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La nuit du silence

    Je me retrouvais à présent dans le train en direction de Paris. Dehors, il faisait encore nuit. Je pouvais voir le paysage défiler derrière la fenêtre.
    A l’intérieur du wagon dans lequel je me trouvais tout était calme. Une femme assise à quelques pas de moi lisait son journal sans se préoccuper de ce qui pouvait se passer autour d’elle. Assis en face d’elle, un homme semblait regarder dans le vide. Il n’avait pas l’air plus vieux que moi et portait un costume semblable au mien.
    Il n’y avait pas d’autres personnes dans ce wagon. Il faut dire que l’heure n’était pas propice aux voyageurs. Il devait être aux environs de trois heures du matin. J’avais pris ce train en urgence afin de retrouver ma tante souffrante à Paris. Je ne savais pas grand chose d’elle mais ma mère était très proche de sa sœur, je m’étais donc senti obligé de partir la rejoindre.
    Ma femme et mes enfants étaient restés à Tours.
    Je me retrouvais maintenant seul dans ce train où personne ne parlait, ni même ne bougeait.
    Quand soudain, le train s’arrêta net. Je fus projeté au sol. Ma tête heurta la première. Je restai immobile un instant. Je réussis enfin à me relever péniblement. Un filet de sang coulait le long de mon visage. Je regardai autour de moi, la femme s’était levée et l’homme aussi. Ils n’avaient aucune blessure apparente. Ils s’approchèrent de moi en murmurant : « c’est la fin ».

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