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Pour moi

    Tous les soirs, je rentrais en train chez moi, car je travaillais assez loin de chez moi. Je me retrouvais toujours dans le même wagon, avec la même femme. Elle avait toujours les mêmes habitudes, c’est-à-dire lire le journal, finir son travail sur son ordinateur portable.

    Elle ne m’adressait pas la parole, et moi je ne la lui adressais que très peu, j’étais timide, les rares fois où je lui parlais, c’était pour de brèves questions, comme l’heure qu’il était ou si elle allait bien. Elle y répondait et ça en restait là. Malgré le peu de fois qu’on discutait, j’étais de plus en plus attiré par elle. Et en plus, j’étais célibataire. Plus j’avais envie d’elle, plus je devenais timide, comme quelque chose que l’on désire que l’on ne peut obtenir.

    Alors je tentai d’éviter de la regarder, j’achetai des journaux, plusieurs journaux pour ne pas me concentrer sur elle. Mais le désir fut trop fort. Au bout de quelques mois, la tentation fut trop forte, je la pris en photo dès qu’elle entra dans le train. Je fis ça discrètement pour ne pas qu’elle s’en rende compte, sinon, elle aurait changé de cabine, voire de wagon. Une fois chez moi, dans mon petit appartement, je mis les photos sur l’ordinateur puis les imprimai. Maintenant, elle était même présente chez moi. Mais plus le temps passait, plus je me lassai de ces photos. Il fallait que je trouve de nouveaux moyens de me l’approprier. Alors, une fois, très discrètement, je lui coupai une mèche de cheveux, je la cachai dans mon portefeuille.

    Mais une fois, je l’entendis dire au téléphone portable qu’elle travaillerait ailleurs et qu’elle ne prendrait plus ce train. Je ne la reverrais plus. Il fallait que je me l’approprie, pour la garder toujours avec moi.

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