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Train de nuit Ma cravate desserrée je me penchai par la fenêtre pour respirer un petit peu d’air pur. La nuit était claire et fraîche. Dans quelques heures le train arriverait à destination et j’entamerais ma nouvelle vie, loin de chez moi. Tout était calme dans les compartiments, les passagers conversaient ou lisaient les journaux où mon nom était sans aucun doute mentionné. Parfois des rires se faisaient entendre, mais il n’y avait rien de tout cela dans ma cabine. La soirée avait été longue et pénible; cette petite fête organisée par un couple de riches américains pour leur anniversaire ne m’avait pas vraiment réjoui. J’avais alimenté les conversations, plaisanté, mais au fond de moi je n’attendais que de retrouver le calme et la solitude de ma cabine où, trois jours durant, je me suis terré. Je dus même me trouver une nouvelle identité et un nom d’emprunt pour la fête, une fois de plus. Ce soir j’étais Norman Grayllor, avocat reconnu qui allait défendre un gros client à Moscou. Ils ne savaient pas que j’étais réellement Steve Johnson un ancien agent comptable, maintenant recherché pour homicide. L’air frais de la nuit me décoiffait et me piquait agréablement le visage. A tout moment, je redoutais l’arrêt du train; cette perspective me faisait trembler. Si seulement le train pouvait ne jamais s’arrêter, s’il pouvait continuer, coupé du monde extérieur, sa route toute tracée. Mais voilà, ce train-là allait bientôt entrer en gare. Je n’avais plus que quelques heures à passer ici, dans ce cocon qui me protégeait depuis trois jours. Mais le moment que je redoutais tant arriva. Des gouttes de sueur perlaient sur mon front. Le train était à l’arrêt. J’entendais des voix d’hommes. Il n’y avait aucun doute : des personnes étaient montées dans ce train. Je paniquai, mon regard fuyait dans toutes les directions, mon pouls s’accéléra, ma respiration devint courte et saccadée. Je commençai à rassembler mes affaires. Je devais fuir ! Les hommes semblaient s’approcher. Je pris mon argent, mes différents papiers, ma veste et ouvris la fenêtre du haut. Nous étions arrêtés dans un bois, ce qui serait idéal pour une fuite. Mais la fenêtre était trop petite et, au moment où j’allais casser la vitre à l’aide d’un tabouret, on frappa à la porte. Mon sang se glaça, le soleil venait de se lever… Z30 |
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