Des Ouvrages de l'Esprit, 24 (IV)
Arsène,
du plus haut de son esprit, contemple les hommes, et dans
l'éloignement d'où il les voit, il est comme effrayé
de leur petitesse; loué, exalté, et porté
jusqu'aux cieux par de certaines gens qui se sont promis de s'admirer
réciproquement, il croit, avec quelque mérite qu'il a,
posséder tout celui qu'on peut avoir, et qu'il n'aura jamais;
occupé et rempli de ses sublimes idées, il se donne à
peine le loisir de prononcer quelques oracles; élevé
par son caractère au-dessus des jugements humains, il
abandonne aux âmes communes le mérite d'une vie suivie
et uniforme, et il n'est responsable de ses inconstances qu'à
ce cercle d'amis qui les idolâtrent: eux seuls savent juger,
savent penser, savent écrire, doivent écrire; il n'y a
point d'autre ouvrage d'esprit si bien reçu dans le monde, et
si universellement goûté des
honnêtes gens, je
ne dis pas qu'il veuille approuver, mais qu'il daigne lire: incapable
d'être corrigé par cette peinture qu'il ne lira point.
Du mérite personnel, 15 (I)
Un
honnête homme se paye
par ses mains de l'application qu'il a à son devoir par le
plaisir qu'il sent à le faire, et se désintéresse
sur les éloges, l'estime et la reconnaissance qui lui manquent
quelquefois.
Du mérite personnel, 25 (I)
Un
homme libre, et qui n'a point de femme, s'il a quelque esprit; peut
s'élever au-dessus de sa fortune, se mêler dans le
monde, et aller de pair avec les plus honnêtes
gens. Cela est moins facile à celui qui est engagé: il
semble que le mariage met tout le monde dans son ordre.
Du mérite personnel,40 (VII)
Ménippe
est l'oiseau paré de divers plumages qui ne sont pas à
lui. Il ne parle pas, il ne sent pas; il répète des
sentiments et des discours, se sert même si naturellement de
l'esprit des autres qu'il y est le premier trompé, et qu'il
croit souvent dire son goût ou expliquer sa pensée,
lorsqu'il n'est que l'écho de quelqu'un qu'il vient de
quitter. C'est un homme qui est de mise un quart d'heure de suite,
qui le moment d'après baisse, dégénère,
perd le peu de lustre qu'un peu de mémoire lui donnait, et
montre la corde. Lui seul ignore combien il est au-dessous du sublime
et de l'héroïque; et, incapable de savoir jusqu'où
l'on peut avoir de l'esprit, il croit naïvement que ce qu'il en
a est tout ce que les hommes en sauraient avoir: aussi a-t-il l'air
et le maintien de celui qui n'a rien à désirer sur ce
chapitre, et qui ne porte envie à personne. Il se parle
souvent à soi-même, et il ne s'en cache pas, ceux qui
passent le voient, et qu'il semble toujours prendre un parti, ou
décider qu'une telle chose est sans réplique. Si vous
le saluez quelquefois, c'est le jeter dans l'embarras de savoir s'il
doit rendre le salut ou non; et pendant qu'il délibère,
vous êtes déjà hors de portée. Sa vanité
l'a fait honnête homme, l'a mis au-dessus de lui-même, l'a fait devenir ce qu'il
n'était pas. L'on juge, en le voyant, qu'il n'est occupé
que de sa personne; qu'il sait que tout lui sied bien, et que sa
parure est assortie; qu'il croit que tous les yeux sont ouverts sur
lui, et que les hommes se relayent pour le contempler.
Des femmes, I3 (I)
Une
belle femme qui a les qualités d'un honnête
homme est ce qu'il y a au monde d'un commerce plus délicieux:
l'on trouve en elle tout le mérite des deux sexes.
Des femmes,33 (VII)
Roscius
entre sur la scène de bonne grâce: oui, Lélie; et
j'ajoute encore qu'il a les jambes bien tournées, qu'il joue
bien, et de longs rôles, et que pour déclamer
parfaitement il ne lui manque, comme on le dit, que de parler avec la
bouche; mais est-il le seul qui ait de l'agrément dans ce
qu'il fait? et ce qu'il fait, est-ce la chose la plus noble et la
plus honnête que l'on
puisse faire? Roscius d'ailleurs ne peut être à vous, il
est à une autre; et quand cela ne serait pas ainsi, il est
retenu: Claudie attend, pour l'avoir, qu'il se soit dégoûté
de Messaline. Prenez Bathylle, Lélie: où
trouverez-vous, je ne dis pas dans l'ordre des chevaliers, que vous
dédaignez, mais même parmi les farceurs un jeune homme
qui s'élève si haut en dansant, et qui passe mieux la
capriole? Voudriez-vous le sauteur Cobus, qui, jetant ses pieds en
avant, tourne une fois en l'air avant que de tomber à terre?
Ignorez-vous qu'il n'est plus jeune? Pour Bathylle, dites-vous, la
presse y est trop grande, et il refuse plus de femmes qu'il n'en
agrée; mais vous avez Dracon, le joueur de flûte: nul
autre de son métier n'enfle plus décemment ses joues en
soufflant dans le hautbois ou le flageolet, car c'est une chose
infinie que le nombre des instruments qu'il fait parler; plaisant
d'ailleurs, il fait rire jusqu'aux enfants et aux femmelettes. Qui
mange et qui boit mieux que Dracon en un seul repas? Il enivre toute
une compagnie, et il se rend le dernier. Vous soupirez, Lélie:
est-ce que Dracon aurait fait un choix, ou que malheureusement on
vous aurait prévenue? Se serait-il enfin engagé à
Césonie, qui l'a tant couru, qui lui a sacrifié une si
grande foule d'amants, je dirai même toute la fleur des
Romains? à Césonie, qui est d'une famille patricienne,
qui est si jeune, si belle, et si sérieuse? Je vous plains,
Lélie, si vous avez pris par contagion ce nouveau goût
qu'ont tant de femmes romaines pour ce qu'on appelle des hommes
publics, et exposés par leur condition à la vue des
autres. Que ferez-vous, lorsque le meilleur en ce genre vous est
enlevé? Il reste encore Bronte, le questionnaire: le peuple ne
parle que de sa force et de son adresse; c'est un jeune homme qui a
les épaules larges et la taille ramassée, un nègre
d'ailleurs, un homme noir.
De la société et de la conversation,20 (I)
Rien
n'est moins selon Dieu et selon le monde que d'appuyer tout ce que
l'on dit dans la conversation, jusques aux choses les plus
indifférentes, par de longs et de fastidieux serments. Un
honnête homme qui dit
oui et non mérite d'être cru: son caractère jure
pour lui, donne créance à ses paroles, et lui attire
toute sorte de confiance.
De la société et de la conversation, 43 (I)
Cléante
est un très honnête
homme; il s'est choisi une femme qui est la meilleure personne du
monde et la plus raisonnable: chacun, de sa part, fait tout le
plaisir et tout l'agrément des sociétés où
il se trouve; l'on ne peut voir ailleurs plus de probité, plus
de politesse. Ils se quittent demain, et l'acte de leur séparation
est tout dressé chez le notaire. Il y a, sans mentir, de
certains mérites qui ne sont point faits pour être
ensemble, de certaines vertus incompatibles.
De la société et de la conversation, 79 (I)
Il
n'y a guère qu'une naissance honnête,
ou qu'une bonne éducation, qui rendent les hommes capables de
secret.
Des biens de fortune, 75 (V)
Mille gens se ruinent au jeu, et vous disent froidement qu'ils ne
sauraient se passer de jouer: quelle excuse! Y a-t-il une passion,
quelque violente ou honteuse qu'elle soit, qui ne pût tenir ce
même langage? Serait-on reçu à dire qu'on ne peut
se passer de voler, d'assassiner, de se précipiter? Un jeu
effroyable, continuel, sans retenue, sans bornes, où l'on n'a
en vue que la ruine totale de son adversaire, où l'on est
transporté du désir du gain, désespéré
sur la perte, consumé par l'avarice, où l'on expose sur
une carte ou à la fortune du dé la sienne propre, celle
de sa femme et de ses enfants, est-ce une chose qui soit permise ou
dont l'on doive se passer? Ne faut-il pas quelquefois se faire une
plus grande violence, lorsque, poussé par le jeu jusques à
une déroute universelle, il faut même que l'on se passe
d'habits et de nourriture, et de les fournir à sa famille?
Je
ne permets à personne d'être fripon; mais je permets à
un fripon de jouer un grand jeu: je le défends à un
honnête homme. C'est
une trop grande puérilité que de s'exposer à une
grande perte.
Un
homme de robe à la ville, et le même à la cour,
ce sont deux hommes. Revenu chez soi, il reprend ses moeurs, sa
taille et son visage, qu'il y avait laissés: il n'est plus ni
si embarrassé, ni si honnête.
Il
faut qu'un honnête
homme ait tâté de la cour: il découvre en y
entrant comme un nouveau monde qui lui était inconnu, où
il voit régner également le vice et la politesse, et où
tout lui est utile, le bon et le mauvais.
Il
n'y a rien qui enlaidisse certains courtisans comme la présence
du prince: à peine les puis-je reconnaître à
leurs visages; leurs traits sont altérés, et leur
contenance est avilie. Les gens fiers et superbes sont les plus
défaits, car ils perdent plus du leur; celui qui est honnête
et modeste s'y soutient mieux: il n'a rien à réformer.
Qu'un favori s'observe de fort près; car s'il me fait moins
attendre dans son antichambre qu'à l'ordinaire, s'il a le
visage plus ouvert, s'il fronce moins le sourcil, s'il m'écoute
plus volontiers, et s'il me reconduit un peu plus loin, je penserai
qu'il commence à tomber, et je penserai vrai.
L'homme
a bien peu de ressources dans soi-même, puisqu'il lui faut une
disgrâce ou une mortification pour le rendre plus humain, plus
traitable, moins féroce, plus honnête
homme.
(IV) Vous dites d'un grand ou d'un homme en place qu'il est
prévenant, officieux, qu'il aime à faire plaisir; et
vous le confirmez par un long détail de ce qu'il a fait en une
affaire où il a su que vous preniez intérêt. Je
vous entends: on va pour vous au-devant de la sollicitation, vous
avez du crédit, vous êtes connu du ministre, vous êtes
bien avec les puissances; désiriez-vous que je susse autre
chose?
(VII) Quelqu'un vous dit: Je me plains d'un tel, il est fier
depuis son élévation, il me dédaigne, il ne me
connaît plus. - Je n'ai pas, pour moi, lui répondez-vous,
sujet de m'en plaindre; au contraire, je m'en loue fort, et il me
semble même qu'il est assez civil. Je crois encore vous
entendre: vous voulez qu'on sache qu'un homme en place a de
l'attention pour vous, et qu'il vous démêle dans
l'antichambre entre mille honnêtes
gens de qui il détourne ses yeux, de peur de tomber dans
l'inconvénient de leur rendre le salut ou de leur sourire.
(IV) "Se louer de quelqu'un, se louer d'un grand",
phrase délicate dans son origine, et qui signifie sans doute
se louer soi-même, en disant d'un grand tout le bien qu'il nous
a fait, ou qu'il n'a pas songé à nous faire.
On loue les
grands pour marquer qu'on les voit de près, rarement par
estime ou par gratitude. On ne connaît pas souvent ceux que
l'on loue; la vanité ou la légèreté
l'emportent quelquefois sur le ressentiment: on est mal content
d'eux et on les loue.
De la Cour, 43 (I)
Ne parler aux
jeunes princes que du soin de leur rang est un excès de
précaution, lorsque toute une cour met son devoir et une
partie de sa politesse à les respecter, et qu'ils sont bien
moins sujets à ignorer aucun des égards dus à
leur naissance, qu'à confondre les personnes, et les traiter
indifféremment et sans distinction des conditions et des
titres. Ils ont une fierté naturelle, qu'ils retrouvent dans
les occasions; il ne leur faut des leçons que pour la
régler, que pour leur inspirer la bonté, l'honnêteté
et l'esprit de discernement.
De la Cour, 50
Pamphile ne
s'entretient pas avec les gens qu'il rencontre dans les salles ou
dans les cours: si l'on en croit sa gravité et l'élévation
de sa voix, il les reçoit, leur donne audience, les
congédie; il a des termes tout à la fois civils et
hautains, une honnêteté
impérieuse et qu'il emploie sans discernement; il a
une fausse grandeur qui l'abaisse, et qui embarrasse fort ceux qui
sont ses amis, et qui ne veulent pas le mépriser.
De l'homme 14 (I)
Il est difficile
qu'un fort malhonnête
homme ait assez d'esprit: un génie qui est droit et perçant
conduit enfin à la règle, à la probité,
à la vertu. Il manque du sens et de la pénétration
à celui qui s'opiniâtre dans le mauvais comme dans le
faux: l'on cherche en vain à le corriger par des traits de
satire qui le désignent aux autres, et où il ne se
reconnaît pas lui-même; ce sont des injures dites à
un sourd. Il serait désirable pour le plaisir des honnêtes
gens et pour la vengeance publique, qu'un coquin ne le fût
pas au point d'être privé de tout sentiment.
De l'homme, 155 (V)
Timon, ou le
misanthrope, peut avoir l'âme austère et farouche;
mais extérieurement il est civil et cérémonieux:
il ne s'échappe pas, il ne s'apprivoise pas avec les hommes:
au contraire, il les traite honnêtement
et sérieusement; il emploi à leur égard tout
ce qui peut éloigner leur familiarité, il ne veut pas
les mieux connaître ni s'en faire des amis, semblable en ce
sens à une femme qui est en visite chez une autre femme.
Des Jugements, 30 (VI)
Un homme de talent
et de réputation, s'il est chagrin et austère, il
effarouche les jeunes gens, les fait penser mal de la vertu, et la
leur rend suspecte d'une trop grande réforme et d'une
pratique trop ennuyeuse. S'il est au contraire d'un bon commerce,
il leur est une leçon utile; il leur apprend qu'on peut
vivre gaiement et laborieusement, avoir des vues sérieuses
sans renoncer aux plaisirs
honnêtes; il leur devient un exemple qu'on peut
suivre.
L'honnête homme
tient le milieu entre l'habile homme et l'homme de bien, quoique dans
une distance inégale de ces deux extrêmes.
La distance qu'il y a de l'honnête,
homme à l'habile homme s'affaiblit de jour à autre, et
est sur le point de disparaître.
L'habile homme est celui qui cache ses passions, qui entend ses
intérêts, qui y sacrifie beaucoup de choses, qui a su
acquérir du bien ou en conserver.
L'honnête homme est
celui qui ne vole pas sur les grands chemins, et qui ne tue personne,
dont les vices enfin ne sont pas scandaleux.
On connaît assez qu'un homme de bien est honnête
homme; mais il est plaisant d'imaginer que tout honnête
homme n'est pas homme de bien.
L'homme de bien est
celui qui n'est ni un saint ni un dévot, et qui s'est borné
à n'avoir que de la vertu.
De quelques usages, 37 (I)
Il y a depuis
longtemps dans le monde une manière de faire valoir son
bien, qui continue toujours d'être pratiquée par
d'honnêtes gens, et
d'être condamnée par d'habiles docteurs.
De quelques usages, 52 (VI)
Un coupable puni est un exemple pour la canaille; un innocent
condamné est l'affaire de tous les honnêtes
gens.
Je dirai presque de moi: "Je ne serai pas voleur ou
meurtrier." - "Je ne serai pas un jour puni comme tel",
c'est parler bien hardiment.
Une condition
lamentable est celle d'un homme innocent à qui la
précipitation et la procédure ont trouvé un
crime; celle même de son juge peut-elle l'être
davantage?
De quelques usages, 59 (V)
Titius assiste à
la lecture d'un testament avec des yeux rouges et humides, et le
coeur serré de la perte de celui dont il espère
recueillir la succession. Un article lui donne la charge, un autre
les rentes de la ville, un troisième le rend maître
d'une terre à la campagne; il y a une clause qui, bien
entendue, lui accorde une maison située au milieu de Paris,
comme elle se trouve, et avec les meubles: son affliction augmente,
les larmes lui coulent des yeux. Le moyen de les contenir? Il se
voit officier, logé aux champs et à la ville, meublé
de même; il se voit une bonne table et un carrosse: Y
avait-il au monde un plus honnête
homme que le défunt, un meilleur homme? Il y a un codicille,
il faut le lire: il fait Maevius légataire universel, et il
renvoie Titius dans son faubourg, sans rentes, sans titres, et le
met à pied. Il essuie ses larmes: c'est à Maevius à
s'affliger.
Des esprits forts, 22 (VII)
L'homme est né
menteur: la vérité est simple et ingénue, et
il veut du spécieux et de l'ornement. Elle n'est pas à
lui, elle vient du ciel toute faite, pour ainsi dire, et dans toute
sa perfection; et l'homme n'aime que son propre ouvrage, la fiction
et la fable. Voyez le peuple: il controuve, il augmente, il charge
par grossièreté et par sottise; demandez même
au plus honnête
homme s'il est toujours vrai dans ses discours, s'il ne se surprend
pas quelquefois dans des déguisements où engagent
nécessairement la vanité et la légèreté,
si pour faire un meilleur conte, il ne lui échappe pas
souvent d'ajouter à un fait qu'il récite une
circonstance qui y manque. Une chose arrive aujourd'hui, et presque
sous nos yeux: cent personnes qui l'ont vue la racontent en cent
façons différentes; celui-ci, s'il est écouté,
la dira encore d'une manière qui n'a pas été
dite. Quelle créance donc pourrais-je donner à des
faits qui sont anciens et éloignés de nous par
plusieurs siècles? quel fondement dois-je faire sur les plus
graves historiens? que devient l'histoire? César a-t-il été
massacré au milieu du sénat? y a-t-il eu un César?
"Quelle conséquence! me dites-vous; quels doutes!
quelle demande!" Vous riez, vous ne me jugez pas digne
d'aucune réponse; et je crois même que vous avez
raison. Je suppose néanmoins que le livre qui fait mention
de César ne soit pas un livre profane, écrit de la
main des hommes, qui sont menteurs, trouvé par hasard dans
les bibliothèques parmi d'autres manuscrits qui contiennent
des histoires vraies ou apocryphes; qu'au contraire il soit
inspiré, saint, divin; qu'il porte en soi ces caractères;
qu'il se trouve depuis près de deux mille ans dans une
société nombreuse qui n'a pas permis qu'on y ait fait
pendant tout ce temps la moindre altération, et qui s'est
fait une religion de le conserver dans toute son intégrité;
qu'il y ait même un engagement religieux et indispensable
d'avoir de la foi pour tous les faits contenus dans ce volume où
il est parlé de César et de sa dictature: avouez-le,
Lucile, vous douterez alors qu'il y ait eu un César.