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Une gare sans retour


    Quand je fus montée dans le train, je mis peu de temps à trouver ma place. Nous étions deux dans chaque compartiment. Je mis mes valises sous ma banquette et j’entamai la conversation avec le jeune homme qui était assis en face de moi. Il se prénommait Gustave et il venait de Londres.
    Je trouvais que Londres était une très jolie ville où j’allais souvent faire les boutiques avec ma meilleure amie.
    Gustave me demanda ce qu’une jeune fille charmante comme moi faisait dans un train de nuit sans son fiancé. Hélas, je n’en avais toujours pas et ma tante me le répétait sans cesse. Elle disait : «  Tu n’as toujours pas trouvé l’homme idéal à ce que je vois », et je lui répondais toujours que je les faisais tous fuir… Et elle se mettait à rire aux éclats.
    J’allais justement lui rendre visite ; je ne me souvenais jamais du nom de sa petite ville. Gustave me demanda alors comment je faisais. Je lui répondis que je ne connaissais pas le nom de la ville, mais que je connaissais le chemin par cœur. Elle n’habitait pas très loin,  aux alentours de l’ancienne gare.
Mes yeux se tournèrent vers lui, il regardait par la fenêtre. A mon tour, je jetai un coup d’œil dehors et au loin nous pouvions voir le crépuscule tombant sur les paysages qui nous entouraient, c’était un spectacle magnifique.
« Je pense que nous aurons du beau temps », m’annonça Gustave et j’espérais qu’il avait raison.
Il commençait à se faire tard, je finis de lire la dernière page de mon journal et je dépliais ma couchette pour pouvoir dormir ; le trajet s’annonçait encore long et j’avais besoin de repos. Je dis bonne nuit à Gustave et m’endormis.
Quand je me réveillai le lendemain matin, le train roulait toujours et Gustave n’était pas présent dans le compartiment, ses bagages étaient toujours rangés sous sa couchette.
Je me levai et allai petit-déjeuner au wagon restaurant. Je ne croisai personne sur ma route et je ne vis aucun voyageur dans les compartiments. Je ne trouvai personne non plus au wagon restaurant.
Je me mis donc en quête de quelqu’un et je traversai alors le train dans toute sa longueur sans trouver aucun signe de vie.
Je m’arrêtai à l’arrière du train, dans le dernier wagon. Des traces de sang étaient présentes sur les fenêtres.
Toutes ces circonstances m’intriguèrent fortement.
U25