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La cabine Il était 21h. Madame Fernandez était assise dans la cabine d’un vieux wagon de train en direction de St Paterne. Confortablement blottie dans un coin de la cabine, elle lisait son livre « Les morts parmi nous ». Sa tête appuyée contre la vitre froide, elle s’imaginait les scènes morbides de son livre. En face d’elle, dormait un grand homme barbu et robuste. On pouvait lire sur l’étiquette accrochée à sa veste : Docteur Chabal. Alors que le train défilait le long des champs humides, la campagne se fondait dans la nuit et le brouillard. Madame Fernandez regardant dehors repensait désormais aux événements de l’après-midi à la gare : la police armée en train de charger des sacs dans un des wagons, les gens qui couraient le long du quai pour rattraper leur train … Mais cette police permanente dans la gare , que faisait-elle là ? Une pièce de valeur ? Un chargement militaire ? Les questions lui traversaient la tête. La porte du wagon s’ouvrit et un policier entra . « Votre ticket et votre carte d’identité s’il vous plaît ». L’homme barbu se leva et prit sa valise pour y chercher son porte-feuille pendant que madame Fernandez présentait ses papiers. Quand elle leva la tête en direction du policier, un point rouge lumineux apparut sur son front… Madame Fernandez resta stupéfaite devant cette image. Le policier la regarda, l’air inoffensif. Quelques secondes après, le policier était allongé par terre, les yeux fermés et les vitres du couloir étaient teintées de rouge . Madame Fernandez hurla de terreur et le docteur Chabal resta immobile, la bouche entrouverte. On entendit le train freiner, les roues qui grinçaient le long des rails. Le train plongea dans le noir. Des faisceaux lumineux apparurent un peu partout le long du wagon et se baladaient de cabine en cabine, à la recherche de quelques têtes innocentes. Madame Fernandez se jeta à terre et se mit à ramper hors de la cabine, le long du couloir. Le docteur fit de même mais resta à l’intérieur. Déjà les morts jonchaient le sol. La porte du fond du couloir s’ouvrit lentement et l’on vit le bout d’une arme qui pénétra dans le wagon. Madame Fernandez mit sa tête dans ses bras et fit la morte. Une jeune fille à côté d’elle, gisait morte, une balle dans le torse. Elle était recouverte de sang ainsi que madame Fernandez. Ce qui donna l’impression que madame Fernandez était morte, elle aussi. Lorsque l’homme armé et encagoulé entra dans le couloir, il faisait wagon par wagon, vérifiant si il n’y avait pas de survivant. Il passa devant madame Fernandez sans faire attention à elle , et arriva au niveau du wagon du docteur Chabal. Une sorte d’explosion retentit et on entendit un rugissement terrifiant. Madame Fernandez ne put s’empêcher de se retourner. Elle vit le docteur Chabal en train d’étrangler et de marteler de coups de poing l’homme en cagoule. La porte de la cabine avait volé en éclats lorsque le docteur l’avait traversée pour se jeter sur son adversaire. Monsieur Chabal se redressa en laissant l’homme inerte les cervicales brisées. Chabal tendit la main vers madame Fernandez pour la relever.Ils étaient devenus deux témoins gênants. La porte du fond explosa et répandit des morceaux de bois partout. Trois hommes encagoulés apparurent dans l’encadrement de la porte. Ils tirèrent en rafales dans le couloir, afin d’éliminer toute trace de vie. Le docteur Chabal et madame Fernandez retombèrent l’un sur l’autre . Etaient-ils morts ? C7 | |