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François Cavanna Les Ritals (1978) Le livre de poche, 283 pages |
Une macro-fiche de lecture proposée par Jesse Branger, 1ère STI microtechniques, janvier 2002 |
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Dans ce récit
autobiographique, Cavanna nous raconte sa vie entre six et
seize ans, à Nogent-sur-Marne.
Il
nous décrit le mode de vie des « ritals », d’où
ils viennent, leurs traits de caractère ; il fait une sorte de portrait
du « Rital ».
Il
raconte aussi les rapports difficiles entre son père et sa mère.
Mais il ne s’arrête pas là, il parle aussi de sa préadolescence
et de son adolescence : les jeux avec les gosses du quartier, les fugues,
les engueulades, les batailles parfois sanglantes dans le fort de Nogent,
les escapades avec les filles des environs, jusqu’à l’obtention
de son brevet, et le passage de son examen d’entrée dans les postes.
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thèmes principaux : l’enfance de Cavanna, la vie du père
thèmes
secondaires : la mère, les lieux, la vie et les mœurs de la communauté
italienne
* L’histoire
se situe principalement à Nogent-sur-Marne entre 1930 et 1940.
Cette période est placée entre les deux guerres mondiales.
Pour reconstruire la France détruite par la guerre de 1914-1918,
on fait appel aux immigrés, notamment à ces natifs d’au-delà
des Alpes, attirés par l’appât du travail et fixés
en banlieue, les Ritals.
* Le
père de François Cavanna s’appelle Louis (surnommé
« Vidgeon »), il est d’origine italienne. Il travaille dans
la maçonnerie. Il n’est pas compagnon, ni « garçon
», car il n’a plus l’âge, mais il est entre les deux. Cela
veut dire qu’il fait le travail d’un compagnon et qu’il touche le salaire
d’un garçon.
A
travers le texte, le portrait du père est plutôt précis,
on nous dit qu’il est petit, voire très petit, mais fort, trapu,
avec un gros ventre. Ses yeux sont bleus et ses cheveux blancs et fins.
Son physique est révélateur du métier qu’il exerce.
Psychologiquement,
c’est un homme épanoui, qui sourit facilement. L’auteur nous parle
du comportement de son père lorsqu’il rigole, il ne se gêne
pas pour rire dans la rue. C’est un personnage « nature » et
attachant.
Toutefois,
les relations qu’il entretient avec sa femme sont plus difficiles que celles
qu’il a avec son fils. L’enfant est spectateur de leurs disputes. A son
âge, il ne comprend pas pourquoi ses parents ne s’entendent pas,
et pense que peut-être son père aurait trompé sa mère,
mais cela reste une supposition.
Lorsqu’on
lit le livre on s’aperçoit que le personnage du père est
opposé à celui de la mère.
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Cavanna écrit en « avant-propos » du récit :
«
C’est un gosse qui parle. Il a entre six et seize ans. Pas moins de six,
pas plus de seize. Des fois il parle au présent, et des fois au
passé. Des fois il commence au présent et finit au passé,
et des fois l’inverse. C’est comme ça, la mémoire, ça
va ça vient. Ça rend pas la chose compliquée à
lire, pas du tout, mais j’ai pensé qu’il valait mieux vous dire
avant.
C’est rien que du vrai. Je veux dire, il n’y a rien d’inventé. Ce gosse, c’est moi quand j’étais gosse, avec mes exacts sentiments de ce temps-là. Enfin, je crois. Disons que c’est le gosse de ce temps-là revécu par ce qu’il est aujourd’hui, et qui ressent tellement fort l’instant qu’il revit qu’il ne peut pas imaginer l’avoir vécu autrement. »

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Le style de ce livre est vraiment particulier. L’auteur utilise un langage
parfois courant, souvent familier, il emploie aussi des termes grossiers.
Cavanna ne « pèse » pas ses mots. Il ne cherche pas
à remplacer un mot par un plus joli, il utilise le premier qui lui
sort de la plume pour montrer que c’est un enfant issu de la banlieue qui
parle.
Exemple
:« Ecrasée dans ses
haillons, puant l’huile de vidange et la pisse de vieillards refroidie,
elle attend les promoteurs aux beaux costards qui vont y planter leurs
icebergs d’aluminium… N’y allez pas ! Nogent est laid ! Nogent est con,
Nogent est mort. »
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Cavanna donne un effet plus réaliste à son texte, lorsqu’il
fait parler son père par exemple. Il fait apparaître l’accent
« rital » dans l’écriture. Et là où ce
livre est bien fait, c’est que l’auteur nous explique d’abord ce qu’il
écrit, il explique la prononciation que doit avoir une lettre (dans
le chapitre « Le bon air »). Cela donne un effet plus authentique
au texte.
Exemple
:« ma qu’est-ce que t’as
bisoin des nouméros ? Tou régarde combien qui y a les branches,
et vasta, va bene… »
*
Dans de petits paragraphes, Cavanna nous apporte de petites précisions,
sur un fait qui le choque ou un fait banal. Ces petits extraits sont en
parallèle avec le récit, et nous donnent parfois l’impression
personnelle de l’auteur sur un sujet quelconque.
Exemple
:« la fierté
est une de ces choses qui, dans le code moral de maman, vont et viennent
d’un côté à l’autre de la ligne séparant le
Bien et le Mal. Ça dépend du contexte. »
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Difficulté de lecture : moyenne. Ce livre est à mon avis,
pas très difficile à lire car l’auteur fait parler un enfant.
Il raconte plusieurs épisodes de sa vie, mais cela reste bien classé
grâce à des titres.
J’ai
trouvé ce livre assez intéressant à lire car il est
vrai. Vrai dans le sens où l’auteur vit une vie « ordinaire
» que tout le monde peut vivre. Il est issu du milieu populaire comme
beaucoup de gens.
En
lisant ce livre, je me retrouve un peu dans les différentes expériences
qu’a connues Cavanna à mon âge. Ce livre doit rassurer beaucoup
de jeunes qui croyaient avoir fait toutes les bêtises possibles et
imaginables…
J’ai
beaucoup aimé la façon d’écrire de Cavanna, qui est
à la fois poignante et humoristique.
Un compte-rendu de lecture
écrit par Jesse BRANGER, en 1ère STI année 2001-2002