L'opération finale.

Aujourd'hui, cela fait trois mois que je suis enfermé dans cette prison. J'en ai encore pour cinq ans. Tout commencé il y a six mois à l'arrivée de Benji en ville. Dix ans, dix ans que nous nous n'étions pas parlé après la dissolution du groupe.

Chacun avait continué ses petites affaires seul excepté moi et quelques-uns. J'avais une famille et un bon emploi. En bref j'avais une bonne situation. Plus aucun contact avec le milieu louche de la société. J'étais redevenu un homme honnête. J'avoue que cette époque me manque parfois : les braquages, les opérations secrètes illicites...Pendant cinq ans, j'avais été ce que l'on peut appeler un "bandit".Mais avec l'arrivée de Benji en ville, je sentais que les choses allaient revenir dix ans en arrière.

Neuf heures du matin. Quelqu'un frappe à la porte. J'ouvre et je le vois. Là. Debout. C'était lui. Benji. Il avait pris un "coup de vieux". Sa barbe avait poussé, des rides commençaient à sculpter son visage. Il avait les yeux verts et ses cheveux étaient devenus à moitié gris. La quarantaine, quoi. Je lui servis une tasse de café et nous commençâmes à parler de la vie etc.

Il se mit à parler des souvenirs de cette époque. Jusque-là, ça allait mais il me demanda d'imaginer la vie si les activités n'avaient pas cessé jusqu'à aujourd'hui. Là, je sentis que tout ça n'était pas clair et je compris que Benji voulait recommencer. Au début, je ne voulais pas car j'avais reconstruit ma vie. En revanche, lui n'avait rien du tout.

Après deux heures de discussion, j'appris qu'il avait un cancer et qu'il ne lui restait plus longtemps à vivre "je vais crever comme un rat à cause de ce putain de cancer" qu'il disait. Pour ses derniers mois, il voulait réunir la bande et faire un dernier casse. L'apothéose avant la fin de sa vie. Il voulait braquer une banque à la "cow-boy" car autant que je m'en souvienne, il était fan des gangsters de western.

Je ne sais pas pourquoi mais j'acceptai. Peut-être par pitié. Tout d'abord, je devais faire le plus dur : retrouver tous les membres restants du groupe. Là, j'appris que certains étaient en prison ou que d'autres étaient morts à la suite d'accidents ou autre. Au total, nous étions cinq survivants sur dix. Par la suite nous devrions retrouver les armes cachées dix ans plus tôt dans une forêt à quatre cents kilomètres de là. Il nous faudrait vérifier leur fonctionnement ..."à chacun son arme"était notre règle, je ne sais plus pour quelle raison. Une fois réunis, nous avons fixé notre cible: la banque principale de la ville. Difficile mais pas infaisable. Pour réussir, il nous faudrait récupérer les plans du bâtiment et du système d'alarme. Les réflexes revenaient petit à petit. L'opération avait était baptisée : OPERATION FINALE.

En fait, je crois pouvoir dire que le butin ne nous intéressait guère. C'était plus pour l'honneur, le dernier casse. Il fallait que ça pète. Le plan établi était au point. On entre dans la banque à cinq minutes d'intervalle. Une fois tous à l'intérieur, on neutralise le système d'alarme et on ferme le bâtiment. On ouvre le coffre, remplit les sacs et on sort à toute allure avec la voiture qui nous attendra pile à huit heures trente pour la fin du casse. Ca y est. Le jour "j" est arrivé. Combien de fois me suis-je posé la question"est-ce bien ou mal?"Je ne sais actuellement toujours pas la réponse. Pour être franc, je crois que j'avais rêvé de reprendre du service. Sept heures du matin, quelqu'un frappe à la porte. Benji. Il devait m'emmener jusqu'à la banque où le rendez-vous était fixé. Huit heures. L'OPERATION FINALE commence. Je dégaine mon pistolet mitrailleur et tire une rafale histoire d'avoir une montée d'adrénaline. Je pulvérise le système d'alarme à l'aide d'une deuxième rafale . J'observai Benji et remarquai qu'il y avait en lui une joie intense que rien d'autre au monde ne pourrait lui procurer.



Denis DUPOND et Mehdi EL MERZOUKI

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