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La traversée fatale

    Je m'appelle John Brado, je ne vais pas vous raconter ma vie, cela vous n'en avez rien à faire. Je vais seulement vous parler de cette nuit où après l'avoir passée, j'ai décidé de ne plus jamais mettre les pieds dans un train.
    C'était la nuit du 12 février 1991, j'avais reçu trois jours auparavant une lettre de l'un de mes amis qui était mourant et désirait me voir. J'aurais pu prendre la voiture, mais avec mes idées idiotes de protéger la nature, je pris finalement le train.
    Nous étions quatre dans le wagon, moi, qui passais mon temps à regarder à l'extérieur, une belle dame qui ne levait jamais les yeux de son journal, un homme essayant vainement de séduire la demoiselle et un autre qui une fois entré dans les toilettes n'avait plus l'air de vouloir les quitter.
    À un moment, la femme leva la tête et alla en direction des toilettes, elle frappa à la porte et demanda :
- Excusez-moi, pouvez-vous sortir s'il vous plaît ?
    Il n'y eut aucune réponse, et au bout de nombreux mots poliment adressés au locataire des toilettes du train N°11 compartiment C, le "gentilhomme" eut l'idée de venir au secours de la belle. Cette fois, au lieu de frapper gentiment à la porte comme le faisait si bien la demoiselle, celui-ci n'hésita pas à frapper à coups de poings sur la porte et hurla à l'occupant qu'il enfoncerait la porte et que ce serait tant pis pour l'autre, s'il avait encore "le cul à l'air", il n'y a pas à dire, un vrai gentilhomme, très poli avec ça.
puisqu'il n'eut pas de réponse, le "gentilhomme" mit ses menaces à exécution. La porte craqua et la belle hurla ensuite. Je vins voir ce qu'il se passait et j'aperçus le locataire étendu sur le sol, avec un poignard planté dans le dos. L'imbécile de service s'approcha vers moi et me dit en rigolant :
- Il a bel et bien le cul à l'air, mais cela ne risque plus de le gêner !
    Je ne faisais pas attention à ce qu'il racontait. Je m'étais aperçu qu'un bout de papier était placé sous le cadavre. Il y avait écrit : "ceci est la première série de trois autres meurtres !" La demoiselle s'accrocha à mon bras, tandis que l'imbécile arrêta de rire et devint très pâle. Ceci devait être la seule chose qui me tira un sourire à ce moment-là.


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