans
mon verre : une grosse fissure est apparue dans le plafond !
Mais qu'est-ce qui se passe ? crie le chef des lutins.
Le sol tremble à nouveau et de grosses pierres commencent à tomber du
plafond, écrasant des lutins, détruisant les maisons ; j'entends crier :
Sauvez-nous, Dieu Tombé du Ciel ! Sauvez-nous !
À ce moment, une voix commence à m'appeler :
Jonas !
C'est la mort qui m'appelle ! Et les rochers continuent de tomber.
Jonas !
C'est la mort ! Elle vient me chercher !
Soudain, une pierre plus grosse que les autres se détache juste
au-dessus de moi : elle a une étrange forme de main et me tombe dessus
à toute allure !
Jonas !
Cette voix ! Cette voix qui m'est de plus en plus familière et qui ne cesse de m'appeler !
Au moment où la pierre va m'écraser, je me réveille en sursaut et je vois ma mère en train de me secouer comme un milk-shake :
Oh ! Jojo ! Ça va ? Je suis désolée : on a crevé et on n'a pas pu être dépannés ! Allez, viens ! On rentre à la maison !
Elle me sort du carton et me prend dans ses bras.
Papa ! Papa ! N'oublie pas la boîte !
Mon père prend le carton et nous rentrons chez nous.
Depuis, je dors dans un carton et je mange des vers de terre.
Qui ? Pourquoi ? Comment ? - par Thibault
Il rentra dans l'église, lui aussi,
pourquoi le suivait-il? Qu'est-ce qu'il avait fait? L'homme qui était
suivi avait l'air plutôt mince, frileux, craintif... Tout le contraire
de l'homme qui le suivait, d'ailleurs je suis un peu intimidé, il fait
peur, sa carrure empêche les rayons du Soleil, passant à travers les
vitraux, de m'atteindre, l'homme en question est habillé tout en noir,
costume noir, lunettes noires, veste noire, cravate noire, chaussures
noires...
"Plus sombre que lui? Y'a pas!" me dis-je en rigolant, enfin y'a pas de
quoi rigoler, suffit juste de croiser son regard pour savoir qu'il
n'est pas venu plaisanter, ni même prier; Faut dire, moi non plus, je
ne plaisante et ne prie pas, j'suis juste ici parce que ma mère veut
parler au curé, et qu'elle ne voulait pas me laisser seul à la maison,
comme-si je ne savait pas me débrouiller... J'ai 6 ans pourtant, j'ai
l'âge qu'il faut!
Enfin Bref !... L'homme en noir se
dirigea vers un des bancs tout devant, il s'assit près de l'autre près
de l'autre homme, ils discutèrent, puis se levèrent tous deux et
partirent en direction de la grande port d'entrée, et donc dans ma
direction par la même occasion, j'essayais tant bien que mal
d'identifier leurs visages, mais rien à faire, j'arrivais à peine à les
mémoriser, cependant plus je regardais le visage de l'homme soi-disant
craintif, plus celui-ci me disait quelque chose.
Ils ouvrirent la grande porte et
repartirent comme ils étaient venus, sans bruit... Curieux comme je
suis, je me mis à suivre les deux hommes, mais à peine m'étais-je mis à
avancer que ma mère me rattrapa par le col, me ramenant sur place en me
disant tout bas:
"Une petite minute jeune homme ! Tu restes avec moi !
-Mais maman... J'ai mal au ventre, faut qu'j'aille aux toilettes !
-Tu peux te retenir !
-J'peux pas !
-Mais c'est pas vrai... Bon va chez Frédéric, il habite juste à côté,
sois poli en lui demandant si tu peux utiliser ses toilettes et surtout
n'oublies pas de...
-Oui, je sais... T'inquiètes, t'arrêtes pas de me dire les mêmes choses... Je serai prudent..."
Je commence alors à me diriger vers la
grande porte, je l'ouvris discrètement. Me voilà dans la rue, à
chercher du regard les deux hommes.
"Où sont-ils passés ?" me dis-je.
Scrutant le place de l'église, je cherchais, je regardais, j'inspectais
le moindre recoin jusqu'au moment où je vois cette voiture noire,
dedans se trouvait les deux hommes, et autour trois autres en train de
surveiller les alentours.
C'est alors que les deux hommes sortirent,
l'un d'entre eux ouvrit le coffre de la voiture, il tira une sorte de
grande boîte, les trois autres hommes l'aidèrent à la porter, ils
prirent chacun une poignée et commencèrent à la soulever, ils la mirent
sur leurs épaules et se dirigèrent vers la grande porte de l'église,
soigneusement ouverte par cet homme craintif qui soit dit en passant me
rappellais de plus en plus une personne que je connaissais.
Je regardais alors dans l'église, tout
le monde était maintenant debout, et chose curieuse que je n'avais pas
remarqué tout a l'heure, ils étaient tous habillés en noir, les larmes
aux yeux, dès lors, j'ai eu une drôle d'impression, j'avais peur de
savoir ce qu'il pouvait y avoir dans cette fameuse boîte.
Je vis ma mère, elle me fit signe de la
rejoindre, puis après un incessant discours, deux des hommes en noirs
ouvrirent cette boîte, dedans un corps... Inerte... Sans vie... Je
partis en direction de la boîte, plusieurs personnes faisaient alors la
queue, je me mis derrière avec ma mère, et nous attendîmes, nous nous
rapprochions de plus en plus de la boîte, jusqu'au moment où se fut
notre tour de regarder ce qu'il y avait dedans, enfin je le savais
déjà, de loin j'avais déjà pu le remarquer, mais lorsque je vis
réellement la personne qu'il y avait dedans, ce fut comme un choc...
C'était mon meilleur ami, je compris alors un bon nombre de choses, par
exemple que parlait au curé, était une excuse inventée pour me faire
venir ici, que l'homme soi-disant craintif était le père de mon
meilleur ami, et que d'ailleurs il était loin d'être craintif, mais
plutôt malheureux, je compris également que les hommes en noirs étaient
des sortes de croque-morts, et non pas des mafieux comme j'ai pu
m'imaginer...
Qui ? Mon meilleur ami.
Pourquoi ? Un simple accident.
Comment ? Une voiture l'a percuté pendant qu'il traversait la route.
Rêve ou réalité ? - par Guillaume T.
Huit heures. Jeudi, un soleil tapant, sous un grand et vieux
saule pleureur et derrière les pleureurs, mes parents, mon frère, un
tas d'autre personnes de ma famille et moi, aux funérailles de mon
cousin, dont je n'ai plus que de vagues souvenirs car nous habitions
loin de l' un de l'autre et qu'on ne se voyait que très rarement à
l'occasion de rassemblements familiaux.
Il a perdu la vie depuis peu, j'ai vingt-cinq ans et lui en avait vingt-sept.
Dans son testament il y a une sorte de carte et une photo qu'il me lègue.
Sans y prêter attention je la range dans le tiroir du buffet du couloir.
Quelques semaines plus tard, alors que je rentre de soirée, j'entends
un bruit, après avoir fait le tour de la maison, je vois le tiroir du
buffet ouvert, quelques papiers par terre, seule la carte et la photo
était encore là.
Je crus d'abord à un cambriolage mais après avoir vérifié, je me rendis
compte que rien n'avait disparu. Puis je vit une lumière jaillir du
tiroir. Mes premières réflexions furent « promis, des demain
j'arrête de boire et de fumer ». Fatigué j'allai me coucher. Le
lendemain matin ayant mal dormi à cause de cette histoire j'étais
encore fatigué, mais je pris la carte dans mon sac et regardai la
photo, je reconnus sa maison dans les Landes. Je partis alors pour y
aller même si la route était longue ( environ cinq heures ). Après deux
heures de route je m' arrêtai pour prendre un café, puis je repris
aussitôt la route.
Une fois arrivé je me dirige vers une vaste forêt dans laquelle je
voyais au loin une forte lumière. Le soleil est au plus haut, l'été et
la chaleur du sud se font ressentir, tandis que j'avance dans cette
forêt qui devient de plus en plus dense à mes yeux.
Je continue d'avancer et la lumière s'amplifie jusqu'à m'éblouir.
Je continue à avancer et frissonnant, pris par des sensations étranges,
je tremble de peur ou d'autre chose, à vrai dire, je n'en sais rien.
Je ne savais plus où j'allais, j'essayais de marcher le plus droit possible car je n'y voyais plus rien.
J'entendais un son doux, une mélodie agréable, qui me relaxait et
m'enlevait mes peurs, mais celle-ci ne dura qu'un instant je me
demandais même si elle ne venait pas de ma tête, si je n'étais pas
devenu fou.
Ma vision revint, j'étais dans une clairière, un enfant se tenait a
côté de moi, il était petit, blond je lui aurait donné sept ou huit ans
maximum. Il me prit la main et me demanda de le suivre en m'appelant
par mon prénom, je fut surprit mais sans savoir pourquoi je le suivait.
Soudain, il disparut et je le vis plus loin dans la clairière a côté
d'une grosse boîte blanche il me cria de le rejoindre.
Je me mit à courir et là un grand « BAM » retentit dans la forêt, une chute.
L'amulette maudite - par Guillaume L.
Je regardais mon nouveau collier avec fascination.
Je l’avait trouvé dans un vide grenier, dans une boîte abandonnée là
dans l’herbe, il n’y avait personne autour, alors je l’ai prise.
Pendant que je le regardais, j’entendis un bruit… Je n’eus pas le temps
de plonger en avant : la fenêtre projetée par un courant d’air me brisa
le dos ! Peu de temps après avoir précautionneusement fermé la fenêtre
et pensé mon dos, je pris la direction de la cuisine pour prendre
mon goûter. Alors que j’allais me couper une part de gâteau au chocolat
le couteau m’échappa des main pour se planter droit entre mes jambes !
Mais quel maladroit je fais !
Tout en dégustant ma part, je sortis dehors pour me changer les idées, perturbé je pris la direction du parc.
Je me posai sur un banc pour finir ma friandise, mais au moment où je
m’assis deux lattes du banc cédèrent, brisées en deux : j’étais bloqué
! Le banc bascula alors en arrière et je dégringolai la pente avant de
me retrouver au fond du lac. Je commençai a manquer d’oxygène, mais je
n’arrivais toujours pas à sortir. Je crois que le destin m’as vraiment
pris pour un c** ! Une mort aussi ridicule ne pouvait pas exister ! Je
pris les dernière forces qui me restaient et parvins à me dégager du
banc, puis remontai a la surface. Ouf je l’ai échappé belle !
Furieux je pris le chemin de la maison pour me changer. Alors que je
longeais le parc pour prendre la rue des Quolibets, deux énormes chiens
hurlèrent juste a côté de moi ! Pour une fois j’ai de la chance : les
deux énormes chiens étaient attachés plus ou moins solidement à l’aide
d’une chaîne. Je crus que le cercle vicieux prenait fin. Pitoyable ! A
peine je me réjouissais je me fis bombarder de crottes de pigeons !
Ras-le-bol ! C’était ce collier qui était responsable de tout ! Depuis
que je l’ai tout va mal ! Il fallait que je m’en débarrasse , et au
plus vite ! Je le lançai de toutes mes forces dans le parc mais c’était
bien futile, car la ficelle s’accrocha dans la branche la plus proche !
Au moment où je le décrochai, j’entendis un énorme craquement et puis
plus rien … je venais de me prendre une grosse branche sur la tête. Ce
maudit bijou ne voulait pas me quitter si vite !
Quand je repris connaissance j’avais un mal de crâne pas possible, mais
le pire par-dessus tout, les deux énormes chiens étaient devant
moi. Je sais que le monde est injuste, mais pas à ce point-là ! Je
saisis la branche et repoussai les deux bêtes grognant comme des
fauves. Tout d’un coup, une énorme écharde me transperça la main et me
fit lâcher le bâton. Je n’eus pas le temps de me plaindre je devais
fuir !
J’entendais le raclement des chaînes qui balayaient le sol. C’est que
ça court vite un chien ! Je grimpai sur la première poubelle que je
vis, et au moment où je voulus monter sur le toit du garage, le
couvercle de la poubelle se brisa et je tombai la tête la première sur
le bitume en m’ouvrant le crâne. C’était la fin : les chiens se
jetaient sur moi et commençaient à me déchiqueter. Au moment où l’un
d’eux m’arracha la gorge, je lâchai le collier . La dernière chose que
je vis de mes yeux révulsés fut une forme lumineuse ricanant sortant de
l’amulette et me regardant :
- Ha, comme c’était drôle, mais maintenant c’est à ton tour ! Hurla-t-elle en s’envolant vers le ciel.
Je sentis un déchirure en moi, mon âme s’arracha de mon corps, je vis
les chiens en train de dévorer mon pauvre corps inerte, ou du moins ce
qui en restait. Je fus précipité dans le collier et piégé dedans.
Pourquoi moi ? C’était injuste ! Je déteste le destin, je déteste tout
le monde ! Après avoir roulé, je tombai dans le caniveau et fus emporté
par le courant du sang : je me dirigeai alors vers une proie innocente
pour me venger, pour recracher toute ma haine, c’était la seule issue.
Je dérivai alors dans les égouts et débouchai dans un fleuve, avant
d’être recueilli par une petite fille qui faisait du bateau avec sa
mère.
Les mensonges de Mme Goya - par Hermann
À chaque fois que les carottes remontaient à la surface de la cocotte,
je les repoussais vers le fond en les écrasant. La recette le
précisait : les carottes devaient être bien cuites. Isabella me
regardait d’un air narquois : « tu n’es vraiment pas doué
pour la cuisine, hein ? »
Au moment où j’allais répliquer d’un coup de cuillère a soupe sur sa
tête, le téléphone sonna. Tout à coup, le rythme de mon cœur
s’accéléra. Oui, car je me doutais bien qui pourrait être de l’autre
côté de la ligne. La veille s'était produit un évènement impensable au
lycée. Mme Goya devait nous rendre nos contrôles de français. Ils
étaient très importants car ils allaient jouer un rôle déterminant dans
nos moyennes. Il se trouvait que cette enseignante ne m’appréciait
guère. C’est d’ailleurs la seule raison que je trouvais pour expliquer
l’immonde acte qu’elle a fait. Mme Goya rendit donc tous les contrôles…
tous excepté le mien. Sans attendre que je la questionne, elle me dit
que je récupèrerais mon devoir à la fin de l’heure. J’attendis donc
patiemment. Au retentissement de la cloche, je me précipitai vers son
bureau pour récupérer ma feuille… Ah ! Mon dieu quelle
erreur ! Dès que je touchai la feuille, son regard me foudroya. Je
compris tout de suite qu’elle n’avait pas apprécié mon geste. Soudain,
elle se jeta sur son bureau avec l’intention de
« m’arracher » le feuille, ce que je compris immédiatement
et, d’un geste habile, esquivais toutes ses tentatives de
réappropriation de la feuille. Ce qui, d’ailleurs l’exaspéra encore
plus. En comprenant mon intention de refus de lui donner ma copie, elle
se jeta aussi brutalement qu’énervée sur moi. Nous avions une telle
volonté de mettre la main sur cette maudite copie qu’elle se déchira…
Un grand et long vide s’installa dans la salle… tout à coup, Mme Goya
rompit ce silence de plomb et cria : « Comment avez-vous osé
M. Kamanou ! Vous m’avez tenu tête, vous êtes un insolent, un mal
élevé, un voyou, arrogant, mal appris ! Mais ce geste ne va
guère rester impuni ! Vous n’allez pas vous en sortir
indemne ! Je vais prévenir votre CPE ; le proviseur ;
votre père ; votre mère, je demanderais un conseil de
discipline ! Je m’arrangerai pour que vous soyez définitivement
renvoyé du lycée Hector Berlioz que vous ne méritiez jamais
d’intégrer ! Je suis outragée ! Choquée !
Troublée ! De quel droit osez-vous me pousser !? Vous m’avez
profondément déçu bien que j’aie toujours pensé que vous ne valiez
rien ! Eh bien je n’ai pas eu tort ! »
Un deuxième silence s’installa puis, tous les élèves ainsi
qu’elle-même sortirent de la salle, me laissant seul à mes pensée. Sur
le chemin de mon domicile, je songeais, encore et encore… Toutes sortes
de pensées envahissaient mon crâne, les paroles prononcées par Mme GOYA
tournaient en boucle dans ma tête. Je ne parvenais pas à m’expliquer le
mensonge qu’avait inventé cette prof. Je la maudis. Ses dires me
tourmentaient et m’obsédaient. J’avais grand besoin de me vider la tête
et de changer d’air. J’allai donc chez Moe, boire un verre avant de
rentrer chez moi. Rien de tel qu’un bon verre de Cognac pour se
remettre les idées en place. Ma mère m’attendait avec impatience et me
dit : » Mais Hermann ! Ou était tu passé ? Je
m’inquiétais ! »
« J’étais au bar m’man » lui dis-je d’un ton nonchalant.
« Comment s’est passée ta journée ? »
Suite à cette interrogation, mon cœur s’engloutit dans une détresse
indescriptible, je parvenais a peine a remuer mes
lèvres : »Je… Euh… c’était comme d’habitude
voyons ! »
Effectivement, j’avais menti, mais qu’auriez-vous fait à ma place !?
Suite à cette réponse, ma mère supputait qu’il s’était passé quelque
chose. Mais elle eut l’intelligence de ne pas m’en demander davantage
et je pris aussitôt congé. J’étais tellement mal en point que je
négligeai de jouer à ma PlayStation3, qui, pourtant jusqu’ici m’aidait
à mieux supporter mes difficultés, m’emmenait vers d’autre cieux, me
transportait dans d’autre univers… Je préférais même la douceur de mon
lit à la fermeté du sol sur lequel je courais d’habitude avec un
ballon. Je ne donnais plus d’importance à rien. C’est comme si tous mes
sens s’étaient envolés. Je n’entendais, ne voyais, ne sentais,
n’aimais, ne pensais plus rien. J’étais comme dans un trou noir, seul
au monde, seul sur cette planète. À force de me tourmenter, je finis
par m’endormir.
7h. La sonnerie assourdissante du réveil me réveille, je me lève en
sursaut. Ma mère me sert un cappuccino en me disant : » Tu
n’as même pas mangé hier soir, je suis venu dans ta chambre et n’ai pas
osé te réveiller. Es-tu sûr que tout va bien ? Le facteur est
passé ce matin, il y a un colis à ton nom, je ne sais pas pourquoi,
tiens ! »
Les mains tremblantes, je pris le colis et l’ouvris. Dedans se trouvait
une lettre de mon lycée qui disait qu’ils avaient le regret de me
renvoyer définitivement du lycée Hector Berlioz (comme me l’avait
promis Mme Goya). En la lisant à ma mère, mes yeux versaient des larmes
jusqu’à la dernière phrase qui disait que j’allais être envoyé au lycée
La Providence. C’était en quelque sorte un mal pour un bien car j’ai
toujours voulu intégrer ce lycée, mais je n’en avais pas eu la
possibilité l’année dernière. Je partis donc le lendemain avec ma mère
pour mon inscription. Mon adaptation fut assez rapide et je parvins
même à avoir mon bac avec mention… Comment ? Cet appel que ma mère
avait reçu ? Oh c’était juste mon
cousin !
La boîte - par Claire
Je m'appelle Ambre, j'ai 15 ans, j'habite à
New-York, enfin plus maintenant. Cette ville a changé en même temps que
cette Terre. Je vous raconte, un jour, il y a eu une tempête qui a
terrassé la Terre, des éclairs rouges sont apparus. Ils ont réduit une
partie des adultes en cendre, d'autres sont devenus des grumeaux, ce
sont des adultes gluants avec des bosses partout sur le corps, et
d'autres encore qui ont perdu leur mémoire. Tout ce qu'ils veulent
c'est nous réduire en esclavage. La végétation pousse deux fois plus
vite que la normale. Les voitures ont toutes disparu, là ou elles
étaient il y a des taches de fer figées au sol, on se déplace le plus
souvent à pied ou à cheval s'ils ne sont pas tous en liberté. Voilà ce
qu'est devenu la Terre.
Un jour sur notre île, celle où j'ai trouvé refuge
avec d'autres enfants, un petit garçon est arrivé de l'autre côté du
rivage. J'étais de garde ce jour-là, il est apparu comme ça. J'ai fait
sonner la cloche comme quoi il y avait un nouveau venu, puis je suis
allée à sa rencontre. Il devait avoir 12 ans. Il était terrorisé. Une
fois dans l'une des maison de l'île, il s'est calmé. Je lui ai demandé
d'où il venait et comment il s'était retrouvé là. Il me dit qu'il
habitait à New-York, qu'il est arrivé ici en rentrant dans une boîte en
carton et que pour arriver ici, il est tombé dans un trou et
« pouf », il se retrouve dans un autre univers. A la fin de
son long récit il me révéla son prénom : Gabriel.
Quatre ans plus tard, un homme, répondant au prénom
de Zedikus Chem, a pris le contrôle de notre monde. Cet homme a la
capacité de contrôler les esprits de tous les êtres vivants de ce monde
sauf nous les enfants. Nous avons trouvé une boîte, un jour. Elle
contenait autant d'anneaux que d'enfants. J'en pris deux, un pour moi
et un pour Gabriel. Quand je mis l'anneau à mon doigt, je sentis un
grand pouvoir en moi, si grand que j'ai eu peur de ne pas pouvoir le
contrôler. Puis cette sensation s'est dissoute peu à peu. Ces anneaux
que tous les enfants portent, les protègent de Zedikus Chem. C'est un
monstre, dès qu'il réussissait à s'emparer de plusieurs enfants, il les
enfermait et les torturait jusqu'à leur mort pour son simple plaisir.
Un jour, Gabriel décide de tuer Zedikus Chem. Il
tente de réveiller le pouvoir de l'anneau mais il ne réussit qu'à avoir
des maux de tête. Donc il décide d'aller trouver un adulte qui a gardé
toute sa tête après la tempête. Il se nomme Richard. Arrivé chez lui,
il a une discussion avec lui :
« _ J'ai besoin de ton aide Richard.
_ Pourquoi ?
_ Pour réveiller le pouvoir de l' anneau.
_ D'accord je vais t'aider … Mais, je voudrais que tu m'aides en retour.
_ Je suis entièrement à ta disposition.
_ Il faudrait que tu ailles me chercher
des provisions s'il te plait. Je commence à me faire vieux, tu sais.
_ J'y vais, pas besoin de tes arguments. »
Arrivé à la ville la plus proche, Gabriel et moi entrons dans la
première épicerie qu'on vit. Comme en ville, il n'y a plus personne
nous pouvions nous servir. Il prit beaucoup de boîtes de conserve,
pendant que je faisais le guet. Puis on repartit chez Richard. Le vieil
homme très content de ne pas avoir eu à faire ses provisions lui même,
décide alors de les aider.
Quelques jours plus tard, Gabriel n'arrive pas à
sentir le pouvoir de l'anneau. Pourtant, je vois qu'il y est presque
mais à chaque fois, il se relâche. Richard lui fait faire du sport pour
qu'il ait plus d'endurance. Mais rien à faire, il n'y arrive pas.
Pendant qu'il essaye de réveiller le pouvoir de l'anneau, Zedikus Chem
a encore frappé. Cette fois-ci, il a attaqué un village entier
d'enfants. Ce qui m'inquiète le plus, c'est qu'il a attaqué si près de
l'endroit où l'on se cache. Dans le village, il y avait nos amis qui
nous avait accompagné. Quand Gabriel l'apprit, il se mit en rogne.
C'est à ce moment-là que le pouvoir de l'anneau se manifesta. Je n'en
crus pas mes yeux, il avait brûlé la moitié de la forêt. Le pouvoir de
l'anneau s'était enfin réveillé, ce qui avait attiré Zedikus Chem.
Quand il fut devant nous, je criai à Gabriel de fuir mais, il ne bougea
pas d'un pouce.
« _ Tu vas mourir Zedikus Chem, pour tout ce que tu as fait.
_ C'est qu'on va voir, gamin! »
Ils commencèrent à se battre. Zedikus Chem est bien plus puissant que
Gabriel me dis-je intérieurement. Je n'arrête pas de lui dire de fuir
mais il ne m'écoute pas. Et là, il me dit :
« _ Ambre, tu te souviens le jour de notre rencontre.
_ Oui...
_ Ce jour là, je t'avais dit que je
suis arrivé ici en entrant dans une boîte. Si je meurs, promets moi de
trouver cette boîte et de rentrer dedans avec tous les autres enfants.
_ Je te le promets Gabriel.
_ Tu a été une vrai sœur pour moi. Adieu Ambre... »
Je n'eus pas le temps de lui répondre, il était déjà mort.
Je me mis à courir le plus vite possible en emmenant
le plus d'enfants que je pouvais avec moi. Pour les sauver de Zedikus
Chem et aussi pour tenir la promesse que j'avais faite à mon ami le
plus cher : Gabriel. Arrivée devant l'île, là où il était apparu
quatre ans auparavant : on se mit tous à chercher la boîte. Quand je la
vis, je me mis à appeler les autres, on y entra un par un.
On se retrouva dans une prairie, j'étais face au corps de Gabriel. Je
me mis à pleurer devant ce corps sans vie, pendant que les autres
enfants avaient réussi à détruire la boîte. La police arriva...
Quelques jours plus tard, la vie avait repris son cours.
Vendredi noir - par Thibault G.
Chers lecteurs, je tiens à vous avertir tout de suite que le récit que
vous vous apprêtez à lire est mon histoire et malheureusement elle est
très triste. Bonne lecture aux plus courageux d'entre vous qui
poursuivent ce qu'ils ont commencé.
C'etait un soir sombre, je sortais du lycée à dix-huit heures aprés une
longue journée de travail. Environ vingt minutes me séparaient de chez
moi. Par habitude j'attendais mon frére, mais voilà, cela faisait une
semaine que mon père et moi ne l'avions pas vu. Nous étions inquiet, la
police avait lancé des recherches. Je dus rentrer seul avec l'espoir,
l'infime espoir que je le reverrais bientôt. J'etais sur le chemin, je
jetai un rapide coup d'oeil aux vitrines des magasins de farces et
attrape qui alimentaient tous mes rêves. N'étant jamais rentré dans ce
magasin, je pris mon courage à deux mains et decidai d'y rentrer. En
passant la porte une odeur de renfermé me monta au nez, la boutique
était très peu éclairée. J'avançai dans le magasin en sillonnant les
rayons tous aussi bizarres les uns que les autres pour en vain trouver
un vendeur. Apparemment il n'y avait personne. Je faisais demi-tour pour
atteindre la sortie, quand soudain une personne ensanglantée me barra
la route, je poussai un cri terrifiant, reculai d'abord pour échapper à
cette vision horrible et quand elle s'avança vers moi je la repoussai
violemment. Je courus hors d'haleine vers la sortie. Elle était
échevelée, un mince cordon rouge autour du cou, les habits déchires. Je
n'avais jamais eu aussi peur, à tel point que je ne m'arrêtai de courir
qu'une fois arrivé chez moi. Une fois en lieu sûr dans mon salon, je me
servis une boisson chaude pour faire baisser la pression. Je me
demandai ce qui avait pu se passer. Avais-je rêvé, était-ce une
mauvaise blague du patron du magasin ?
Et pourtant ce visage, bien qu'ensanglanté et peu reconnaissable, me
paraissait familier. Mon pére n'était toujours pas rentré. « Il ne
devrait pas tarder » me dis-je, mais c'est seulement au bout d'une
heure, que je pris l'initiative de l'appeler au bureau: j'avais besoin
d'entendre une voix réconfortante.
-Allo Papa, quand est -ce que tu rentres ?
-Dans pas très longtemps dit-il avec une voix différente de la normale.
-Ça ne va pas ? As- tu des nouvelles ?
-Non, attends moi, je pars du bureau.
Je trouvai des milliers de raisons pour qu'il ait une voix comme ça,
toutes aussi sinistres les unes que les autres. Quand j'entendis la
porte claquer, je dévalai les escaliers et je ne pus m'empêcher de lui
sauter dans les bras. A la fin du repas, je montai me coucher, je
préparai mes affaires du lendemain pour la matinée de cours. Une fois
en bonne position pour dormir, je repensai à ce qui s'était passé dans
le magasin, ça me hantait, je cherchai une explication à cet événement
si étrange. Je décidai d'attendre une semaine pour voir si quelqu'un,
une radio ou une émission allaient parler d'un homme mort. Je
m'endormis avec beaucoup de mal.
Une semaine et un jour plus tard, puisque je n'avais rien entendu ou lu
dans les médias (et pourtant Dieu sait que j'avais guetté !) je décidai
de retourner au magasin . Une fois arrivé devant, le coeur battant à
mille à l'heure, je décidai de faire le tour du magasin. J'entendis des
voix plaintives qui appelaient à l'aide. Je me précipitai à
l'intérieur. Au coin du bâtiment, un homme était à terre , avec une
flaque ou plutôt un lac de sang autour de lui ! J'avançai avec prudence
et avec une certaine crainte aussi. Au milieu du bâtiment, une porte
s'ouvrit et un homme se planta devant moi. Pendant que j'étais en train
d'angoisser, cet homme rit. Je lui dis qu'il y avait un homme agonisant
derrière lui. Il rit de plus belle , il ne me prenait pas au sérieux.
Pendant cinq minutes je lui expliquai, rien ne changea sauf qu'il me
dit :
-Écoute, Petit, tu es près d'un magasin de farces et attrape, c'est normal de voir ça...
En fait c'est un nouveau concept que j'ai inventé il y a une semaine » ajouta-t-il très sérieusement.
Je restai bouche bée, ne sachant pas comment réagir. Cet homme venait
de démêler tous les noeuds de questions qui trottaient dans ma tête.
Dans les trente secondes qui suivirent sa déclaration, il m'invita à
l'intérieur du magasin, il avait dû voir que je me sentais mal.
C'était un tout autre magasin que celui dans lequel j'étais rentré
vendredi soir ; à l'intérieur l'odeur s'était changée en odeur de
voiture neuve, le magasin était éclairé à tel point que cela faisait
mal aux yeux . J'étais stupéfait : d'après lui, cela avait toujours été
ainsi. Comment l'expliquer ? Des milliers de questions s'entremêlaient
dans ma tête. Étais-je devenu fou ?
Avais-je tout rêvé ? Je laissai errer mon regard dans le magasin, sans aucune pensée. Mon
regard fut alors attiré par un minuscule point brillant sur le sol. En le regardant de plus près
je vis que c'était un morceau de cordon rouge.
Tout à coup je me rappelai un vieux souvenir d'enfance : une photo de mon frère et moi, tous
les deux portant un pendentif de fraternité accroché à un cordon...rouge .