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Une occasion en or Dans
une douce nuit de septembre, au moment même où les animaux s’endorment
en toute quiétude, une lumière éclaire les arbres et les buissons qui
frétillent à notre passage. Cette nuit encore on peut dire que le train
plane au-dessus des rails comme pour ne pas déranger les habitants de
la forêt et qu’il annonce le début d’une longue nuit de sommeil. De
l’intérieur du 4ème wagon je ne peux pas distinguer le décor des
environs, seules des ombres m’apparaissent à travers la vitre. Mais si
on arrive à voir à travers la lueur faible qui se reflète et met en
évidence le visage terne, pâle et fixe qui est le mien, alors on peut
apercevoir les poteaux électriques qui passent à intervalles réguliers,
c’est la seule luminosité qui arrive à me distraire dans le wagon.
Malgré la fausse ambiance qui règne ici, j’arrive encore à rester
concentré sur mon objectif. Oui, car elle est là, toute proche, la
raison de ma venue dans ce train ou plutôt cette diligence mécanique,
ce cheval de fer qui fait le même trajet chaque nuit et qui va être
témoin d’une expérience qui va bientôt se dérouler. Oui j’espère que ça
va arriver, c’est obligé, c’est une occasion en or ! La première
dame de France qui part en Suisse avec toute une partie de sa fortune
et seulement quelques gardes du corps. Un butin très important, une
somme d’argent incommensurable ! Pour le moment tout se passe
comme prévu… On approche de la frontière franco-suisse, plus que
quelques minutes, je ne dois pas faillir, cela ne devrait pas tarder.
J’ai hâte… Ca y est ! la tension monte, le train ralentit et le
bruit des freins à la fois strident et puissant me parvient. La porte
du compartiment s’ouvre, un garde du corps habillé comme moi avance. Je
ne l’ai pas reconnu. En fait je ne l’avais jamais vu. Je vais pouvoir
faire mes preuves. Il avance, je distingue un objet brillant qui
dépasse de sa poche. Il avance. Ca y est, il faut agir. Il accélère,
madame de Bouvier tourne la tête. Il court. J’y vais ! J’avance
vers elle. Je m’élance vers lui et lui vers elle. J’ai le stress mais
je connais les mouvements par cœur. J’attrape son épaule et sa main, la
lumière s’éteint. K15 | |